Félix Rousseau

Officier
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Historique
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SALZINNES 14.01.1887 – NAMUR 07.09.1981

Docteur en Histoire de l’Université de Liège en 1910, archiviste aux archives de l’Etat de Mons puis conservateur aux Archives du Royaume à Bruxelles et aux archives de l’Etat à Namur, Félix Rousseau est un historien engagé dans la vie culturelle de Namur et de la Wallonie. A ce titre, il participe activement au développement du folklore namurois autour des fêtes de Wallonie.

Militant wallon, il adhère, dès 1913, à la Société des Amis de l’Art wallon fondée par Jules Destrée. Collaborant à quelques revues, son engagement prend plus d’ampleur encore lors de la seconde Guerre mondiale. Conscient que le mouvement de résistance Wallonie libre ne touche pas les catholiques, il collabore à la fondation du Mouvement wallon catholique. A la libération, ce mouvement clandestin se mue en Rénovation wallonne et Félix Rousseau devient membre du comité central. Il participe ainsi au Congrès national wallon de Liège en 1945 où des centaines de congressistes de toutes tendances se prononcent pour le fédéralisme.

Plusieurs fois sollicité pour traduire son engagement wallon en politique, Félix Rousseau préfère militer sur le plan académique. Enseignant successivement à l’Université catholique de Louvain (1942-1946), où il est chargé du cours de folklore wallon, puis à l’Université de Liège (1943-1957), il est l’auteur de plus de deux cents publications.

Historien et folkloriste, il s’intéresse particulièrement à la culture wallonne sous toutes ses formes. Prenant le contre-pied d’Henri Pirenne, focalisé sur le Brabant, Félix Rousseau démontre le rôle du pays mosan dans la civilisation européenne.  Il fait ainsi part de sa conviction selon laquelle : notre Terre wallonne est une terre latine et les Wallons participent à la plus belle culture, la plus riche, la plus humaine qui ait fleuri en occident, la culture latine principalement sous sa forme française. C’est le fait capital de notre histoire qui explique nos façons de penser, de sentir, de croire.

Ces thèmes sont repris dans Wallonie, terre romane, son ouvrage le plus important, publié en 1960. Il y expose son point de vue sur les origines de la frontière linguistique, y traite du problème culturel non sans ajouter quelques considérations sur les prétentions flamandes en Wallonie et sur le problème bruxellois. S’inscrivant dans l’actualité, il plaide ainsi pour éviter le diktat imposé par la majorité, qui pourrait provoquer l’éclatement du pays.

Historien prolixe et professeur d’université, Félix Rousseau participe activement à la réflexion sur l’enseignement de l’Histoire dès 1945. Il ne manquera pas de stigmatiser la déformation du passé par la vision d’une Belgique unitaire. C’est pourquoi, à l’instar de son collègue Léon-Ernest Halkin, il plaide pour l’enseignement de l’histoire locale et régionale, qui est à ses yeux la seule base d’une histoire sérieuse.

Félix Rousseau fut fait Officier du Mérite wallon, à titre posthume, en 2012.

Orientation bibliographique :

Marinette BRUWIER, ROUSSEAU Félix, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, notice 5543.

Septembre 2012