Robert D'Hondt

Malèves-Sainte-Marie-Wastines 14/05/1934, Woluwé 10/12/1991

Aîné d’une famille de quatre enfants, Robert D’Hondt suit une formation professionnelle qui doit le mener à exercer le même métier que son père, électricien. En 1950, il entame sa carrière professionnelle quand il est engagé à la filature Hoegaerden-Boonen à Céroux-Mousty comme électricien d’entretien. Déjà à cette époque, il milite dans les rangs de la Jeunesse Ouvrière Catholique. Formé dans les rangs de la JOC de Malèves, « pur produit » du mouvement d’action catholique orienté vers les jeunes travailleurs, président de la JOC Wavre, il travaille aux Ateliers de Familleureux avant de devenir permanent fédéral de la JOC du Centre. Propagandiste régional au niveau interprofessionnel (1957), il devient secrétaire permanent de la Centrale chrétienne des Métallurgistes de Belgique (1958-1963). C’est à cette fonction qu’il vit les événements de la grève wallonne de l’hiver ’60-’61 comme la confirmation de certaines de ses convictions.

Au début de 1964, il quitte le Centre pour Bruxelles où il devient « propagandiste national pour la Wallonie » Recevant de plus en plus de responsabilités de son syndicat, il est nommé secrétaire général de la CSC le 1er janvier 1973, moment où il remplace Louis Dereau. Immédiatement, il est mandaté comme vice-président de la Confédération européenne des Syndicats (CES) et il préside l’organisation d’aide humanitaire « Solidarité mondiale ».

Partisan d’un Front commun syndical où les spécificités de la FGTB et de la CSC sont préservées, il se montre très favorable à l’émergence de comités régionaux wallon, flamand et bruxellois au sein de la CSC, au moment où l’article 107 quater trouve à s’appliquer pour la Flandre et la Wallonie. À la fin des années 1970, il avait pris l’initiative de réunir le « Groupe des 40 » pour préparer une autonomie accrue de la CSC wallonne. Conscient de la domination de l’aile flamande au sein de son organisation syndicale, le n°2 de la Confédération des Syndicats chrétiens ménage l’unité de son syndicat, tout en faisant valoir les intérêts des Wallons. Sa cohabitation avec Willy Peirens (à partir de 1987) fut plus aisée que celle, forcée, avec un Jef Houthuys davantage à l’écoute du CVP, surtout dans les années des gouvernements Martens-Gol. Néanmoins, D’Hondt paraissait mûr pour transformer la CSC en une vraie confédération syndicale, où les Wallons se seraient défaits de toute tutelle (interne ou politique) ; il a buté sur les réticences flamandes et celles des « centrales professionnelles ».

Anticipant sur les événements dans de nombreux domaines, Robert D’Hondt a poussé son organisation syndicale à prendre en considération la transformation institutionnelle de la Belgique dans le sens des régions ; il a lancé une réflexion sur le phénomène des nouvelles technologies et ses conséquences pour l’emploi ; il n’a pas hésité à soutenir des projets alternatifs (expériences d’auto-production) pour sortir de logiques néo-libérales qu’il dénonçait, et a invité à réfléchir à la manière de renouveler et moderniser la démocratie.

Membre du bureau du Conseil central de l’Économie (1986-1991), ce pilier de la démocratie chrétienne avait aussi une dimension européenne et mondialiste, non seulement par les différents postes qu’il occupait (vice-président de la CMT, vice-président de la CES, et sa nomination récente à la présidence de la Commission des relations extérieures du Comité économique et social européen – il devait entrer en fonction le 1er janvier 1992), mais surtout par sa connaissance des réalités internationales et par sa vision européenne et mondialiste.

Paul WYNANTS, dans Nouvelle Biographie nationale, t. 4, p. 130-133

Paul WYNANTS, Robert D'Hondt (1934-1991) : un syndicaliste novateur dans un monde en crise, dans Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, t. IX, 1995, 3, p. 139-207

Josly PIETTE (préf.), Journal d’un militant syndical : textes choisis de Robert D’Hondt, Bruxelles, EVO, 1994

Gérard HORION, Gilbert PIÉRARD, Malèves-Sainte-Marie-Wastines se raconte... 1900-2000, Too Much, s.d., p. 193, 199-200

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Emmanuel GÉRARD et Paul WYNANTS (dir.), Histoire du Mouvement ouvrier chrétien en Belgique, Louvain, LUP, 1994, t. II, p. 259

Roland DELEU, Glanures, 2006, p. 85

Le Rassemblement des progressistes 1944-1976, Bruxelles, De Boeck, 1999, coll. Pol-His, p. 237

Paul Delforge, décembre 2013