Michel Coenraets

Rosières 26/09/1932

La guerre perturbe quelque peu le parcours scolaire de Michel Coenraets. Après les Petits Frères à Wavre, il fréquente différents établissements catholiques à Bruxelles, fait une année préparatoire aux ingénieurs, et est diplômé ingénieur industriel de l’ECAM (École centrale des Arts et Métiers, futur Institut supérieur industriel de Bruxelles) en 1955. Avant de trouver ses voies, l’une dans le monde de l’entreprise, l’autre dans le monde politique, il a d’abord tâtonné : à la fin des années 1950, il est à la tête d’une équipe d’une centaine d’ouvriers dans une entreprise de peintures au Congo ; ensuite il passe quelques mois à la Sabena. Finalement, c’est en 1969 qu’il lance une société spécialisée dans la fabrication d’équipements de contrôle d’accès automatisés pour piétons et véhicules. Installée à Bierges puis à Wavre-Nord, Automatic Systems est appelé à un succès considérable tant les potentialités de développement sont innombrables. La société du Brabant wallon devient rapidement numéro un mondial dans son domaine et fait figure de modèle pour l’économie wallonne au tournant des années 1980 et 1990 : il s’agit d’une usine wallonne qui gagne, qui exporte et qui s’ouvre… les portes des marchés chinois, espagnols, américains. Après trois décennies à la tête d’AS, Michel Coenraets en confie les clés au groupe allemand Plettac (1999), avant que le groupe français Bolloré ne l’intègre en son sein (2002). En 1986, sa société avait reçu l’Oscar belge à l’exportation, en 1988 le Grand Prix de l’innovation technologique décerné par la Région wallonne, en 1999 la norme de qualité ISO 9001 et, en 2000, l’Export Royal Award. En 2002, l’entrepreneur rachète pourtant à André Collens une licence belge pour tondeuses de grandes surfaces et lance un nouveau produit promis à un avenir radieux : Belrobotics développe, produit et vend des tondeuses robots (Belgian Environmental Energy Awards 2008).

Appelé à la présidence de l’Union wallonne des Entreprises, il en prend les commandes de 1987 à 1990 au moment où les compétences de la Wallonie s’accroissent. C’est à ce moment qu’est lancé le mensuel Dynamisme wallon  (1er octobre 1988) pour faire connaître aux chefs d’entreprises tout ce qui bouge en Wallonie. C’est aussi à ce moment que l’UWE envisage de déménager, pour Namur ou Wavre ; finalement, elle restera à Bruxelles, mais dans d’autres locaux.

Sur le plan politique, Michel Coenraets a été élu dès 1964 conseiller communal à Rixensart, sur une liste conduite par Joseph Moreau de Melen. En désaccord avec ce dernier sur la question de la fusion des communes (Moreau voulait une fusion Wavre-Rosières, Coenraets une fusion Rosières-Rixensart-Genval), il obtient gain de cause et fonde une liste Alliance communale en vue du scrutin d’octobre 1976. Il devient échevin au lendemain de la fusion des communes, quand Paul Hanin s’associe aux socialistes. En charge de la Jeunesse, de la Culture et de l’Information (1977-1982), il s’occupe ensuite des Finances dans une coalition avec les libéraux de Jacqueline Herzet (1983-1988). Alors qu’il vient d’accéder à la présidence de l’UWE, il se contente de siéger comme conseiller communal en 1989 (dernier sur la liste, il avait néanmoins amélioré son score personnel de 400 vp). Mais quand Paul Hanin démissionne en mai 1992, il accepte de le remplacer à la tête de Rixensart, dans une majorité PSC-PS. Il n’est plus à la tête de l’UWE et il accepte aussi de succéder à Jean-Emile Humblet à la présidence du Conseil économique wallon du Brabant (septembre 1992). En fait, tête de liste PSC au Sénat dans l’arrondissement de Nivelles en décembre 1991, il a réalisé un nombre de voix de préférence qui lui permet d’espérer bénéficier de la cooptation de la part de son parti. Il n’entrera cependant au Sénat que comme sénateur provincial du Brabant, en remplacement d’Étienne Cerexhe désigné à la Cour d’Arbitrage, et ne siègera que du 3 février 1994 au 12 avril 1995, date des élections où son mandat n’est pas renouvelé (malgré 5.627 vp).

Conforté par les électeurs de Rixensart qui doublent ses vp en octobre 1994 (1680), Michel Coenraets ne dispose cependant plus de la majorité avec son partenaire UC et est renversé par une alliance libérale-écolo conduite par Jacqueline Herzet (2.121 vp). Élu conseiller provincial (2.168 vp) de la nouvelle province du Brabant wallon (1994-2000), chef de file de l’opposition qui, à Rixensart, devient majoritaire en cours de route, il claque la porte de l’Alliance communale en 1999 pour former la « Nouvelle Alliance ». Mais, en octobre 2000, il perd la moitié de ses voix (878) et est maintenu dans l’opposition. En janvier 2001, il annonce son retrait de la politique, avant de tenter un come-back en octobre 2006 ; il est certes réélu conseiller communal « Proximité-Autrement », mais toujours dans l’opposition. En avril 2012, il met un terme définitif à sa carrière politique, mais la même année, celle de ses 80 ans, il lance encore le CreActivCenter dans le zoning de Wavre-Nord, en l’occurrence un business center d’un concept innovant, puisqu’il réunit à la fois les fonctions administratives et techniques, et offre une dimension internationale et de coworking. Ce concept s’inspire de l’expérience qu’il s’est forgée lorsqu’il vendait ses portes et barrières automatiques aux quatre coins du monde.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Conseiller communal de Rixensart (1965-janvier 2001, décembre 2006-avril 2012)
Échevin (1977-1988)
Bourgmestre (septembre 1992-1994)
Sénateur (1994-1995) 
Paul Delforge, septembre 2012