Louis Zoude

Namur 1787, Namur 1854

Petit-fils de Sébastien Zoude, cet expérimentateur qui parvint à imiter voire dépasser le cristal anglais et dirigea une importante cristallerie durant 15 ans en plein cœur du Namurois, Louis Zoude n’a pas eu l’ambition d’égaler son illustre prédécesseur. Après le décès de Sébastien, les affaires stagnèrent et Louis a eu le mérite de remettre de l’ordre dans les affaires que son père François avait tenté de gérer. Louis fait rallumer les fours de la verrerie et, en dépit des conjonctures difficiles, maintient une activité bénéficiaire dans l’usine de Jambes. En 1825, la société « Louis Zoude et Compagnie » parvient même à se hisser au même rang que les autres maîtres verriers de son temps et, au moment où Vonêche a dû fermer ses portes concurrencée par le développement du Val Saint-Lambert, Zoude a repris une partie du matériel et des verriers qualifiés de la cristallerie du maître Aimé-Gabriel d’Artigues. C’est ainsi qu’il engage Joseph-Benoît Voirin, formé par le maître et technicien hors pair.
Dans ces conditions, Louis Zoude parvient à produire un cristal d’une qualité qui n’avait rien à envier à ses concurrents. Perfectionnant son mode de production, acquérant de nouveaux fours, installant une taillerie activée par une machine à vapeur, Louis Zoude impose sa verrerie-cristallerie dans le Namurois (devenu belge entre-temps), et sur les marchés internationaux. Lors de l’Exposition de Bruxelles en 1847, le jury relève le haut niveau d’excellence de ses cristaux, rendu possible par ses 500 ouvriers et son équipement moderne.
À son décès, en 1854, Louis Zoude peut s’enorgueillir d’avoir relevé le défi de son ancêtre Sébastien Zoude. Il a rétabli les affaires familiales à un haut niveau, malgré l’installation, en 1851, d’un concurrent à Herbatte. Les héritiers devront par contre se résoudre à céder l’ensemble de ses usines à la Société anonyme d’Herbatte-lez-Namur et de cette fusion naît la Compagnie anonyme des Cristalleries et Verreries namuroises (1867). En 1879, la dite compagnie est elle-même absorbée par le Val-Saint-Lambert et donne naissance à la fameuse SA des cristalleries du Val-Saint-Lambert, groupe au sein duquel Herbatte et Jambes poursuivent leurs activités. La verrerie namuroise est passée à l’échelle wallonne.

L’art du verre en Wallonie de 1802 à nos jours, Charleroi 1985
Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts – culture, t. II, p. 284-287
Alain DOUXCHAMPS, La verrerie Zoude et les cristalleries namuroises (1753-1879). Contribution à l’étude de la croissance économique de la Belgique aux XVIIIe et XIXe siècles, Courtrai, UGA, 1979, coll. Anciens Pays et Assemblées d’États, t. LXXVI
Giuseppe CAPPA, Le génie verrier de l’Europe. Témoignages de l’historicisme à la modernité, Liège, Mardaga, 1998, p. 77-78

Paul Delforge, septembre 2012