Stavelot

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4970

L'ancienne chapelle des Capucins

La chapelle de l’actuel collège Saint-Remacle conserve la mention de quatre princes-abbés. Cette ancienne chapelle des Capucins, dédiée à la Vierge, saint Antoine de Padoue et saint François, a été construite en 1659. Elle fut un des rares bâtiments stavelotains à avoir échappé à l’incendie de la localité en 1689. Située au fond d’une courette bordée d’arbres, la chapelle est élevée en briques et calcaire et possède une nef unique. À l’intérieur se trouve le monument funéraire de Jean Gilson, révérend et conseiller de plusieurs princes-abbés. Daté de 1767, le monument est construit en marbre noir et blanc et porte l’inscription suivante en son centre : « Icy repose le Révérend Seigneur Jean Gilson prêtre bénéficier de Marchienne-au-Pont. Recteur du cantuaire de Warnant, secrétaire et receveur général des Princes Nicolas de Massin, Dieudoné de Drion et Joseph de Nollet et Alexandre de Delmotte, décédé le 30 octobre 1767 ».

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L'ancienne chapelle des Capucins
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L'église Saint-Laurent

Ancienne « Converserie Saint-Laurent » située au bord de l’Amblève, cette petite église consacrée le 26 décembre 1030 fut édifiée selon le modèle le plus simple de la chapelle romane. Elle présente un vaisseau rectangulaire et un chœur à chevet plat ainsi qu’un portail calcaire daté du XVIe siècle. Elle conserve deux sarcophages d’abbés des Xe et XIe siècles provenant de l’abbaye. L’un d’eux est considéré comme le sarcophage de saint Poppon, abbé fondateur et bâtisseur. Découvert en 1896 à l’emplacement de l’abbatiale et sculpté dans la pierre dans un style des plus dépouillés, il est daté de 1048.

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L'église Saint-Laurent
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Le site de l'abbaye de Stavelot

La façade sud-est de l’abbaye et le fronton aux armes de Joseph de Nollet © IPW

La façade sud-est de l’abbaye et le fronton aux armes de Joseph de Nollet

Véritable centre du pouvoir principautaire, l’abbaye de Stavelot a subi les affres du temps pour parvenir jusqu’à nous avant sa restauration complète par la Région wallonne achevée en 2002. Ce site exceptionnel est aujourd’hui un témoin privilégié de ce que fut la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy. Ancienne abbaye bénédictine fondée au milieu du VIIe siècle par saint Remacle, elle devint au fil des siècles un complexe de grande importance dont subsistent actuellement les vestiges archéologiques de l’abbatiale, la porte de l’abbaye, les bâtiments de service à sa gauche, la façade sur cour du Conseil de la principauté à sa droite et les bâtiments abbatiaux disposés autour du cloître. Classée comme monument et comme site le 24 décembre 1958, l’abbaye et son environnement figurent aussi sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

L’ancienne porte de l’abbaye et l’arvô © ETC

L’ancienne porte de l’abbaye et l’arvô

La porte de l’abbaye, construite par le prince-abbé Guillaume de Manderscheidt, est datée de 1522 par une inscription gothique présente sur l’édifice. Élevé en briques et calcaire sur deux niveaux, le bâtiment conserve le souvenir de deux souverains stavelotains : les armes de Guillaume de Manderscheidt, prince-abbé de 1499 à 1546, se trouvent à gauche de la large entrée en plein cintre ; un panneau armorié placé plus haut présente les armes martelées de François-Égon de Fürstenberg, prince-abbé de 1668 à 1692, surmontées du bonnet de prince du Saint-Empire romain germanique. Ce second panneau présente une longue inscription latine qui témoigne des travaux de réfection de l’édifice commandités en 1677 par ce dernier. À gauche de la porte subsistent plusieurs bâtiments de service : écuries, brasserie et boulangerie datés de 1714. À droite de la porte se trouve l’hôtel du Conseil de la principauté, millésimé 1717. Élevé en briques et calcaire et comptant cinq travées sur deux niveaux, le bâtiment a toutefois subi des modifications dans la seconde moitié du XXe siècle ; seule la façade principale est aujourd’hui conservée en l’état. Ce bâtiment abritait les séances du Conseil d’État, organisées sous la présidence du prince-abbé ou de son représentant et auxquelles participaient les deux prieurs de Stavelot et Malmedy ainsi que plusieurs conseillers. C’est à cet endroit que se trouvait également le quartier du Prince, édifié en 1718 mais lui aussi modifié par la suite.

Les armoiries du prince-abbé François-Égon de Fürstenberg sur l’ancienne porte de l’abbaye © IPW

Les armoiries du prince-abbé François-Égon de Fürstenberg sur l’ancienne porte de l’abbaye

Les bâtiments conventuels constituent de nos jours la partie la plus imposante des vestiges de l’abbaye. Devenus propriété de la Région par bail emphytéotique et restaurés entre 1999 et 2002, ils abritent aujourd’hui le musée de la principauté de Stavelot-Malmedy ainsi que le musée du circuit de Spa-Francorchamps et le musée Apollinaire. Les trois ailes actuelles, construites autour du cloître, avaient été édifiées aux côtés de l’ancienne abbatiale entre 1740 et 1780 en briques et calcaire dans le plus pur esprit classique de l’époque. La quatrième aile du cloître a disparu en même temps que l’église. Ces bâtiments conservent encore quelques traces matérielles liées à la présence des souverains stavelotains : la cheminée de la salle du chapitre est frappée des armes de la principauté ; les armoiries du prince-abbé Joseph de Nollet (1741-1753) ainsi que sa devise Nemini infensae sont inscrites sous un fronton courbe à l’ornementation très soignée situé à l’angle sud-est des bâtiments ; enfin, l’aile ouest comporte un fronton triangulaire orné des armes et de la devise de Jacques de Hubin, commanditaire de la reconstruction de deux ailes en 1774.

Les armoiries du prince-abbé Guillaume de Manderscheidt sur la porte de l’ancienne abbatiale © IPW

Les armoiries du prince-abbé Guillaume de Manderscheidt sur la porte de l’ancienne abbatiale

Le seul témoin conservé de l’imposante église abbatiale se trouve en face de ces bâtiments. Une tour carrée, élevée en moellons de grès et de calcaire, présente des bases romanes appartenant à l’avant-corps ouest de l’église consacrée en 1040 par le prince-abbé Poppon. Reconstruite en 1536 par Guillaume de Manderscheidt comme l’indiquent un millésime et les armoiries du prince-abbé, la tour domine aujourd’hui les vestiges archéologiques de l’église détruite à la Révolution.

Pierre aux armes de François-Égon de Fürstenberg commémorant la restauration de l’ancien château de Stavelot (1672), conservée au musée de la principauté © ETC

Pierre aux armes de François-Égon de Fürstenberg commémorant la restauration de l’ancien château de Stavelot (1672), conservée au musée de la principauté

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Le site de l'abbaye de Stavelot
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L’ancienne porte de l’abbaye et l’arvô © ETC
Les armoiries du prince-abbé François-Égon de Fürstenberg sur l’ancienne porte de l’abbaye © IPW
La façade sud-est de l’abbaye et le fronton aux armes de Joseph de Nollet © IPW
Les armoiries du prince-abbé Guillaume de Manderscheidt sur la porte de l’ancienne abbatiale © IPW
Pierre aux armes de François-Égon de Fürstenberg commémorant la restauration de l’ancien château de Stavelot (1672), conservée au musée de la principauté © ETC
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Les vestiges de l’abbatiale Saint-Remacle

Véritable témoin d’un pouvoir souverain sous l’Ancien Régime, le site de l’abbaye de Stavelot a subi les affres du temps pour parvenir jusqu’à nous avant sa restauration complète par la Région wallonne achevée en 2002. Ancienne abbaye bénédictine fondée au milieu du VIIe siècle par saint Remacle, elle devient au fil des siècles un complexe de grande importance dont subsistent actuellement les vestiges archéologiques de l’abbatiale, la porte de l’abbaye, les bâtiments de service à sa gauche, la façade sur cour du Conseil de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy à sa droite et les bâtiments abbatiaux disposés autour du cloitre.

Comme bien d’autres édifices religieux, la très belle abbatiale fait les frais du passage des troupes françaises à Stavelot. Le seul témoin conservé de cette église se trouve en face des vestiges archéologiques. Miraculeusement épargnée, une tour carrée de moellons de grès et de calcaire présentant des bases romanes témoigne de la consécration du bâtiment par l’abbé Poppon, en 1040. La tour est ensuite, dans sa partie supérieure, le témoin de la reconstruction de l’église par Guillaume de Manderscheidt en 1536.

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vestiges de l’abbatiale Saint-Remacle
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Ancienne abbaye de Stavelot

Cour de l'Abbaye 1, 4970 Stavelot

Classée comme monument et site le 24 décembre 1958
Classée comme monument (avec zone de protection) le 20 juillet 1994
Patrimoine exceptionnel de Wallonie

L’abbatiale, érigée au XIe siècle et détruite à la Révolution, a été mise au jour par des fouilles archéologiques récentes. Les bâtiments conventuels, essentiellement du XVIIIe siècle, abritent trois musées inaugurés en 2002 après une vaste campagne de restauration : le musée Guillaume Apollinaire, poète français ayant séjourné à Stavelot, le musée de la Principauté de Stavelot-Malmedy et le musée du Circuit de Spa-Francorchamps qui retrace l’histoire du plus beau circuit du monde et qui présente une collection de véhicules d’exception. Une galerie d’art, des salles en location, une boutique et le café des musées complètent l’ensemble.

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JACQUES DE DIXMUDE né Jules JACQUES

Buste à la mémoire de Jacques de Dixmude, réalisé par Paul Van de Kerkhove (ou Vande Kerkhove), date inconnue.

Au cœur de Stavelot, à l’entrée de la rue du Châtelet, entre le monument aux morts et l’accès à l’Abbaye, se dresse un buste dédié

Au Général
Baron Jacques de Dixmude
enfant de Stavelot
et héros de 1914-1918

L’inscription gravée sur une plaquette est accrochée sur le mur en béton aménagé pour porter le buste de Jules Jacques de Dixmude (Stavelot 02/1858-Ixelles 11/1928), cet « enfant du pays » qui est honoré comme un héros de la Grande Guerre.
Bourgeois actifs dans l’industrie, les parents de Jules Jacques sont originaires de Vielsalm, mais c’est à Stavelot qu’il voit le jour en février 1858, qu’il y passe son enfance et son adolescence avant de partir vers d’autres horizons (Louvain et Bruxelles). Diplômé de l’École royale militaire (1878 ou 1882), puis de l’École de guerre (1886), le 4e des 9 enfants Jacques se met au service de Léopold II et embarque pour le Congo (mai 1887) où il va séjourner pendant vingt ans et se distinguer de diverses manières. Tantôt fonctionnaire, tantôt explorateur et meneur d’hommes, il contribue à la mise en place des structures de l’État indépendant du Congo. Plusieurs biographes soulignent l’action anti-esclavagiste menée par ce fervent catholique dans l’Est du Congo, son côté missionnaire, ou bien le choix, par ce fidèle de Léopold II, d’Albertville comme nom pour l’agglomération portuaire dans le bassin de la Lukuga. À diverses reprises, « l’Africain » déposera ses armes pour prendre la plume et défendre, dans un style ferme et incisif, la politique coloniale de Léopold II contre les critiques de la presse anglaise qui avait bien identifié en Jules Jacques l’un des principaux dirigeants de plantations d’arbres à caoutchouc, dont l’exploitation se déroulait selon les règles fixées par les occidentaux. Ignorant cette facette de l’Africain, le buste érigé à Stavelot met l’accent sur le rôle joué par le militaire durant la Première Guerre mondiale.
Ayant quitté les bords du Tanganyika en 1904, Jules Jacques retrouve l’Europe en pleine ébullition ; nommé commandant en second de l’École royale militaire (1908), il n’entretient pas de bonnes relations avec son chef, le général Leman ; c’est un euphémisme. Promu lieutenant-colonel en 1913, il est affecté au 12e de ligne comme adjoint au chef de corps. En mars 1914, il passe chef de corps et, cinq mois plus tard, se trouve en plein cœur de l’offensive allemande qui déclenche la Première Guerre mondiale. Pendant plusieurs jours, il prend part aux combats de Liège qui prennent un caractère héroïque. Jacques est particulièrement impliqué dans la bataille dite du Sart Tilman. Conformément aux plans élaborés avant-guerre, il conduit les troupes belges vers le réduit d’Anvers et, en octobre, s’attèle à la défense de la position fortifiée, avant de se retrouver sur le front de l’Yser. C’est durant la défense de Dixmude qu’il se distingue particulièrement. L’engagement dont il fait preuve lui vaudra de recevoir le titre de baron (1919) et le droit d’ajouter à son patronyme le nom « de Dixmude » (1924). Général-major en avril 1915 puis lieutenant-général en mars 1916, il devient commandant de la 3e division d’armée. Après la signature de l’Armistice, il est envoyé à Washington pour représenter le gouvernement belge à la cérémonie d’inhumation du corps du Soldat inconnu (11 novembre 1921).
Salué et récompensé de son vivant, Jacques de Dixmude fait l’objet de nouveaux hommages après son décès, en novembre 1928, survenu à Ixelles, et son inhumation à Vielsalm. Des rues et des places portent son nom, tandis que plusieurs initiatives sont prises pour élever une statue ou apposer une plaque commémorative soit à l’un des artisans de la colonisation, soit à l’un des héros de 14-18, en Flandre comme en Wallonie.
À Stavelot, le buste que l’on voit en 2015 rue du Châtelet était initialement installé sur un haut socle évasé sur lequel était gravée, sur la face avant, la mention : AU GÉNÉRAL BARON JACQUES de DIXMUDE. L’ensemble se trouvait sur l’un des parterres dans la partie haute (vers le centre-ville) du parc de l’abbaye. Il était non loin dans son endroit actuel, à savoir un espace mémoriel où se trouvent côte à côte une pierre provenant du premier perron de la cité, un monument dédié aux victimes de 14-18, un autre à celles de 1940-1945, une plaque évoquant la libération des camps et une stèle de la route des Droits de l’Homme.
Le buste « stavelotain » est une copie de celui inauguré à Vielsalm, en 1930, rue de l’Hôtel de ville. Même si aucune signature n’apparaît, il est dû au sculpteur Paul Van de Kerkhove, sculpteur, statuaire dont on connaît principalement l’imposante statue d’André Dumont, inaugurée sur la place de l’Université à Louvain, en 1922. Reconnu juste avant la Grande Guerre comme un statuaire prometteur, Vande Kerkhove avait alors participé à plusieurs salons de beaux-arts et les œuvres exposées témoignaient d’une recherche évidente destinée à faire apparaître la personnalité figée dans la pierre. Avant-guerre encore, il s’était vu confier une Notre-Dame de Bon Secours pour remplacer celle de Duquesnoy au-dessus du portail de l’église du Bon Secours à Bruxelles.

http://www.vanderkrogt.net/statues/land.php?land=BE&webpage=ST&page=6
http://www.ftlb.be/pdf/WAR14-18.pdf
http://www.televesdre.eu/www/stavelot_quand_le_colonel_jacques_de_dixmude_entre_dans_l_histoire-84697-999-89.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_J._de_Bremaecker (s.v. mars 2015)
R.P. J-M. BUCK, Jacques de Dixmude, Bruxelles, Durendal, 1933
Daniel CONRAADS et Dominique NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Namur, IPW, 2013, p. 196
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 310
Fernand HESSEL, Le général baron Alphonse Jacques de Dixmude pionnier au Congo, héros en Belgique, dans Mémoires du Congo et du Ruanda-Urundi, mars 2014, n°29, p. 11-19
A. ENGELS, dans Biographie coloniale belge, t. II, 1951, col. 497-504
Adam HOCHSCHILD, Les fantômes du roi Léopold. La terreur coloniale dans l’État du Congo. 1884-1908, Paris, 2007
La Vie intellectuelle, 15 juillet 1914, n°1, p. 41 (dirigée par Georges Rency)
M. VOORDECKERS, Resultaten van het onderzoek over hel standbeeld van Justus Lipsius, ontworpen door Jules Jourdain, en over het standbeeld van André Dumont door de beeldhouwer Paul Van de Kerkhove, beide opgericht te Leuven in het begin van de Twintigste eeuw, jaaroefening tweede kandidatuur B, Louvain, 1981-1982, (inédit)
Philippe LEJEUNE, Vielsalm est-elle, oui ou non, la patrie du général Jacques baron de Dixmude ?, dans Glain et Salm Haute Ardenne, août 1988, n°28, p. 7-8

 

Buste Jacques de Dixmude (Stavelot)

Buste Jacques de Dixmude (Stavelot)

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rue du Châtelet – 4970 Stavelot
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JACQUES DE DIXMUDE né Jules JACQUES
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Buste Jacques de Dixmude (Stavelot)
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RINQUET Léon

Stèle et bas-relief Léon Rinquet, 1984
Réalisé par G. Leven

Située le long du chemin du Grand Biseû, à Hockai, face au cimetière, une stèle dédiée à Léon Rinquet, surnommé le Négus, rend hommage à une personnalité atypique des Hautes Fagnes. Le bas-relief a été réalisé en 1984, par G. Leven.

Docteur en Sciences physiques et mathématiques, Léon Rinquet (Liège 1891 – Xhoffraix 1974) est un professeur de mathématiques qui enseigne dans un athénée du Namurois lorsqu’il perd sa mère à l’entame des années 1930. Cette disparition le rend inconsolable, d’autant qu’il nourrit un profond ressentiment à l’égard du Ministère de l’Instruction publique qui, par une mutation, l’a éloigné de sa mère et l’a empêché de s’en occuper comme il le souhaitait. Fâché avec le monde qui l’entoure, Rinquet abandonne son métier et sa maison ; il a décidé de rechercher la solitude dans les Fagnes. En 1935, il arrive à Xhoffraix où il souhaite ouvrir un refuge pour les « vrais fagnards » et choisit d’acheter quatre hectares de landes et de l’installer sur « le Fraineu », entre la route de Hockai et le ru des « Trôs Marêts » d’où le panorama est inégalable.

En quelques mois, et malgré l’opposition des Amis de la Fagne qui craignaient la multiplication de tels projets, Rinquet construit une imposante cabane en bois, au toit de chaume, capable d’accueillir plusieurs hôtes, dans des conditions de vie consciemment « spartiates ». Le mauvais sort devait cependant s’acharner sur Rinquet : le 26 août 1937, la foudre s’abattait sur sa construction et la transformait en torchère, ruinant ses espoirs comme ses ressources. Néanmoins, il se remit à l’ouvrage et une cabane plus modeste était accessible quand survinrent les hostilités de la Seconde Guerre mondiale. Prise pour cible par les Allemands opérant des manœuvres dans les territoires annexés, la cabane de Rinquet ne résiste pas. Rinquet est contraint de trouver refuge à Hockai. Après la Libération, délivrant des cours particuliers dans la région, Rinquet reconstruit un troisième abri, bien différent des deux premiers, car aménagé dans le sol et finalement à son seul usage. C’est la neige cette fois qui a raison de la résistance du toit… Surnommé le Négus notamment en raison de son faciès, Rinquet réintègre progressivement la société et fait partie intégrante de la communauté villageoise de Xhoffraix. Son itinéraire atypique a fait l’objet de diverses légendes et les médias se sont intéressés à son histoire.

Le souvenir du Négus reste à ce point vivant dans la région qu’un monument lui a été consacré. Sur une stèle en pierre assez rustique, un sobre et artistique bas-relief signé G. Leven, et datant de 1984, représente le facies du personnage avec l’indication :

LEON RINQUET
DIT
« LE NEGUS »
1891-1974

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse (articles de (Vers) l’Avenir)
http://lunoveleup.e-monsite.com/pages/dans-la-region/les-hautes-fagnes.html
http://gite-ardennais.com/cabanedunegus.html
http://www.neve-trek.be/roadbook/roadbook1/test.html (s.v. juin 2014)

Stèle et bas-relief Léon Rinquet – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

Stèle et bas-relief Léon Rinquet

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Adresse : 
Chemin du Grand Biseû, face au cimetière, 4970 Hockai
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RINQUET Léon
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Stèle et bas-relief Léon Rinquet – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam
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L'ancienne tombe de Jacques Georgin

Les commentateurs rapides ou partiaux du conflit communautaire ont coutume d’écrire que celui-ci, au contraire de tant d’autres, n’a jamais fait de victimes, voire jamais occasionné de heurts violents. C’est oublier un peu vite ou occulter délibérément ce qu’ont subi les habitants francophones de Fourons dans les années 1970 lorsque les milices flamingantes alors tolérées par les Ministres de l’Intérieur successifs harcelaient régulièrement les Fouronnais sous l’oeil de gendarmes flamands complaisants sinon alliés, et surtout le destin tragique de Jacques Georgin à Bruxelles. Né en 1935, à Etterbeek, ce romaniste enseignant à l’Institut technique supérieur de l’État milita au sein de la section bruxelloise du MPW, puis au Front démocratique des Francophones (FDF) dès la création de celui-ci en 1965 et devint secrétaire de sa section de Laeken. Lors d’un affichage nocturne pendant la campagne pour les élections communales d’octobre 1970, des membres du Vlaamse Miltanten Orde (VMO), une des plus importantes organisations flamingantes néonazies, le rouèrent de coups le 11 septembre 1970 et Georgin mourut dans la nuit. Jacques Georgin fut inhumé dans le caveau familial au cimetière de Stavelot le 8 septembre suivant. L’Association wallonne des Anciens combattants ainsi que la Régionale verviétoise du Rassemblement wallon organisèrent des hommages sur sa tombe au cimetière de Stavelot. Un des meurtriers de Jacques Georgin (tous furent acquittés…) fut candidat sur les listes du Vlaamse Blok en 1994.

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Adresse : 
Cimetière de Stavelot, 4970 Stavelot
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Ancienne tombe de Jacques Georgin
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Le carnaval de Stavelot

Laetare, trois semaines avant Pâques


Les Blancs Moussis de Stavelot © Bernard Close et Michel Vanderschaeghe

Le personnage central du Laetare de Stavelot est le Blanc Moussi. Il  est célèbre bien au-delà des limites de Stavelot. D'après la légende, son origine remonte à la fin du moyen âge lorsque les moines de Stavelot se mêlaient à la foule lors des réjouissances carnavalesques. Après qu'en 1499 de sévères sanctions eurent été prises contre les moines dissolus par le Prince-Abbé Guillaume de Manderscheidt, la population stavelotaine rappela leur joyeuse et regrettée présence en s'affublant d'un capuchon et d'une grande robe imitant la bure monacale. Sur une nouvelle intervention du Prince-Abbé, ce vêtement parodique fut interdit. Les Stavelotains le remplacèrent alors par un autre, blanc celui-là, rappelant encore d'assez près la tenue religieuse et le complétèrent par le port d'un masque hilare au long nez.


Les Blancs Moussis de Stavelot © Bernard Close et Michel Vanderschaeghe.

Les festivités débutent par le cortège nocturne du samedi soir qui est suivi d’un bal à l’abbaye. Le cortège du dimanche après-midi, apothéose de la fête, se compose de nombreux groupes – locaux, mais également internationaux – et des fameux chars souffleurs qui envoient des confettis jusqu’à l’intérieur des habitations… Les Blancs Moussis sont également de la partie et taquinent le public à l’aide de leurs différents accessoires (vessie de porc, balai, canne à pêche) et surtout des confettis. Attention : les femmes et les jeunes filles sont leurs cibles préférées. Certains Blancs Moussis, les Colleurs d’affiches, placardent façades, vitrines et les panneaux prévus à cet effet, de petits textes ironiques et incisifs qui se réfèrent à des événements vécus par les Stavelotains pendant l’année écoulée. Le soir, un grand feu d’artifice est tiré en prémisse à la Grande Nuit Blanche des Blancs Moussis à l’abbaye de Stavelot. Le lundi est consacré aux Rôles, revues satiriques en patois. L’après-midi, le cortège des sociétés folkloriques et locales anime la ville.


Les Blancs Moussis de Stavelot © Bernard Close et Michel Vanderschaeghe.

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Carnaval de Stavelot
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