René Thomas

Liège 25/02/1926, Santander 03/01/1975

Arrivé à la musique par la pratique de la guitare, René Thomas se retrouve à jouer très jeune dans des orchestres, à accompagner des voix ou d’autres instrumentistes. Dans les années difficiles de l’occupation allemande, l’adolescent cherche son inspiration du côté de Django Reinhardt et, à la Libération, il est aux côtés de jeunes Liégeois à l’avenir prometteur. Au sein de The Bop Shots, il joue aux côtés de Bobby Jaspar, André Putsage et autre Jacques Pelzer. Avec ses jeunes comparses, il fait résonner le jazz dans les rues de Liège et, à la mort de son père, il hérite de la direction d’une fabrique de sacs en toile de jute (1952). Entre la musique et la reprise des affaires familiales, René Thomas n’hésite pas. Comme Bobby Jaspar, il prend la direction de Paris et y impose le son de sa guitare, synthèse personnelle entre les styles de Reinhardt et de Jimmy Raney. Ses premiers enregistrements remontent à la deuxième moitié des années 1950 auprès des grands majors de l’époque (Vogue, Barclay, etc.).

À l’instar de Bobby Jaspar encore parti tenter sa chance aux Etats-Unis, René Thomas traverse l’Atlantique, direction le Canada où sa sœur s’est installée à Montréal. Avec Jacky McLean ou Herbie Hancock, René Thomas creuse son sillon en Amérique du Nord. En 1960, son enregistrement de Guitar Groove avec J-R. Monterose au saxophone assoie définitivement sa renommée. Avec son pote Bobby Jaspar, Thomas entreprend une tournée de concerts et d’enregistrements en Europe (1961-1962) et forme un Jazz Band qui, en s’élargissant au trompettiste Chet Baker, atteint des sommets. Jacques Pelzer renforce les Wallons aux States au moment des problèmes de santé de Bobby Jaspar. Puis René Thomas se diversifie, formant le trio organ Combo, jouant avec l’organiste Lou Bennett et le batteur Kenny Clarke, accompagnant d’autres instrumentistes sur scène ou en enregistrement. Vedette en Europe comme aux États-Unis, le maître-guitariste reconnu par les plus grands musiciens de son temps connaît une période difficile durant laquelle il se retire totalement de la lumière (1966-1968). Son come-back, en 1969, est réussi ; le guitariste se produit dans son propre trio, accompagne d’autres artistes, dont Stan Getz (1970). Retrouvant Jacques Pelzer, il forme le TPL (Thomas-Pelzer Limited) au début des années 1970 et repart en tournées à travers l’Europe. C’est à l’occasion d’un concert en Espagne qu’il est victime d’une crise cardiaque, en janvier 1975.

Jean-Pol SCHROEDER, Bobby Jaspar. Itinéraire d’un jazzman européen. 1926-1963, Liège, Mardaga, 1997

La Wallonie à l’aube du XXIe siècle, Namur, Institut Destrée, Institut pour un développement durable, 2005

Jean-Pol SCHROEDER, dans Dictionnaire du Jazz à Bruxelles et en Wallonie, Liège, Mardaga, 1991, p. 287-296

Liens : 

http://www.jazzinbelgium.com/person/bobby.jaspar (s.v. juillet 2013)

Pour une discographie complète, de 1943 à 1974 :

Cfr http://thomasia.free.fr/chrono1.htm

Paul Delforge, décembre 2013