Léon-Ernest Halkin

Officier
(
Historique
)
LIÈGE 11.05.1906 – LIÈGE 29.12.1998

Après des études en Philosophie et Lettres conclues par un doctorat à l’Université de Liège, Léon Ernest Halkin se voit confier, en 1937, un nouveau cours : l’Histoire de la Principauté de Liège. C’est le début d’une brillante carrière académique. Professeur ordinaire en 1943, il devient titulaire des cours d’histoire moderne et de critique historique. A ce titre, le syllabus dactylographié en 1939 (129 pages) sera régulièrement augmenté par la suite et reste la « bible » des historiens formés à Liège.

Historien d’envergure internationale, docteur honoris causa des Universités de Strasbourg et Montpellier, notamment, il est l’auteur de très nombreuses publications scientifiques où la rigueur côtoie un style clair et élégant.

Très tôt attentif à la question wallonne, il insiste sur la nécessité de mieux connaître et enseigner l’histoire régionale. Après la seconde guerre mondiale,  il contribue à la publication de la brochure L’enseignement de l’histoire en Wallonie, soulignant la nécessité de la critique historique et de l’enseignement de l’histoire régionale pour mieux appréhender l’histoire générale. Il écrit, dès 1933, le compte-rendu de nombreux ouvrages historiques dans L’Action wallonne et publie un important article sur La Wallonie devant l’Histoire, plusieurs fois réédité.

Sous l’occupation, suite à une conférence de Léon Degrelle, il donne à ses étudiants deux heures de cours sur l’origine du peuple wallon, afin de contredire radicalement la thèse du leader rexiste sur la germanité de la population wallonne. Résistant, il fonde le clandestin Ici la Belgique libre, devient membre du Front de l’Indépendance et dirige le service Socrate aidant les maquisards de la région liégeoise.

Dénoncé en novembre 1943, il est déporté et envoyé dans les camps de concentration de Gross-Rosen, Dora et Nordhausen. Libéré le 11 avril 1945, il participe au Congrès national wallon tenu à Liège à la libération, où des centaines de militants de toutes tendances se prononcent pour la solution fédéraliste pour la Belgique, après avoir plébiscité le rattachement à la France.

Membre d’honneur du mouvement catholique wallon - Rénovation wallonne - il y restera actif jusqu’à la fin des années soixante. Chrétien soucieux d’œcuménisme, défenseur des droits de l’homme, il s’investit également dans d’autres combats comme la lutte contre le régime de Franco et la guerre du Vietnam, ainsi que pour la justice envers le Tiers-Monde et la création d’une Europe humaniste.

Léon-Ernest Halkin fut fait Officier du Mérite wallon, à titre posthume, en 2012.

Orientation bibliographique :

Paul DELFORGE, HALKIN Léon-E., dans Encyclopédie du Mouvement wallon, notice 3015.

Septembre 2012