Politique
Novembre 751
Le coup d’état de Pépin le Bref

Propriétaires d’un patrimoine s’étendant principalement autour de Liège et en Ardenne, les Pippinides parviennent à l’étendre, par mariage, aux régions de Metz et de Verdun. Petit-fils de Pépin Ier, Pépin II de Herstal réussit à dominer toute l’Austrasie et à s’étendre en Neustrie (687-710) : il devient ainsi maire des deux palais. Exerçant un ascendant certain sur de très jeunes rois, les maires sont de facto les détenteurs de l’autorité royale. Charles Martel ne s’embarrassait pas de son roi, mais avait maintenu la fonction. Dix ans après la mort du héros de Poitiers, son fils, Pépin le Bref, qui a hérité en 747 de Carloman entré dans les ordres, écarte officiellement Childéric III du trône. C’est la fin des Mérovingiens. 

Au terme de ce coup d’État, Pépin le Bref se fait élire roi des Francs, à Soissons, devant une assemblée d’évêques, de nobles et de « grands » et devient le premier de la dynastie des Carolingiens, famille de l’aristocratie austrasienne, originaire de la Basse-Meuse (754). Le centre de gravité du pouvoir se déplace sur la Meuse, la Moselle et le Rhin : Chèvremont, Jupille, Herstal, Nimègue, Thionville. Sacré par le pape, Pépin ne détient plus sa légitimité des seuls seigneurs francs mais aussi de Dieu ; dans le même temps, il devient le protecteur de l’Église de Rome.