Arsène Burny

Mellery 22/10/1933

Après des humanités à l’Athénée de Wavre, Arsène Burny entreprend des études en Agronomie tropicale et devient ingénieur agronome diplômé des Facultés universitaires de Gembloux en 1958, puis docteur en Sciences zoologiques à l’Université libre de Bruxelles (1966). Il poursuit sa formation aux États-Unis à la « Columbia University » de New York, où il est professeur associé (1968-1972). Professeur aux Facultés agronomiques de Gembloux (1974-1999), il y constitue le département de biologie moléculaire et de physiologie animale. Chargé de cours à l’Université libre de Bruxelles, il y est le directeur du département de biologie moléculaire. Professeur à la Cornell University (État de New York), membre du Comité scientifique de l’Institut Pasteur de Paris (1988), il enseigne la biologie moléculaire et mène des recherches en génétique, dans le domaine de la cancérologie, principalement sur les rétrovirus (l'ARN messager de la globine du lapin, le virus de la leucémie bovine, la régulation des gènes en général et tous les problèmes fondamentaux liés à la vaccination).
Par ses recherches sur la leucémie bovine, l’équipe du professeur Burny a très tôt observé des similitudes avec le virus du sida détecté par des scientifiques au début des années 1980 (notamment son collègue et ami le professeur Gallo), et multiplie les expériences pour mettre au point un vaccin contre le sida. Par ses publications et ses participations à des colloques, il s’impose comme l’un des spécialistes mondiaux dans la lutte contre cette maladie. Par ailleurs, pour ses propres recherches mais aussi pour de nombreux jeunes qui soit abandonnent soit émigrent hors d’Europe, il multiplie les mises en garde contre la fuite des cerveaux en raison de la faiblesse du financement de la recherche en Europe en général, en Wallonie et à Bruxelles en particulier.

Vice-président (1989) puis président de la Commission de Cancérologie, de Microbiologie et d'Immunologie du FNRS, Arsène Burny rend le public attentif à l’émergence de la nouvelle pandémie, le Sida, et à la nécessité de soutenir le financement de la recherche fondamentale. Initiateur de l’opération Télévie en collaboration avec RTL et le FNRS, le professeur est non seulement la caution scientifique de cette initiative médiatique et populaire, mais surtout la cheville ouvrière d’un projet qui permet, chaque année depuis 1989, d’apporter de l’oxygène monétaire (plus de 100 millions d’€ récoltés) à plusieurs centaines de programmes de recherches (cancer, leucémie, etc.). En s’investissant ainsi dans le Télévie, Arsène Burny nourrit l’espoir à la fois de rendre didactiques des matières parfois très pointues, et de forcer les mandataires publics à investir davantage dans la recherche fondamentale.
Correspondant (1984), membre (1997) puis président (2001) de la Classe des Sciences de l'Académie royale de Belgique, citoyen d’honneur d’Écaussinnes, Prix quinquennal du gouvernement belge pour les sciences médicales appliquées (2002), honoré par le Conseil culturel mondial (2004), il a été fait officier du Mérite wallon en septembre 2012.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Le Journal des Ingénieurs, n°127, 2010

Paul Delforge, septembre 2012