Jean-Pierre Detremmerie

Mouscron 10/10/1940, Mouscron 20/02/2016

Député wallon : 1981-1985 ; 1985-1987 ; 1988-1991 ; 1992-1995 ; 2004-2005*

Régent en Langues germaniques, professeur de langues modernes au Collège Saint-Augustin à Enghien, Jean-Pierre Detremmerie rallie les rangs du PSC, et est élu pour la première fois conseiller communal de Mouscron en 1970. Six ans plus tard, après la fusion des communes, il devient échevin de la Jeunesse et des Sports et le 1er janvier 1980, il succède à Robert Devos en tant que bourgmestre. Pendant vingt-cinq ans, il va diriger la ville hennuyère et finir par l’incarner aux yeux des visiteurs et investisseurs extérieurs. En février 1981, il prend également la succession de R. Devos en tant que représentant de l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron à la Chambre des représentants. Pendant plus de vingt années, régulièrement réélu à la Chambre, il est le leader du PSC dans la pointe du Hainaut, dont il accentue le caractère singulier : ainsi, rompant avec la Sideho créée en 1964, J-P. Detremmerie constitue une Association intercommunale pour l’étude et la gestion des services publics (IEG) centrée sur Mouscron, Comines-Warneton et Estaimpuis ; ainsi conteste-t-il le nouveau pouvoir de tutelle wallon ; ainsi convainc-il de la création de deux sociétés régionales d’exploitation sur le Hainaut, l’une couvrant Charleroi, l’autre le TEC-Hainaut (1991) ; ainsi soutient-il fermement le club de football local qui, longtemps, est le porte-drapeau des initiatives locales, malgré les exploits des clubs de volley-ball et de waterpolo ; acteur du dossier transfrontalier Pacte, J-P. Detremmerie exploite au maximum la situation géographique privilégiée de Mouscron, pour y attirer d’importants investissements industriels ; il saura aussi attirer vers l’ouest de la Wallonie les aides de l’Objectif I.

Partisan d’un unionisme belge, le parlementaire manifestera longtemps son hostilité à la solution trouvée en 1988 à la question fouronnaise. Par souci officiel de pacification communautaire (loi spéciale du 9 août 1988), l’enclave de Comines-Warneton se voit imposer, par symétrie avec Fourons, un statut linguistique spécial que J-P. Detremmerie ne cessera de contester. La pression exercée par l’élu PSC lors des réformes de l’État de 1993 et 2001 permettra de pousser certains dossiers importants pour sa région.

Jusqu’en 1995, le député siège également au Parlement wallon et au Conseil de la Communauté française. Entre 1992 et 1995, il est d’ailleurs secrétaire du bureau du Conseil. En mai 1995, il opte pour la Chambre fédérale, où il est réélu en 1999. Au moment de l’élargissement des circonscriptions à la taille des provinces, en 2003, J-P. Detremmerie, qui est le troisième candidat du cdH, ne parvient pas à confirmer son siège à Bruxelles. Ne souhaitant pas quitter la vie parlementaire sur cet échec, il se porte candidat au scrutin régional de 2004 où le cdH enlève deux sièges dans son arrondissement. Il siège alors quelques mois au Parlement wallon, avant de démissionner en avril 2005 et de céder son mandat à Damien Yzerbyt.

Renonçant aussi à la présidence de l’Excelsior de Mouscron (2005), il cède difficilement le témoin à Alfred Gadenne lors des communales de 2006, après plus de vingt-cinq ans à la tête de Mouscron. Conseiller communal et chef de son groupe politique, président de l’influente intercommunale d’Étude et de Gestion, J-P. Detremmerie est cependant rattrapé par une série « d’affaires » qui éclaboussent sa gestion passée. Rejetant toutes les accusations, il est pourtant exclu par ses pairs du groupe cdH au Conseil communal (février 2007) et, ipso facto, privé de tous les mandats qu’il exerçait encore au nom de son parti, à savoir président de l’IEG, président de l’asbl Gestion Centre-Ville et administrateur à la Simogel. Seul lui reste un mandat de conseiller communal qu’il continue à exercer, sans étiquette, et dans l’opposition… pour la première fois depuis 1971, jusqu’en 2012. En décembre 2011, il est inculpé dans le cadre du financement opaque du club de football. L’action judiciaire à son encontre s’éteint au moment où J-P. Detremmerie décide de mettre fin à ses jours.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2016
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 191-194

conseiller communal de Mouscron (1971-2012)
échevin (1977-1979)
bourgmestre (1980-2006)
député (1981-2003)
membre du Conseil régional wallon (1981-1995)
député wallon (2004-2005)

Paul Delforge, décembre 2014