Elio Di Rupo

Morlanwelz 18/07/1951

Député wallon : 1988-1989* ; 1992-1995 ; 2009-2010
10e Ministre-Président wallon : 1999-2000 ; 2005-2007

Benjamin d’une famille nombreuse italienne des Abruzzes ayant trouvé du travail au Borinage, Elio Di Rupo grandit à Morlanwelz, où il accomplit ses humanités à l’Athénée puis à l’Institut technique (1970), avant d’étudier les Sciences à l’Université de Mons-Hainaut. Docteur en Chimie, il est assistant à l’Université de Leeds (1977-1978), puis au Service de Chimie générale et de Sciences des matériaux de l’Université de Mons-Hainaut (1978). Chercheur scientifique à l’Institut interuniversitaire des matériaux (1979), il devient directeur de recherche à l’Université de Mons (1982). À partir de novembre 1990, il y est chargé d’enseignement à la Faculté des Sciences psychopédagogiques.
Militant dans les rangs des Jeunesses socialistes (1977), conseiller communal élu à Mons en octobre 1982, il entre au Cabinet de Jean-Maurice Dehousse, en charge de l’Économie wallonne, puis devient successivement attaché de Cabinet et chef de Cabinet adjoint auprès de Philippe Busquin, ministre wallon du Budget et de l’Énergie (1981-1985). Nommé inspecteur général à l’Inspection de l’Énergie du Ministère de la Région wallonne (1985-1987), il devient échevin de la Santé, de la Rénovation urbaine et des Affaires sociales de Mons (janvier 1986-décembre 1987), avant de décrocher un siège de député dans l’arrondissement de Mons lors du scrutin de décembre 1987, lui donnant notamment accès au Conseil régional wallon (1988-1989).
Si son score personnel lui permet de revendiquer le maïorat montois en octobre 1988, Elio Di Rupo joue la carte de l’apaisement au sein de sa famille politique, décroche un mandat européen en 1989, avant de retrouver la politique belge, en étant élu au Sénat fin 1991, dans l’arrondissement de Mons-Soignies. Avant de siéger à Strasbourg, le député montois a eu le temps d’adopter les accords institutionnels difficilement négociés par Guy Spitaels et qui conduisent à reconnaître un statut à la Région de Bruxelles-Capitale, à la communautarisation de l’enseignement et à la régionalisation d’importantes compétences. Sénateur, il vote aussi, en 1993, l’approfondissement de la réforme des institutions. Depuis janvier 1992, Elio Di Rupo a accédé à des fonctions ministérielles. Il est responsable du portefeuille de l’Éducation dans le gouvernement de la Communauté française présidé par Bernard Anselme (7 janvier 1992). Refinancement et réforme de l’école sont au programme du ministre qui hérite aussi du volet Audiovisuel et de la Fonction publique en mai 1993.
Début 1994, la démission de G. Coëme, G. Spitaels et G. Mathot provoque de nouvelles modifications dans les exécutifs : quittant le gouvernement de la Communauté française, Elio Di Rupo remplace Guy Coëme dans le gouvernement fédéral comme vice-Premier ministre et ministre des Communications et des Entreprises publiques (23 janvier 1994-23 juin 1995). À 42 ans, il devient le chef du PS au fédéral et va le rester jusqu’en 1999.
En mai 1995, E. Di Rupo opte pour la Chambre fédérale, où il est régulièrement réélu et où il siège entre 2000 et 2005, 2007 et 2009, 2010 et 2011. Vice-Premier ministre, en charge de l’Économie et des Télécommunications dans le gouvernement Dehaene (23 juin 1995-12 juillet 1999), Elio Di Rupo est désigné à la présidence du gouvernement wallon le 12 juillet 1999. Depuis Alfred Califice, il est le dixième ministre à présider un exécutif wallon. Chargé de la coordination du gouvernement wallon, des Fonds structurels, des Relations internationales, des « Relations intra-belges », du Comité de concertation gouvernement fédéral-gouvernements de Communautés et Régions et des relations avec le Parlement, le 10e titulaire de la fonction de ministre-Président wallon lance le « Contrat d’Avenir pour la Wallonie », plan destiné à mobiliser les forces vives de Wallonie autour de priorités partagées. Dans le même temps, élu pour la première fois au suffrage universel des membres, il accède à la présidence du PS (9 octobre 1999). Remettant à Jean-Claude Van Cauwenberghe les clés de l’Élysette au printemps 2000 (4 avril), il est candidat bourgmestre à Mons. Chef du groupe PS au conseil communal depuis deux législatures, il succède à Maurice Lafosse le 1er janvier 2001, s’appuyant sur une solide majorité absolue qui s’ouvre pourtant au PRL de Richard Miller.
Vice-président de l’Internationale socialiste (novembre 1999), membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe (2002), ministre d’État (2002), informateur royal (juin 2003) et négociateur des majorités depuis les années ’90, Elio Di Rupo engage son parti dans une nouvelle alliance fédérale avec les seuls libéraux, sous la conduite de Guy Verhofstadt, en 2003. Par comparaison avec les années 1991-1999, le PS vit une période de sérénité que son président veut préserver, laissant MR, cdH et Écolo se quereller entre eux. Cependant, les scrutins régionaux et européen voient PS et MR s’affronter durement et, dès juillet 2004, le PS tourne le dos aux libéraux pour s’allier au cdH à la Région wallonne. Avec le Contrat d’Avenir actualisé et le Contrat stratégique pour l’École, l’exécutif wallon et son homologue communautaire s’engagent dans une politique de synergies accrues au niveau francophone. L’accord PS-cdH s’intitule Wallonie-Bruxelles, 2004-2009 : une dynamique positive pour chacun.
S’appuyant sur Karl-Heinz Lambertz, Jean-Claude Van Cauwenberghe, Charles Picqué et Marie Arena, autant de ministres-Présidents socialistes, l’homme fort du PS incite la Wallonie à faire plus vite et mieux. « Il faut un plan Marshall à l’échelle de la Wallonie » (L’Écho, 11 juin 2005). Les démarches antérieures du ministre Marcourt permettent de mettre au point le « Plan d’actions prioritaires pour l’avenir wallon » dès la rentrée parlementaire de septembre 2005, moment où J-C. Van Cauwenberghe fait l’objet de nombreuses attaques médiatiques. Pour se défendre, il décide de renoncer à l’Élysette. Considéré par les médias comme le père spirituel du Plan Marshall, Elio Di Rupo finit par accepter de reprendre la présidence du gouvernement wallon (6 octobre 2005). Pilote du Plan Marshall, bourgmestre empêché, le ministre-Président wallon conserve la présidence du PS afin de pouvoir « continuer son œuvre de rénovation ». Après avoir passé le cap des communales de 2006 et des élections fédérales de 2007, E. Di Rupo confie la présidence du gouvernement wallon à Rudy Demotte et reprend à temps plein la présidence du PS (juillet 2007), au moment où s’amorcent les longues et difficiles négociations pour la formation du gouvernement fédéral. Critique à l’égard des négociateurs de « l’orange bleu », le PS réclame la constitution d’un Front francophone solide, affirme son attachement à l’unité belge et soutient les divers gouvernements « d’union nationale » qui se mettent alors en place avec des ministres PS, cdH, MR, VLD et CD&V (2007-2010). Élu député wallon au scrutin régional de 2009, Elio Di Rupo siège à Namur pendant un an.
Président du PS, il doit cependant constater l’échec du gouvernement Leterme II sur la question de BHV, suite à l’ultimatum de l’Open VLD. Le scrutin fédéral anticipé de juin 2010 se transforme en un véritable succès pour le PS. À l’exemple du Hainaut où la tête de liste est plébiscitée par les électeurs, le PS reprend au MR le leadership en Wallonie et à Bruxelles, tandis que du côté flamand, la NVA – séparée du CD&V – devient la première force politique. Abandonnant son siège au Parlement wallon, Elio Di Rupo revient siéger à la Chambre fédérale durant toute la durée de la formation d’un nouveau gouvernement.
Alors que les entités fédérées assurent sereinement la continuité de l’État, le « fédéral » connaît sa plus longue crise politique : 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions seront nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre). Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral ; premier à bien des égards, puisque depuis Edmond Leburton (1974) et depuis que la Belgique s’est radicalement transformée en un État fédéral, aucun Wallon et aucun socialiste n’avait occupé le 16 rue de la Loi. Par ailleurs, après Yves Leterme, il est le deuxième ancien ministre-président d’une entité fédérée à devenir Premier ministre de l’État fédéral.
En raison de ses nouvelles fonctions, Elio Di Rupo abandonne son siège à la Chambre fédérale. À la tête du PS, Thierry Giet assure l’intérim, organisant notamment la campagne électorale pour le scrutin communal. À Mons, où il est à nouveau candidat, le bourgmestre pourtant empêché est véritablement plébiscité, mais il reste bourgmestre en titre, Nicolas Martin assurant la continuité de la coalition PS-MR. Au fédéral, au-delà des questions socio-économiques, le Premier Ministre veille à l’exécution des accords institutionnels. Durant la courte législature 2011-2014, sont adoptées les nombreuses dispositions de la 6e Réforme de l’État, dont la scission de BHV, la réforme profonde du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées.
À nouveau candidat à la Chambre dans le Hainaut le 25 mai 2014, Elio Di Rupo est réélu à la Chambre fédérale. Très vite, avec Paul Magnette qui a succédé à Th. Giet à la présidence du PS, Elio Di Rupo négocie avec le cdH et parvient à un accord de majorité en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et, en associant le FDF et des partis flamands, en Région de Bruxelles-Capitale. Avec la désignation de Paul Magnette à la présidence du gouvernement wallon, Elio Di Rupo retrouve la présidence officielle du PS (juillet 2014) ; député fédéral, il reprend également sa fonction de bourgmestre de Mons. Quand le MR de Charles Michel parvient à un accord de majorité avec l’Open VLD, le CD&V et la NVA, le PS se retrouve dans l’opposition au fédéral. Sans négliger les dossiers liés à ses nouvelles fonctions (député et président du principal parti de l’opposition), le maïeur de Mons inaugure en janvier 2015 le programme des nombreuses activités de « Mons 2015, capitale européenne de la culture ».

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 202-209

conseiller communal de Mons (1983-)
échevin (1986-1987)
député (1988-1989)
membre du Conseil régional wallon (1988-1989)
député européen (1989-1991)
sénateur (1992-1995)
membre du Parlement wallon (1992-1995)
ministre de la Communauté française (1992-1994)
ministre et vice-Premier ministre fédéral (1994-1995)
député fédéral (1995)
ministre et vice-Premier ministre fédéral (1995-1999)
député fédéral (1999)
ministre-Président du gouvernement wallon (1999-2000)
député fédéral (2000-2005)
bourgmestre de Mons (2001-2005, 2007-2011, 2014-)
ministre d'État (2002)
ministre-Président du gouvernement wallon (2005-2007)
député fédéral (2007-2009)
député wallon (2009-2010)
député fédéral (2010-2011)
Premier ministre fédéral (2011-2014)
député fédéral (2014-)

Paul Delforge, décembre 2014