Roger Van Der Schueren

Ninove 20/09/1922, Baudour 24/12/1995

Né dans une famille propriétaire de la « Brasserie de Verviers », Roger Van der Schueren est tombé dans le monde brassicole quand il était petit : perpétuant une activité transmise de père en fils, il gravit rapidement tous les échelons du métier. Ayant mené ses études à Bruxelles (humanités au Collège Saint-Michel, puis ingénieur technicien à l’Institut national des Industries de Fermentation), et ayant traversé la Seconde Guerre mondiale comme agent de l’Armée secrète, il devient administrateur puis administrateur-délégué de la « Brasserie le Coq d’Or », à Wegnez, et de la « Brasserie et Malterie Zeeberg » à Alost. Président fondateur (1956) de la jeune Chambre économique de Verviers puis de la Chambre de commerce et d’industrie de l’arrondissement de Verviers, le président-directeur général de la Brasserie du Coq d’Or accroît ses affaires avec une brasserie au Zaïre, puis s’engage dans de nombreuses autres sociétés financières, immobilières et industrielles, comme les Sources minérales de Baudour. Ses participations s’étendent encore au monde de la presse et de l’édition : président de la Société d’édition Écho de Bourse, il est aussi chez Dupuis et dans le groupe La Libre-Belgique/La Dernière Heure. Le secteur brassicole demeure cependant son domaine de prédilection. Président de la Fédération générale des Brasseurs belges (1973-1975), il est à la tête de la Confédération des Brasseries de Belgique de 1983 à 1989 et contribue, durant cette période, au lancement du concept de l'Année de la bière et à l’engagement de grandes campagnes de promotion de la bière belge au niveau international.

Frère de Guy (patron de Petrofina) et de Jacques (ministre libéral des Affaires économiques de 1958 à 1961 et plus particulièrement au moment de la Grande Grève wallonne contre la Loi unique), Roger van der Schueren succède à Léon Jacques à la tête de l’Union wallonne des Entreprises en 1971. Née en 1968, cette Union est appelée à représenter le monde patronal au sein du Conseil économique de la Wallonie. Durant son mandat (février 1971-avril 1973), il donne une forte impulsion à la jeune institution dont le nombre de membres atteint les 470 entreprises en 1972, à l’heure où la décentralisation économique décidée par la Loi Terwagne de juillet 1970 se met en place.

Entre 1975 et 1978, il devient le président de la Fédération des Entreprises de Belgique, toute jeune institution née en 1973 de la fusion de la Fédération des Industries (FIB) et de la Fédération des Entreprises non industrielles. Ayant parfaitement compris le processus inéluctable de la régionalisation, il contribue alors à la prise en compte de cette évolution ainsi qu’à préciser les modalités de relations entre VEV, UWE et UEB et leurs compétences territoriales respectives. À la même époque, Roger van der Schueren est aussi le président de l’Office belge du commerce extérieur (1977-1981).

En 1979, il retrouve pour trois ans la présidence de l’Union wallonne des Entreprises (1979-1983). Durant ses deux mandats à la tête de l’UWE, il contribue à la mise au point d’un tableau de bord de l’économie wallonne avec l’IRES, au lancement d’une enquête sur l’esprit d’entreprise en Wallonie, avec un intérêt particulier pour le secteur des biotechnologies, initiative relayée par les Pouvoirs publics et notamment le Ministre(-Président) wallon Melchior Wathelet. Tout en engageant des chargés de missions, le patron de l’UWE encourage aussi la constitution de groupes de travail internes, afin de préparer les commissions correspondantes du CERW. En 1983, un décret wallon transforme le CERW en un Conseil économique et social de la Région wallonne où les politiques n’ont plus de rôle à jouer, à l’inverse des organisations syndicales et patronales.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 610-611

Paul Delforge, décembre 2013