Oscar Englebert

Liège 1866, Liège 13/03/1933

Depuis 1877, une entreprise familiale installée dans le quartier des Vennes, à Liège, s’est spécialisée dans la fabrication de produits en caoutchouc : gommes, poupées, joints, flexibles, imperméables, chaussures, toiles, courroies pour machine, etc. Frais émoulu sorti de ses études, Oscar Englebert junior se voit confier la gérance de la Société en commandite O. Englebert Fils et Cie, fondée en 1892 et qui compte près de 250 ouvriers, surtout des femmes. Très vite, Oscar Englebert perçoit le parti qu’il peut tirer du développement de ces nouveautés que sont les vélos d’abord, les automobiles et les motos ensuite : les premiers pneus sortent de l’usine liégeoise vers 1897, bénéficiant de l’apport en brevets et équipements que lui procure la société allemande Continental Caoutchouc et Guttapercha, partie prenante de sa société. Assurément, le jeune entrepreneur wallon est à la tête d’une entreprise spécialisée dans un produit totalement innovant pour son époque. Très vite, il devient le principal producteur en Belgique et dans les Pays-Bas, et impose son nom à travers l’Europe notamment via les lauriers remportés lors de courses automobiles. Dès 1904, la société s’attache à développer des « pneus cloutés » qui seront commercialisés très rapidement. Elle réalise aussi une bande de roulement en zigzag sur le pneu pour éviter les dérapages…

Le 7 août 1914, la production est arrêtée et les bâtiments sont transformés en caserne pour l’armée allemande. Usant de son titre de consul d’Espagne et grâce à l’intervention du marquis de Villalobar, Oscar Englebert parvient à éviter le démantèlement complet de son entreprise par l’occupant.
Malgré les grandes difficultés générées par la période de la Grande Guerre, Oscar Englebert parvient à se hisser à nouveau parmi les plus grands producteurs mondiaux. On parle de 3.500 travailleurs en 1925, lorsqu’est inaugurée la toute nouvelle usine liégeoise. En 1929, une usine est construite à Aix-la-Chapelle, une autre verra le jour en 1936, en France sous la direction de Georges Englebert, le fils d’Oscar, après le décès de ce dernier survenu en 1933. Mais dès 1931, la spécialisation de l’entreprise s’était affichée dans son nouveau nom : Société du Pneu Englebert et Oscar Englebert était alors aussi connu que ses collègues Alberto Pirelli et Édouard Michelin. Le Figaro rend d’ailleurs compte de sa disparition en rappelant qu’il était président de la chambre syndicale des fabricants de caoutchouc, membre et longtemps vice-président de la Chambre syndicale des constructeurs d'automobiles et que, pendant vingt ans, il avait pris une part active à l'organisation des Salons belges de l'automobile. On était loin de la vente des gommes dans le petit magasin des origines, mais loin aussi de l’essor à venir, car les Englebert ne cessent d’innover.

Nicole CAULIER-MATHY, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 273-274

Suzy PASLEAU, Adélaïde Coudère, dans Dictionnaire des femmes belges, Bruxelles, Racine, 2006, p. 123-124

Uniroyal-Englebert. 1877-1977, s.l., 1977

Le Figaro, 14 mars 1933

Paul Delforge, décembre 2013