Luois-Robert Casterman

Tournai 7/05/1920, Tournai 25/06/1994

Représentant de la 6e génération des maîtres imprimeurs tournaisiens, Louis-Robert Casterman est le fils de Louis(-Eugène), responsable de l’imprimerie depuis le lendemain de la Grande Guerre, le petit-fils de Louis-Henri et l’arrière-petit-fils de Joseph-Donat, le fondateur de la dynastie tournaisienne. Comme ses prédécesseurs et à l’instar de son frère Jean-Paul (1929-), Louis-Robert est plongé dans les ateliers depuis son plus jeune âge, mais c’est à partir de 1944 qu’il y exerce ses premières fonctions. Il entre au département de l’édition (son frère deviendra le responsable de l’imprimerie).
Administrateur et directeur gérant de la maison mère, la SA Casterman, à partir de 1972, Louis-Robert « hérite » des activités traditionnelles de l’entreprise familiale : outre les beaux livres et les manuels pédagogiques, Casterman en tant que maison d’édition est spécialisée dans les ouvrages à caractère religieux, dans les livres pour jeunes enfants et dans la bande dessinée. Les deux premiers piliers connaissent des moments difficiles à l’entame des années 1970. Quant au troisième secteur, il détient une véritable pépite, depuis les années 1930, avec le personnage de Tintin réalisé par Hergé ; pourtant, depuis Vol 714 pour Sidney, publié en 1968, les nouvelles aventures du petit reporter se font attendre (en 1976 sortira l’album Tintin et les Picaros). Avec Louis Gérard et Didier Platteau, L-R. Casterman oriente alors Casterman vers la bande dessinée pour adultes en ouvrant ses portes à Hugo Pratt et aux exploits de Corto Maltese (à partir de 1975), puis à Jacques Tardi, avant créer un magazine à succès, (À suivre) (1977), et d’installer des bureaux à Paris. D’autres grands noms du 9e Art entrent dans le « catalogue Casterman » : la liste serait trop longue, mais au moins se doit-on de citer ceux de Jacques Martin, Enki Bilal, Comès et Servais. Exerçant aussi la présidence du Conseil d'administration de Casterman France de 1972 à 1985, L-R. Casterman fait plus qu’accompagner la période faste de la belle aventure de la bande dessinée « made in Tournai ». Il cesse ses activités en 1985. À Paris, son fils, Simon Casterman poursuit la tradition familiale en tant que directeur général.
On notera que L-R. Casterman a mené d’importantes recherches sur l’histoire de la société familiale et qu’en 1980, il peut dès lors publier un ouvrage de référence à l’occasion des 200 années d’édition et d’imprimerie à Tournai, de la plus ancienne maison wallonne de ce secteur d’activités. La mention du double prénom, Louis-Robert, permet de ne pas le confondre avec son parent, Louis Casterman (1893-1981), qui fut bourgmestre de Tournai à deux reprises (1940-1944, 1959-1968) et qui exerça aussi des fonctions de direction au département édition de la société « Casterman ».

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Serge BOUFFANGE, Pro deo et Patria : Casterman, librairie, imprimerie, édition 1776-1919, Genève, 1996
L-R. CASTERMAN (dir.), Casterman 1780-1980. Deux cents ans d’édition et d’imprimerie, Tournai, 1980
L. JOUS, Les Casterman(t) d’Ecaussines à Tournai. Essai généalogique, dans Mémoires de la Société royale d’Histoire et d’Archéologie de Tournai, t. IV, 1983-1984, p. 467- 488.
Gaston LEFEBVRE, Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècles, Tournai, Archéologie industrielle de Tournai, 1990, p. 42-43
Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 95-96
Jean-François POTELLE (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000, p. 135

Paul Delforge, décembre 2014