Fernand de Rossius

Liège 28/06/1831, Liège 29/11/1885

Les Aciéries d’Angleur constituent la plus belle réalisation de Fernand de Rossius. À l’origine davantage tourné vers le Droit que vers les Affaires, ce fils de très bonne famille liégeoise avait réussi à fédérer autour de lui une série de compétences pour se lancer dans le métier de l’acier.
Par sa naissance, Fernand de Rossius(-Orban) est d’emblée plongé dans le monde politique et industriel liégeois auquel le XIXe siècle apporte fortune et prospérité. Il est le premier à faire des études et, en tant que docteur en Droit de l’Université de Liège (1857), il sera membre du barreau de Liège de 1857 à 1873. Mais la politique et l’industrie l’attirent davantage. En 1866, au moment où l’arrondissement de Liège bénéficie d’un siège supplémentaire, il s’en empare, pour défendre le programme libéral, jusqu’en 1882 année où il est remplacé par Émile Jamme.
Juriste, de Rossius se met d’abord au service des affaires familiales et est administrateur de plusieurs sociétés appartenant au cercle des Orban, tant dans l’énergie, que dans le textile et la sidérurgie. Ne se contentant pas de l’héritage et des facilités qui lui sont offerts, Fernand de Rossius saisit l’opportunité que représente le réseau étroit qui unit sa famille et sa belle-famille. Par son mariage, il est devenu le gendre d’Auguste Gillon, professeur à l’Université de Liège et industriel créateur de la Fabrique de Fer du Val Benoît. Il réunit dès lors des ingénieurs, banquiers, industriels et politiques de son entourage (des Orban, Nagelmackers, voire Pastor, l’ancien directeur général de Cockerill) et il crée, en 1871, « les Aciéries d’Angleur ». Cette société en nom collectif et en commandite dont de Rossius est le directeur-gérant deviendra Société anonyme en 1878 et utilisera, dès 1880, le révolutionnaire procédé Thomas pour la production de l’acier. Avant son décès soudain, Fernand de Rossius avait réussi à attirer quelques industriels verviétois, et leurs capitaux, dans une aventure qui s’avèrera exceptionnelle.

Jean-François POTELLE (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000, p. 200
Nicole CAULIER-MATHY, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 213-214
Jean-Luc DE PAEPE, Christiane RAINDORF-GERARD (dir.), Le Parlement belge 1831-1894. Données biographiques, Bruxelles, 1996, p. 221

Conseiller communal de Liège (1862-1863)
Député (1866-1882)

Paul Delforge, décembre 2014