Franz Dewandelaer

Nivelles 20/05/1909, Bruges 23/08/1952

Les admirateurs du poète Franz Dewandelaer affirment que « son œuvre est une des plus fortes et des plus pathétiques de la poésie wallonne ». Nivelles, sa ville natale, est le thème central de ses nombreux écrits, où il utilise souvent des images fortes, parfois violentes.
Ayant exercé divers métiers avant de se fixer comme employé à l’administration communale de Nivelles (1934), Franz Dewandelaer s’est lancé très tôt dans l’écriture poétique, en langue française comme en langue wallonne, avant de s’essayer à la composition de pièces de théâtre, d’avant-garde et au contenu politique engagé ; la satire sociale est virulente, la critique du capitalisme mordante et l’attention à l’égard des conditions de vie des mineurs sincère. Il se met aussi à l’écriture de sketches radiophoniques, de contes, voire de chroniques pour des journaux et revues. Puisant son inspiration dans des sources identiques à celles des surréalistes wallons, Dewandelaer compose la plupart de ses poèmes entre 1930 et 1936, mais beaucoup ne seront publiés que bien plus tard.
« Avec Gabrielle Bernard et Henri Collette, Franz Dewandelaer est considéré comme l’une des trois figures de proue de la poésie wallonne des années 1930. Dans des styles très différents, ils ont cependant plusieurs traits communs : anticonformisme, sincérité intransigeante, haine de l'hypocrisie et de la bonne conscience bourgeoise, mais aussi goût de l'éloquence, de l'exagération, des images frappantes, voire du macabre, recours fréquent à la narration ou à la description... Postromantiques ou symbolistes, marqués par Baudelaire et Verhaeren plus que par Hugo ou Lamartine, ils se détachent nettement, par la primauté accordée à l'émotion, des auteurs de la génération précédente ». Dewandelaer est d’ailleurs un précurseur d’une nouvelle tendance pour la génération suivante.
Mobilisé en 1939, le soldat Dewandelaer est arrêté au soir de la Campagne des Dix-Huit Jours, fait prisonnier et emprisonné en Bavière. Rapatrié malade en 1941, il conservera toujours des séquelles de sa captivité et elles ne sont pas étrangères à son décès survenu, en clinique, en 1952. Après la Libération, il milite très activement dans le Mouvement wallon : mêlant ses convictions politiques à ses talents littéraires, il propose un hymne wallon en composant deux chœurs parlés, Bloc et Il était une fois, d’après la Lettre au roi de Jules Destrée. Membre du Congrès national wallon, candidat du Parti d’Unité wallonne aux législatives de 1946 et de 1949, il a été membre de Radio-Wallonie et écrit dans Échos de Wallonie. Il tient aussi des chroniques régulières à Radio-Namur et Radio-Hainaut.

Paul DELFORGE, Franz Dewandelaer, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 498
La Vie wallonne, 1952, p. 220 ; 1953, p. 118-140
Le Gaulois, n° 245, 30 août 1952, p. 6
Une certaine idée de la Wallonie. 75 ans de Vie wallonne, Liège, 1995, numéro spécial de La Vie wallonne, t. LXIX, p. 186-187
Bibliothèque publique centrale du Brabant wallon, Ces écrivains qui ont aimé, honoré et raconté Nivelles, Nivelles, 2011, p. 28-30
L’œuvre poétique wallonne de Franz Dewandelaer (1909-1952), Liège, Société de Langue et de Littérature wallonnes, 2003, coll. Mémoire wallonne, n°7
Maurice PIRON, Anthologie de la littérature wallonne, Liège, Mardaga, 1979, p. 520
Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 477
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. III, p. 192, 197-198, 227

Poèmes
Bouquet tout fèt, 1933 (recueil, prix du Brabant, Prix du Centenaire)
Les tchautès rûwes, 1934 (prix de la Fédération littéraire wallonne de Liège)
L’aveûle, 1938
El Moncha qui crèch, 1948 (recueil)
El bribeu, 1948
El fou, 1950

Théâtre
Pârti, 1928 (prix des Cercles littéraires et artistiques du Brabant)
Le lâche, 1929 (deuxième prix d'honneur à l'Académie des Jeux floraux de Constantine)
Lès deûs rêves (1932-1933) (pièce de théâtre en wallon créée par des marionnettes, pour la télévision, en décembre 1976)
Baquets dèl nute, 1935 (prix du roi Albert)
L' tchanson du grisou, 1934/5

Paul Delforge, décembre 2014