Jospeh Louis Bonmariage

Heyd 26/10/1937

Docteur en Sociologie, assistant à l’Université catholique de Louvain à la fin des années cinquante, permanent syndical CSC (1958-1961), Joseph Bonmariage devient chef de Cabinet adjoint auprès du ministre de la politique scientifique le CVP Robert Vandekerckhove dans le cadre d’un accord avec le FDF (1977-1979). Par la suite, il est invité par le Rassemblement wallon à mener la liste du parti dans le Brabant wallon. Proche du MOC, ce démocrate-chrétien à la fibre socialisante a une sensibilité fédéraliste très forte. Après le scrutin de décembre 1978, le groupe Rassemblement wallon-FDF choisit de coopter Joseph Bonmariage au Sénat (12 janvier 1979 – 5 octobre 1981), le préférant au Luxembourgeois Victor Leyens. Ce « Luxembourgeois vivant en Brabant wallon et membre dirigeant du Rassemblement wallon » est considéré comme un « Bruxellois lié au FDF ». Ils sont cinq à représenter le parti wallon à la Haute Assemblée lorsque sont votées les lois d’août 1980 créant les régions et les dotant d’organes politiques et de compétences. N’ayant pas été associé aux discussions, le Rassemblement wallon – Bonmariage est membre de son bureau fédéral – joue son rôle de parti d’opposition et vote contre les mesures qui donnent notamment naissance aux organes politiques de la Région wallonne.
Avec les années quatre-vingt commence une période difficile pour le Rassemblement wallon ; nombre de ses idées font désormais partie du programme des partis traditionnels, surtout du PS, et l’électeur wallon s’en détourne. En novembre 1981, le Rassemblement wallon ne compte plus que deux députés et deux sénateurs. Bonmariage n’en est plus : candidat dans le Brabant wallon, il avait récolté 1.256 vp. Il est alors le directeur du Centre d’études du RW et prône une stratégie Wallonie-Bruxelles, ainsi qu’une grande communauté où les deux régions souveraines partageraient leurs compétences.
Délégué au Conseil interparlementaire consultatif du Benelux, président de la Société belge de démographie, il adhère au PS dans la deuxième moitié des années quatre-vingt et est candidat à plusieurs reprises sur les listes de ce parti à l’occasion des élections législatives (1987, 1991, 1995). Il est aussi conseiller au Cabinet de Philippe Moureaux lorsque ce dernier est ministre-président de l’Exécutif de la Communauté française Wallonie-Bruxelles (1981-1985).
Professeur de Sociologie à l’Université catholique de Louvain, professeur invité à l’Université de Kisangani dans le cadre d’un programme de l’Université libre de Bruxelles (1987-1989), Joseph Louis Bonmariage préside la Fondation Mathilde Boniface et devient le secrétaire général de la Ligue des Familles en janvier 1993 ; en 1994, il loue les bienfaits de l’Observatoire de l’accueil et de l’accompagnement de l’enfant créé en 1991 à Bruxelles, avec le soutien de la Communauté française. Il émet aussi le vœu qu’un tel observatoire puisse voir le jour en Wallonie. Il est encore le promoteur de la campagne pour une « société enfant admis », ainsi qu’en faveur des familles solidaires avec les pays en développement. Il conduit plusieurs manifestations en faveur de la préservation des allocations familiales et s’apprêtait à donner une nouvelle impulsion à la Ligue quand, en décembre 1994, le conseil d’administration de la Ligue met un terme à son mandat. Sa révocation brutale a provoqué un flot de pétitions réclamant sa réintégration. Mais la Ligue est en crise interne depuis quelques années. La décision concernant Bonmariage n’en a été que la manifestation publique.
Membre du Conseil d’administration de l’ONE, il est désigné, en 2000, comme représentant du gouvernement de la Communauté française au Conseil consultatif sur le travail des enfants. Professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, Joseph Bonmariage est l’auteur de nombreuses publications spécialisées dans la sociologie de la famille.

 

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse (notamment Le Soir, novembre 1981 ; Le Soir, 20 janvier 1993, 25 juin 1994, décembre 1994-janvier 1995)
Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 168

Sénateur coopté (1979-1981)

Paul Delforge, décembre 2014