Bruno Fagnoul

Raeren 11/06/1936

Instituteur primaire, directeur de l’École primaire communale de Raeren (1974-1981), Bruno Fagnoul milite dans les rangs du parti libéral germanophone, le PFF. Lors des élections communales d’octobre 1976, les premières après la fusion des communes, il est élu conseiller communal de Raeren ; en 1981, lorsque se constitue le gouvernement Martens-Gol, il est attaché au Cabinet du vice-premier ministre liégeois (1981-1983). Ses préoccupations sont principalement tournées vers les modalités d’émergence de la Communauté germanophone.

La spécificité des communes « allemande » et de leurs 60 à 66.000 habitants est reconnue depuis la fixation de la frontière linguistique au début des années soixante. Lors de la révision de la Constitution en décembre 1970, l’article 59 ter reconnaît une Communauté culturelle de langue allemande et lui assure un Conseil culturel qui est mis en place en octobre 1973 sous la présidence de Johann Weynand. Bruno Fagnoul n’est élu qu’en avril 1977 dans ce premier conseil décentralisé de Belgique dont les membres émargent directement du suffrage universel. En 1980, il devient l’un des vice-présidents de ce Conseil.
Lors de l’adoption des lois d’août 1980, la Communauté germanophone comme la Région de Bruxelles sont mises au frigo. Pourtant, depuis 1979, une cellule « Communauté germanophone » a été créée au sein du Cabinet du Premier ministre Wilfried Martens. Finalement, la loi votée en décembre 1983 donne naissance à une véritable communauté germanophone qui disposera de son propre parlement élu directement et de son propre exécutif. En attendant le premier scrutin qui a lieu en décembre 1986, c’est Bruno Fagnoul qui devient le premier président de l’exécutif de la Communauté germanophone : il est à la tête d’une majorité tripartite, rassemblant libéraux, socialistes et catholiques (6 juin 1984-3 décembre 1986). Après le scrutin de 1986, Joseph Maraite devient le nouveau ministre-président, tandis que Bruno Fagnoul reste ministre dans la majorité CSP-PFF, aux côtés de Mathieu Grosch (1986-1990). Il est en charge de l’éducation, la formation, l’animation culturelle et des médias et, en 1989, il accueille les compétences de l’enseignement nouvellement transférées.

Devenu bourgmestre de Raeren au lendemain du scrutin d’octobre 1988, Bruno Fagnoul ne sera plus associé à l’exécutif germanophone, tout en restant l’un des 25 élus au Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft. Bénéficiant d’un fort soutien des électeurs (près d’un électeur sur 3 en faveur de son nom), il se consacre essentiellement à sa commune jusqu’en décembre 2000, année où il se retire de la politique, après avoir consacré beaucoup d’efforts pour trouver des solutions à la question des transfrontaliers, en particulier à l’implantation massive d’Allemands dans les communes de l’extrême est wallon.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Rik DECAN, Qui est qui en Belgique francophone 1985-1989, Encyclopédie biographique, Bruxelles, Lannoo, 1984, p. 397

Conseiller communal de Raeren (1977-2000)

Conseiller germanophone (1977-1995)

Ministre-président de la Communauté germanophone (1984-1986)

Ministre de la Communauté germanophone (1986-1990)

bourgmestre (1989-2000)

Paul Delforge, décembre 2013