Louis-Dieudonné Dewez

Namur 04/01/1760, Bruxelles 28/10/1834

Titulaire d’une chaire de rhétorique au Collège de Nivelles, Louis-Dieudonné Dewez se passionne pour l’histoire et rassemble, durant les dix années où il professe, les matériaux pour ses futures publications à caractère historique. Happé par les événements qui bouleversent la société où il vit, il se montre partisan des idées vonckistes, puis se rallie à la République. Fonctionnaire impérial sous Napoléon, il est « commissaire » auprès du tribunal correctionnel de Nivelles, puis substitut auprès de tribunaux civils et criminels dans le département de Sambre-et-Meuse, avant d’exercer la fonction de sous-préfet à Saint-Hubert jusqu’en 1814. Sous le régime hollandais, il est nommé inspecteur des Athénées et des Collèges dans les provinces méridionales ; Louis Dewez s’accommode tout aussi bien de la Révolution de 1830 et achève sa carrière comme historien de ce territoire qui vient de subir, en une génération, au moins quatre grands changements de statut. Membre de l’Académie royale de Bruxelles (1816), il en devient le secrétaire perpétuel en janvier 1821 et dispense régulièrement des Leçons publiques sur l’histoire de la Belgique.

Auteur de la première Histoire générale de la Belgique depuis la conquête de César, il inscrit cette volumineuse synthèse (7 tomes) dans son temps (1805-1807), et n’hésite pas à adapter ses cadres de référence dans l’Histoire particulière des Provinces Belgiques sous le gouvernement des Ducs et Comtes, publiée en 1816. Son Abrégé de l’histoire de la Belgique resta en usage même après 1830, Dewez introduisant des précisions et des corrections dans ses Cours d’histoire de Belgique qui sont, en fait, les leçons publiques qu’il donna à travers les pays dont il était devenu l’historien. S’affichant patriote, Dewez faisait preuve de critique historique, expliquant régulièrement et rigoureusement pourquoi il préférait une interprétation à une autre.

Recherchant des éléments dans le passé démontrant la cohérence des provinces formant tour à tour la Belgique autrichienne, française, hollandaise et indépendante, il est l’un de ceux qui voient dans la période bourguignonne la matrice de l’État naissant en 1830. Comme d’autres historiens illustres après lui, il éprouve les pires difficultés à accorder à la principauté de Liège une place proportionnelle à l’importance de son passé. Son Dictionnaire géographique du royaume des Pays-Bas (1819) témoigne de la médiocre connaissance de ce Brabançon wallon pour ses voisins liégeois. Conscient de cette lacune, il réalise en 1822 une Histoire du pays de Liège, qui se singularise parce qu’il s’écarte d’une analyse du temps passé à travers les princes-évêques pour accorder davantage d’attention « au caractère national » des Liégeois… Sans doute conscient de l’importance de l’histoire singulière des provinces constitutives des Pays-Bas, il étend ses recherches et ses publications à l’étude de Namur (1822), du Hainaut et du Tournaisis (1823), du Brabant et du Marquisat d’Anvers (1824), sous forme d’histoire abrégée.

Musée des Beaux-Arts, Exposition Le romantisme au pays de Liège, Liège, 10 septembre-31 octobre 1955, Liège (G. Thone), s.d., p. 79

Louis-Dieudonné DEWEZ, Cours d’histoire de Belgique contenant les leçons publiques données au Musée des Lettres et des Sciences de Bruxelles, Bruxelles, 1833, 2 vol.

Paul Delforge, décembre 2013