Claude Eerdekens

Ougrée 13/05/1948

Député wallon : 1985-1987 ; 1998-1991 ; 1992-1995 ; 2004-2007* ; 2009-2014

Docteur en Droit de l’Université de Liège (1972), avocat inscrit au Barreau de Huy, Claude Eerdekens installe son cabinet à Seilles. Militant socialiste, élu au Conseil communal de Seilles en octobre 1970, il devient échevin alors qu’il est toujours aux études. En 1972, il est propulsé à la fonction maïorale et devient le plus jeune bourgmestre du pays. Lors de la fusion des communes, Andenne entraîne Seilles en province de Namur et, de bourgmestre d’une commune de la province de Liège, Claude Eerdekens devient le bourgmestre d’une commune plus grande… en province de Namur (1977). Malgré des péripéties et dissensions locales multiples, il se maintient à la tête de la cité des Ours : en octobre 2012, il entame son huitième sextennat en disposant d’une forte majorité absolue (19 sièges sur 29).
Conseiller provincial de Liège (1974-1977), député de l’arrondissement de… Namur à partir de 1985, il siège pendant dix ans au Conseil régional wallon et au Conseil de la Communauté française. Cosignataire d’une proposition de décret visant à instituer Namur capitale de la Région wallonne et de son Exécutif (novembre 1985), le député est amené à voter les réformes institutionnelles de 1988-1989 et de 1992-1993. À partir de février 1989, il est le chef de groupe du parti socialiste à la Chambre : il va exercer cette fonction durant quinze ans, sans interruption (février 1989-juin 2004), optant pour la Chambre fédérale à partir de mai 1995.
Polémiste pour les uns, maladroit pour les autres, Claude Eerdekens est un habitué des déclarations fracassantes. Fin connaisseur du règlement de la Chambre, ne refusant aucun débat, il est capable d’éteindre rapidement un feu destiné à son parti, voire de semer la zizanie chez ses adversaires. Il ne compte plus les commissions parlementaires dans lesquelles il a siégé au nom du PS (Commission d’enquête « bis » sur les tueurs du Brabant (1996-1997), Commission d’enquête parlementaire « Dutroux et consorts » (1996-1997), Commission d’enquête Cools (1996-1997), Commission d’enquête Lumumba (2000), Commission d’enquête « Sabena » (2002-2003), etc.). Président de la Commission des Naturalisations (1992-2002), il est l’auteur de plusieurs propositions de loi visant à combattre les extrémismes, à lutter contre le révisionnisme et la négation des crimes commis par le nazisme. Sa proposition de loi visant à priver de dotation publique les partis coupables d’actes racistes ou de violations aux libertés fondamentales est adoptée par la Chambre le 10 décembre 1998, jour du 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (publication au Moniteur belge du 12 février 1999) mais n’entrera en application qu’à partir de 2005, au terme d’un parcours compliqué. Il défend également l’extension du droit de vote aux étrangers non-européens (texte voté en 2004 par une majorité alternative) et affiche un refus radical à toute demande d’amnistie.
En juin 2004, pour la première fois, Claude Eerdekens se présente au scrutin régional wallon et entre au Parlement wallon comme député direct. Pour une courte durée, car il est choisi comme ministre de la Communauté française en charge de la Fonction publique et des Sports dans le gouvernement présidé par Marie Arena (2004-2007). En milieu de législature régionale, Claude Eerdekens concourt à nouveau pour la Chambre fédérale (10 juin 2007) et son cuisant échec devant les électeurs lui coûte son portefeuille ministériel. Il retrouve les poussées d’adrénaline des débats de la Chambre fédérale (2007-2009) et reprend l’écharpe maïorale laissée à son suppléant depuis fin décembre 2006. En juin 2009, suppléant d’Éliane Tillieux devenue ministre, Claude Eerdekens retrouve le Parlement wallon. Sous une majorité PS, cdH et… Écolo, le député wallon maintient son hostilité viscérale à l’égard des « Verts », animant régulièrement le débat politique de ses prises de positions radicales. Ainsi fait-il clairement savoir que c’est contre son gré qu’il vote le décret décumul wallon (décembre 2010). En mai 2014, après trente années d’activités parlementaires, il n’est plus candidat, se consacrant exclusivement à son mandat municipal.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014)
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 231-232

conseiller communal de Seilles (1971-1976)
échevin (1971-1972)
bourgmestre (1972-1976)
conseiller provincial de Liège (1974-1977)
conseiller communal d’Andenne (1977-)
bourgmestre (1977-)
député (1985-1995)
membre du Conseil régional wallon (1985-1995)
député fédéral (1995-2004)
député wallon (2004)
ministre communautaire (2004-2007)
député fédéral (2007-2009)
député wallon (2009-2014)

Paul Delforge, décembre 2014