Robert Dussart

Marchienne-au-Pont 25/11/1921, Charleroi 16/07/2011

Député wallon : 1980-1981

Ouvrier sidérurgiste dans les années trente, militant syndical dès cette époque, déporté à Leipzig dans un atelier de construction métallique du 22 février 1943 au 11 mai 1945, Robert Dussart devient, à son retour au pays, délégué syndical permanent FGTB aux ACEC. Dans les années cinquante, il adhère au Parti communiste de Belgique et y devient secrétaire politique. Actif lors des événements de la Question royale et lors de la Grande Grève wallonne de l’hiver ’60-’61, il est élu au Comité central du Parti communiste de Belgique (1960-1989) avant d’entrer au Bureau politique (1971-1988). De 1971 à 1974, il est le directeur politique du journal Le Drapeau rouge. Assurant une grande présence sur le terrain, Robert Dussart peut être considéré comme « le » syndicaliste des ACEC. Pendant des années, tous les mouvements sociaux sont passés par son intermédiaire dans cette puissante entreprise carolorégienne.
Syndicaliste plutôt que politique, Dussart est néanmoins candidat à différentes élections. En avril 1977, sur une liste du PCB, il est élu directement au Sénat dans l’arrondissement de Charleroi-Thuin grâce au jeu de l’apparentement (avril 1977-décembre 1978). En 1978, Robert Dussart est confirmé dans son mandat sénatorial jusqu’en 1981. Seul sénateur communiste entre 1977 et 1978, il est rejoint par Claude Renard en 1979. Fidèles aux directives du PCB, les deux hommes ne contribuent pas à l’adoption des décisions législatives. Ils jouent leur rôle de mandataires de l’opposition et rejettent, par exemple, les lois d’août 1980 réformant les institutions (7 août). Néanmoins, Dussart et Renard assistent à la séance inaugurale du nouveau Conseil régional wallon, à Wépion, le 15 octobre 1980, et participent aux travaux de l’assemblée wallonne jusqu’en novembre 1981.
Président de l’aile francophone du PCB en 1986, Dussart devient, de facto, le premier président du Parti communiste wallon et francophone, après la scission définitive du PCB en deux ailes distinctes. Mais des conflits consécutifs aux élections communales de 1988 entraînent sa non réélection à la tête du PC en 1989 et même au Comité central en 1990. Avec la majorité des affiliés de la section des ACEC, il s’affilie alors à la fédération de Huy-Waremme du PCB. Depuis 1995 et son appel à voter pour Écolo, il avait rompu tous les liens avec le parti communiste. Avec Ernest Glinne et Jean Guy, il avait trouvé chez les Verts un nouvel « Espace citoyen » où débattre de ses espoirs d’un monde meilleur.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 229

sénateur (1977-1981)
membre du Conseil régional wallon (1980-1981)

Paul Delforge, décembre 2014