Politique
19 octobre 1921
échec du vote bilatéral

Depuis le printemps 1914, Joseph-Maurice Remouchamps plaide en faveur d’un système alternatif à la séparation administrative pour résoudre la question wallonne. Membre-fondateur de l’Assemblée wallonne dont il devient le secrétaire général en janvier 1920, il prône une formule où une loi devrait obtenir la majorité dans les deux groupes linguistiques du Parlement pour être votée. Persuadé que ce « vote bilatéral » pourra séduire les élus flamands, il convainc l’Assemblée wallonne et un groupe de sénateurs wallons de cosigner son texte sous la forme d’une proposition de loi. L’initiative des libéraux wallons Charles Magnette, Émile Digneffe, Albert Asou, Joseph-Maurice Remouchamps et Jules Bordet, du socialiste wallon Jules Dufrane-Friart et des libéraux bruxellois Antoine Depage et Émile Delannoy, se heurte d’emblée à l’avis négatif de la Commission séna¬toriale de révision de la Constitution. En séance plénière, malgré la plaidoirie du sénateur Remouchamps, le « vote bilatéral » est balayé d’un revers de main par 64 sénateurs, alors que 24 étaient prêts à l’approuver. La première tentative parlementaire, soutenue par une structure wallonne organisée (l’Assemblée wallonne), s’est heurtée à un mur, celui d’une majorité flamande.