Jean de Bologne

Douai c. 1524, Florence 14/08/1608

Fils d’un sculpteur qui le destinait à devenir notaire, Jean de Bologne va à l’encontre des projets paternels et est placé, à Mons, chez le sculpteur Jacques Du Brœucq, qui décèle rapidement son talent. À vingt ans, Jean de Bologne part pour Rome, où il devient le disciple de Michel-Ange (1524-1526). Une telle carte de visite lui ouvre de nombreuses portes : à Florence, il exécute des commandes émanant de princes d’Europe ; à Bologne, où il se marie, il sculpte une fontaine pour la Piazza Maggiore, à la demande du légat Charles Borromée. Mais il se fixe à Florence où il passe la majorité de sa vie, travaillant jusqu’à un âge avancé (il sculpte, à quatre-vingts ans, les anges qui orneront son tombeau). Entouré de nombreux amis, il se place sous la protection de mécènes, notamment Bernardo Vecchietti, qui lui permet de continuer ses études et de rencontrer les Médicis, Cosme et François Ier.

Parmi ses plus belles réalisations, retenons, Samson, vainqueur des Philistins, les bas-reliefs représentant des scènes de la Passion sculptés pour une chapelle de l’église de Saint-François à Gênes, la statue équestre en marbre de Cosme de Médicis, le groupe colossal représentant L’Enlèvement des Sabines, l’Hercule tuant le Centaure… Les villes de Lucques, Pise, Arezzo, Orvieto, mais aussi Paris, possèdent des chefs-d’œuvre du sculpteur wallon, qui n’oublia jamais qu’il devait ses compétences aux leçons de son premier maitre, Jacques Du Brœucq.

À sa mort, survenue en 1608, il laisse de nombreux élèves, parmi lesquels Pierre Francheville ou Franqueville, originaire de Cambrai.

M. BOUCHENY DE GRANDVAL, Jean de Bologne, dans E. BÉNÉZIT, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays par un groupe d’écrivains spécialistes français et étrangers, nv. éd. rev. et corr., t. 1, s. l. [Paris], Librairie Gründ, 1966, p. 749.
Ad. SIRET, Jean Bologne, dans Biographie nationale, t. II, col. 643-655
Jean-François POTELLE (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000
Marie Dewez, septembre 2012