André Tilquin

Namur 27/06/1923, Namur 02/01/1997

Député wallon : 1974-1977 ; 1980-1981 ; 1981-1985 ; 1985-1987

Durant la Seconde Guerre mondiale, André Tilquin est membre de l’Armée Secrète. Ensuite, pendant une douzaine d’années, il préside la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). À la fin des années soixante, il contribue à la fondation du club Convergences, groupe progressiste et wallon. Secrétaire du Mouvement ouvrier chrétien de Namur, fonction à laquelle il a été nommé dans les années soixante, il quitte le MOC en 1974 pour entrer au Sénat où il a été désigné comme sénateur provincial de Namur à la demande du PSC. Bénéficiant d’une forte popularité, avant qu’émerge Amand Dalem, il conserve son mandat de sénateur provincial de Namur jusqu’en 1981, puis est élu sénateur direct (1981-1985). Entre 1985 et 1987, Tilquin est député de Namur et, dernier suppléant, ne brigue pas le renouvellement de son mandat en 1987.
Entré au Sénat au moment où le gouvernement Tindemans va s’ouvrir au Rassemblement wallon, André Tilquin soutient avec sympathie la loi dite Perin-Vandekerckhove de régionalisation préparatoire à la mise en application de l’article 107 quater. Dès le 26 novembre 1974, il prend part aux travaux du Conseil régional wallon provisoire qui se réunit à Namur. Il y remplace d’ailleurs Frédéric François comme secrétaire de l’assemblée un an plus tard (novembre 1975-mars 1977). De surcroît, lors du renouvellement du Conseil économique régional de Wallonie, en décembre 1975, A. Tilquin est désigné par son parti au sein de ce conseil consultatif qui, en l’absence d’une mise en application définitive de l’article 107 quater de la Constitution, est la « seule expression de la Wallonie en formation », selon une formule de Jean Gol. Durant les années où il siège au CERW (1975-1983), A. Tilquin plaide en faveur d’une régionalisation complète et ambitieuse. Il n’est donc pas étonnant que, durant l’été 1980, il se joigne à ses collègues parlementaires pour voter les lois spéciale et ordinaire des 8 et 9 août qui dotent notamment la Wallonie de ses organes politiques. Dès le 15 octobre, il participe aux réunions du nouveau Conseil régional wallon (1980-1987).
Signe de l’importance qu’accorde André Tilquin à la nouvelle institution wallonne, c’est lui qui est désigné à la présidence du groupe PSC au Conseil régional wallon qui s’établit dans l’ancienne Bourse de Commerce de Namur (23 décembre 1981-3 septembre 1985). Officiellement, il défend néanmoins la thèse de son parti, à savoir la fusion des exécutifs de la Région wallonne et de la Communauté française. Après les élections d’octobre 1985, le député Tilquin devient vice-président du bureau du Conseil régional wallon (27 novembre 1985-13 décembre 1987) et, dans le débat sur Namur capitale, il introduit deux contre-propositions à la démarche entreprise par Bernard Anselme visant à fixer à Namur le siège de l’Exécutif et du Conseil régional wallon. Avec Paul-Henry Gendebien d’abord, A. Tilquin propose que Namur soit « la capitale de la Région wallonne et le siège du Conseil régional wallon ». Avec Émile Wauthy, ensuite, il suggère que « le siège principal des administrations wallonnes en contact avec la population et celui des organismes para-régionaux (soient) établis en Région wallonne ». Finalement, après de vifs débats en commission, le « décret dit Anselme » est adopté en novembre 1986. « Namur, capitale de la Région wallonne, est le siège du Conseil régional wallon. Le Conseil pourra tenir des réunions en un autre lieu, s’il en décide ainsi ». Il n’est question ni du gouvernement wallon, ni de l’administration (Moniteur belge du 17 février 1987).
Membre du Conseil culturel de la Communauté française de Belgique depuis 1974, secrétaire de son bureau entre 1980 et 1981, ce catholique namurois attache beaucoup d’importance à l’implantation de l’institution wallonne au confluent de la Sambre et de la Meuse, ainsi qu’à la question fouronnaise et à la défense des intérêts wallons et bruxellois.
Président des Mutualités chrétiennes, il met un terme à ses mandats parlementaires en décembre 1987, après la chute du gouvernement Martens-Gol sur la question fouronnaise. Très actif au sein du Comité central de Wallonie, association qui organise et structure annuellement les Fêtes de Wallonie à Namur, André Tilquin avait fait fonction de président en janvier 1991 après la démission de Jacques Calozet. Il reprendra ses fonctions de vice-président après l’élection de Claude Willemart.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 538-539

sénateur provincial de Namur (1974-1981)
membre du Conseil régional wallon provisoire (1974-1977)
membre du Conseil régional wallon (1980-1987)
chef de groupe au CRW (1981-1985)
sénateur (1981-1985)
député (1985-1987)

Paul Delforge, décembre 2014