Albert Frère

Fontaine-l’Évêque 04/02/1926,

En 1998, José-Alain Fralon consacrait une biographie à Albert Frère en évoquant explicitement, le « fils du marchand de clous ». Le propos n’avait rien de méprisant. La formule devait frapper les esprits et illustrer l’ascension phénoménale de celui qui est devenu l’un des hommes d’affaires les plus riches d’Europe. Ayant commencé son parcours en faisant commerce de tout, Albert Frère se spécialisa, dès les années cinquante, dans la sidérurgie, en rachetant des entreprises dans le bassin de Charleroi au point d’être à la tête de Thy-Marcinelle, et de Carlam. Il fut même désigné comme administrateur délégué de Cockerill-Sambre après la fusion des deux bassins wallons (1982). Mais la conjoncture donnait de forts signes de faiblesse, et il s’empressa de revendre ses parts dans l’acier, pour investir ses capitaux dans divers secteurs comme la banque, l’assurance (Royale belge), les médias (Bertelsmann, Dupuis), l’énergie (PetroFina, Total, Suez) et l’alimentaire populaire ou de luxe (Quick, Taittinger). L’achat du Groupe Bruxelles Lambert en 1982 a été sa première acquisition retentissante, la première d’une longue série de transactions. À la tête de la société CNP (1986), Albert Frère dirige depuis Gerpinnes un véritable empire financier. Sa fortune personnelle lui permet de figurer sur la liste des personnalités les plus riches du monde (selon le magazine Forbes).

FRALON José-Alain, Albert Frère : le fils du marchand de clous, Paris, Fayard, 1997
POTELLE Jean-François (dir.), Les Wallons à l’étranger, hier et aujourd’hui, Charleroi, Institut Destrée, 2000, p. 262
Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005

Paul Delforge, octobre 2011