Politique
La Révolution populaire liégeoise des 6, 7 et 8 octobre 1789

On compare généralement la journée du 18 août à Liège à celle du 14 juillet à Paris, en précisant que les événements liégeois se sont déroulés sans effusion de sang. En quelques heures, la montée de fièvre sur les bords de Meuse avait écarté les représentants de l’Ancien Régime : la foule avait proclamé ses nouveaux bourgmestres et contraint le prince-évêque à résilier le règlement de 1684, tout en approuvant la composition du nouveau conseil communal. « L’heureuse révolution » allait cependant connaître des lendemains plus difficiles.
Attendant des changements rapides, le peuple s’impatiente. Mieux, il vient secouer l’hôtel de ville à plusieurs reprises, dont surtout les 6, 7 et 8 octobre 1789. Depuis 1743, par testament, Georges-Louis de Berghes a institué les pauvres de la cité pour héritiers ; son patrimoine a été réparti entre les paroisses et les hospices qui s’occupent régulièrement de la répartition. En ces moments difficiles, le peuple demande des comptes et entend profiter immédiatement de « son » argent. Après avoir assiégé la paroisse Saint-Martin (6 octobre), la foule s’en prend à l’hôtel de ville, les 7 et 8 octobre. Pour calmer l’émeute, le partage des biens est décidé. Ce n’est qu’à grand peine que les faubourgs sont désarmés et « l’ordre révolutionnaire » rétabli.