Vienne (-Pécourt) Christiane
Politique, Député wallon, Ministre wallon
Mouscron 18/07/1951
Ministre wallonne : 2004-2007*
Députée wallonne : 2014-2019
Issue d’un milieu ouvrier de Mouscron, Christiane Pécourt arrête ses études en 1968 et commence à travailler à la Filature de l’Espierres, avant d’être employée à la comptabilité des « Trois Suisses », à Tournai. S’occupant ensuite de ses neuf enfants, Christiane Vienne-Pécourt décide de reprendre des études. En horaire décalé, elle suit les cours de l’Université catholique de Louvain en Sciences politiques, économiques et sociales et réussit sa licence (1989-1992). Employée à l’UCL puis au Forem en tant que formatrice, elle devient instructrice en gestion de projets au Forem de Tournai (1992-1997).
Conquise par l’écologie politique, candidate sur une liste Écolo en octobre 1994, Christiane Vienne connaît une première expérience politique lorsqu’elle est élue conseillère communale à Mouscron. Elle ne siège cependant que deux années (1995-1996). En raison de l’incompatibilité des mandats prescrite par les statuts d’Écolo, elle renonce à son mandat communal lorsqu’elle est élue secrétaire fédérale du MOC (1996-2002). Elle s’éloigne alors d’Écolo. En Wallonie picarde, elle participe volontiers aux Assises de l’Égalité et aux Ateliers du Progrès lancés par le PS. L’ouverture à toutes les gauches, lancée par Rudy Demotte, la séduit, elle qui est de confession protestante et très attentive aux enjeux sociaux. Elle devient directrice adjointe au Cabinet du ministre fédéral Rudy Demotte.
Ayant réalisé le 10e score des effectifs PS au scrutin fédéral du 18 mai 2003, Christiane Vienne est cooptée au Sénat par le président de son parti. En juillet 2004, c’est une responsabilité ministérielle au sein du gouvernement wallon qui lui est confiée. En charge de la Santé, de l’Action sociale et de l’Égalité des chances (juillet 2004-juillet 2007), elle est rapidement mise en difficulté par l’affaire Rovillard, du nom de l’ancien administrateur de l’AWIPH, agence sur laquelle la ministre exerce la tutelle. En juillet 2007, elle est remplacée par Paul Magnette comme ministre et, dans le même temps, elle est à nouveau cooptée au Sénat par le PS qui ne disposait que de ce seul siège (2007-2010).
Troisième candidate PS au scrutin européen du 7 juin 2009, elle est privée d’un siège en raison des 90.000 voix de préférence de Frédéric Daerden qui rejoint, lui, le Parlement européen. Deuxième candidate effective dans la circonscription du Hainaut lors du scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010, elle est élue à la Chambre fédérale (12.191 vp, 6e score effectifs PS) au soir d’une élection historique pour le Parti socialiste : emmené par un Elio Di Rupo qui réunit plus de 200.000 électeurs sur son nom, le PS hennuyer dépasse les 48% et obtient 11 sièges. Il faudra néanmoins attendre 541 jours avant que soit formé le gouvernement fédéral. Durant la courte législature 2011-2014, la députée fédérale adopte parmi beaucoup d’autres textes législatifs l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la transformation du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées. Elle siège aussi à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et à celle du Traité de l’Atlantique nord (2010-2014). Lors du scrutin wallon du 25 mai 2014, deuxième effective sur la liste PS dans la circonscription Tournai-Ath-Tournai, elle obtient son ticket pour le Parlement wallon (5.885 vp, 3e score PS, 5e tous partis confondus).
Au Parlement de Fédération Wallonie-Bruxelles, Christiane Vienne est nommée cheffe de groupe PS dès juin 2014 ; le mois suivant, elle est désignée par son parti pour représenter la Wallonie au Sénat. En 2015-2016, elle est l’auteure d’un important rapport sur la pauvreté infantile pour le compte du Parlement de la FWB ; par ailleurs, mettant l’accent sur l’éducation à la citoyenneté, elle y promeut notamment le projet de « Parlement citoyen » (2017). Membre de la Commission des poursuites (2014-2019), de la Commission Travaux publics, Action sociale et Santé (2016-2017) et de la Commission Budget-Énergie-Climat (2018), la députée wallonne dépose plusieurs propositions de décret pour réorganiser le marché régional du gaz et de l’électricité.
Dans le dossier CETA, Christiane Vienne vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Du 16 février au 3 juillet 2017, elle représente le PS au sein de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement du groupe Publifin (ex-Tecteo). Au cours de 29 réunions, entouré de quatre experts, les 15 membres de la Commission présidée par Olga Zrihen entendent, au moins une fois, 52 témoins différents, parfois à huis clos, le plus souvent en séance publique, avec retransmission télévisuelle. Adopté à l’unanimité des membres de la Commission, le rapport de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations est approuvé à l’unanimité en séance plénière du Parlement de Wallonie (12 juillet). à partir de juillet 2017, elle se retrouve dans l’opposition suite au revirement du cdH. La députée adopte néanmoins le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) faisant de la Wallonie une région pionnière en matière de protection animale. En 2018-2019, elle est vice-présidente de la sous-Commission chargée du contrôle des licences d’armes et, dans les derniers mois de la législature, elle intègre la Commission de Coopération qui établit des liens entre la Wallonie, d’une part, l’État fédéral, les autres régions et les communautés, d’autre part.
Sur le plan communal, Christiane Vienne n’a plus siégé à ce niveau de pouvoir depuis les années 1990 quand elle se présente en octobre 2006 à Mouscron. Élue conseillère communale dans l’ombre du duel socialiste entre Jean-Pierre Perdieu et Annick Saudoyer, elle se positionne davantage dans la campagne en vue du scrutin d’octobre 2012 ; le PS affiche alors son intention d’évincer le cdH du pouvoir. Respectant le choix finalement favorable à Annick Saudoyer, elle s’apprête à reconduire, avec Saudoyer, la coalition qui unit le PS au cdH depuis 18 années. Mais le duo Saudoyer-Vienne est désavoué par des assemblées générales du PS. Finalement, le cdH qui détient la majorité absolue finit par se tourner vers le MR de Philippe Bracaval, laissant tout le PS mouscronnois dans l’opposition. Au Conseil communal, Christiane Vienne devient la cheffe de groupe du PS et la cheffe de file d’une opposition qui se focalise surtout contre le projet commercial Mozaik.
Administratrice (2010-2019), membre du Comité de direction (2010-2015) et vice-présidente (2015-2018) de l’Intercommunale d’Étude et de Gestion, celle qui siège au bureau exécutif de la Fédération Wallonie picarde du PS (2008-2019) et préside la Commission des Aînés du PS est aussi à la tête de l’USC de Mouscron (2011-2019), du PAC Mouscron (2007-2019) et du Centre d’Action laïque de Mouscron (2011-2015), puis sa vice-présidente (2016-2019). Quand le PS organise sa liste en vue du scrutin d’octobre 2018, le duo Christiane Vienne-Guillaume Farvacque emmène une équipe qui se passe d’Annick Saudoyer, sa meilleure « faiseuse de voix ». Avec 17,4%, le PS perd plus de 9% et 4 sièges, et reste dans l’opposition. Tête de liste, Christiane Vienne (922 vp) fait moins de voix que son dauphin, Guillaume Farvacque (1.130 vp). Absente du triple scrutin du 26 mai 2019, elle ne sollicite pas le renouvellement de son mandat à Namur et, en octobre 2019, elle annonce son retrait de la vie politique locale. Fatima Ahallouch reprend sa fonction de cheffe de groupe PS et Roger Rousmans devient conseiller communal.
En septembre 2021, celle qui avait été initiée en 2008 est élue « Grand Maître » de la Grande Loge mixte de France, son mandat s’achevant fin juin 2024. Vénérable Maître de la Respectable Loge Pandore à l’Orient de Lille et membre du Conseil de l’Ordre de la GLMF de 2016 à 2020, elle avait déjà exercé les fonctions de Premier Grand Maître adjoint de 2018 à 2020. Souvent à Paris pour exercer sa présidence, elle s’éloigne quelque peu de la vie politique locale ; mais à l’approche du scrutin communal d’octobre 2024, elle se laisse séduire par le projet politique du PS de Mouscron et répond ainsi à l’appel des sirènes. Elle figure sur la liste socialiste lors du scrutin communal d’octobre 2024.
Mandats politiques
Conseillère communale à Mouscron (1995-1996)
Sénatrice cooptée (2003-2004)
Ministre wallonne (2004-2007)
Conseillère communale à Mouscron (2006-10/2019)
Sénatrice cooptée (2007-2010)
Députée fédérale (2010-2014)
Députée wallonne (2014-2019)
Sénatrice représentante de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2014-2019)
Sources
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 558-559
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 5 octobre 2019, 17 avril 2024
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023, https://www.parlement-wallonie.be/rapports-brochures
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019, https://www.parlement-wallonie.be/rapports-brochures
http://www.christianevienne.be/ (s.v. décembre 2017)
https://www.glmf.fr/christiane-vienne-nouveau-grand-maitre-de-la-g-l-m-f-2/ (s.v. octobre 2023)
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