Léon Remacle

Emines 23/05/1921, Ottignies 18/05/2002

Député wallon : 1980-1981 ; 1981-1985

Volontaire de guerre (1940-1945), docteur en Droit de l’Université catholique de Louvain, jeune avocat, Léon Remacle fait ses premiers pas professionnels dans le Cabinet de Charles Héger, par ailleurs président du PSC dans l’arrondissement de Namur et qui deviendra ministre de l’Agriculture. Conscientisé à la chose publique par cette proximité professionnelle, ainsi que par la Guerre scolaire qui marque les années cinquante, Léon Remacle fonde un Comité de défense des libertés démocratiques, « organe de défense de la liberté d’enseignement ». À travers le Namurois, il donne des conférences et mobilise les milieux agricoles, les cercles de femmes et les mouvements de jeunesse en faveur de l’enseignement catholique. Choisi comme président d’arrondissement par le PSC, il fait partie du Comité directeur du parti présidé alors par Théo Lefèvre.
Élu pour la première en 1965 à la Chambre des représentants, il va y siéger pendant vingt ans, sans interruption, et y représenter l’arrondissement de Namur. En 1970, il apporte sa voix à la majorité des deux tiers qui révise la Constitution. Dès le 7 décembre 1971, il siège au Conseil culturel de la Communauté culturelle française de Belgique. Entre 1974 et 1977, il vote et soutient l’expérience de la régionalisation provisoire, avant d’adopter, en août 1980, la régionalisation définitive. Dès le 15 octobre, il siège au sein du nouveau Conseil régional wallon et participe à ses travaux jusqu’en 1985. Durant la même période, 1981-1985, il est le vice-président du bureau du Conseil de la Communauté française.
Attentif aux problèmes du monde agricole, Léon Remacle y trouve un solide électorat qui apprécie notamment la contribution du parlementaire dans la rédaction de la nouvelle loi sur le bail à ferme. Il est vrai aussi que le juriste est un conseiller attitré des « Unions professionnelles agricoles ». Lors du remaniement du gouvernement Eyskens, en 1972, Léon Remacle se voit confier le poste de Secrétaire d’État à la Fonction publique, adjoint au Premier ministre (20 janvier 1972-26 janvier 1973). Ce sera sa seule fonction ministérielle. Durant les années septante, Léon Remacle qui est un opposant intransigeant à la dépénalisation de l’avortement, préside la Commission de la Justice de la Chambre, et contribue, avec Miet Smet, à la définition claire du crime de viol. Lors du scrutin d’octobre 1985, Léon Remacle est désigné par ses pairs comme sénateur provincial de Namur et achève ainsi son parcours parlementaire. Pendant dix ans encore, il demeure actif au barreau de Namur. Il devait décéder le 18 mai 2002, le jour même où son parti, le PSC, décidait de changer de nom et de s’appeler désormais le cdH.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 499

député (1965-1985)
Secrétaire d’État (1972-1973)
membre du Conseil régional wallon (1980-1985)
sénateur provincial de Namur (1985-1987)

Paul Delforge, décembre 2014