Paul Furlan

Binche 3/11/1962

Député wallon : 1999-2004 ; 2004-2009 ; 2009* ; 2014*
Ministre wallon : 2009-2014 ; 2014-

Licencié en Administration publique de l’Université de Liège, courtier d’assurances, spécialiste en gestion des PME, ce Binchou d’origine, qui respecte la tradition annuelle des Gilles, est aussi un sportif, pratiquant le triathlon. Président de l’asbl Oxygène, groupement de sportifs amateurs de VTT, de vélo et de sports « extrêmes », il fait de son association une structure où le sport apparaît comme une réponse aux problèmes de délinquance, de drogue ou de handicap (1991). En 1992, il organise un raid Bruxelles-Paris en VTT, soit 500 km par tous terrains ; en 1993, c’est Maastricht qui est ralliée sous la bannière « Ma drogue à moi, c’est le sport ».
Repéré par l’ancien bourgmestre de Thuin, localité où il s’est établi, Paul Furlan entre au Conseil communal lors des élections d’octobre 1994. La majorité demeure présidée par le libéral Daniel Ducarme en coalition avec le PSC. Après quelques mois, Furlan remplace l’ancien bourgmestre socialiste Julien Brochard comme chef de groupe de l’opposition (1997). En cours de législature, le maïeur libéral ne sera pas insensible aux appels à la collaboration lancés par Paul Furlan, alors que les échevins PSC souhaitent échanger leurs attributions. Vice-président du Parc naturel de la Haute Sambre (1998-), Furlan multiplie les démarches pour fragiliser la coalition communale et améliorer le fonctionnement de son propre parti : en 1997, avec trois autres jeunes signataires, P. Furlan lance en effet un appel public à plus de démocratie et de transparence au sein de la Fédération socialiste de Thudinie.
Candidat socialiste au scrutin régional dans l’arrondissement de Thuin en juin 1999, P. Furlan est élu en bénéficiant des effets – ici très heureux – du système de l’apparentement. Membre du Parlement wallon et du Conseil de la Communauté française, il brigue surtout des fonctions au niveau communal en raison du départ de Daniel Ducarme pour Bruxelles : à la veille du scrutin (à partir de juin 2000), le collège thudinien présente cette étrange particularité de compter Paul Furlan comme échevin dans une majorité officiellement PRL-PSC… La situation se décante en octobre 2000, quand la liste COM-UNE de P. Furlan récolte 14 des 23 sièges ce qui lui permet de ceindre l’écharpe maïorale ; il entreprend une profonde transformation de Thuin, ambitionnant d’en faire « une véritable vitrine du développement durable en Wallonie en matière de solutions innovantes dans le domaine de l’énergie ». Avec 15 sièges en octobre 2006, Paul Furlan est véritablement plébiscité ; malgré sa majorité absolue, le PS reconduit son accord de majorité avec le MR dans un collège présidé par Paul Furlan.
En juin 2004, le PS enlève les trois sièges réservés à la circonscription de Thuin au Parlement wallon. Secrétaire du bureau du Parlement wallon (2004-2009), P. Furlan s’investit davantage dans le travail parlementaire régional, dénonce le sous-régionalisme et invite ses pairs à se recentrer sur leurs missions : contrôle de l’exécutif, proposition constructive pour l’avenir de la Wallonie (2007). Président de l’Union des villes et des communes de Wallonie (2006-2009), réélu de Thudinie au Parlement wallon en juin 2009, Paul Furlan hérite du portefeuille des Affaires intérieures, en charge des Pouvoirs locaux et du nouveau ministère de la Politique de la Ville au sein du gouvernement wallon présidé par Rudy Demotte (2009-2014).
Gardien du Code de la Démocratie locale et de la Décentralisation, ce spécialiste de la politique communale est le tout premier ministre wallon en charge de la Politique de la Ville ; il dispose aussi du Tourisme dans ses compétences. Solidaire des gros dossiers portés par le gouvernement de Rudy Demotte (Plan Marshall 2.vert, décret décumul, « Plan Routes », Plan Marshall à l’horizon 2022, nouveau CoDT, etc.), l’ancien responsable de l’UVCW prend une série d’initiatives dans son propre département : consolidation du Fonds des Communes, réforme du droit de tirage pour les travaux subsidiés, création d’un Fonds d’investissement en faveur des Pouvoirs locaux, réforme des grades légaux, réforme du financement des cultes, modernisation et réforme des Provinces (moins d’élus, limitation des dépenses, transfert de compétences : par exemple, il a été procédé au transfert des compétences Logement et Énergie, ainsi que des voiries provinciales des provinces vers la Wallonie). Bien qu’il ne soit pas en parfait accord avec le texte du décret, c’est encore le ministre Furlan qui est chargé d’appliquer l’une des dispositions de la DPR : le décret spécial imposant le décumul entre un mandat parlementaire régional et une fonction de bourgmestre, d’échevin et de président du CPAS est voté le 8 décembre 2010.
Avec Bruxelles et la Flandre, Paul Furlan parvient à signer un accord de coopération sur le statut des intercommunales interrégionales ; quant à son projet de réforme des intercommunales, il a suscité autant de résistances que ses tentatives pour définir des bassins de vie ; il publie d’ailleurs un ouvrage de réflexion sur ce sujet : Quelle(s) vision(s) pour le(s) territoire(s) wallon(s) ?. Responsable du Tourisme, le ministre lance plusieurs initiatives pour que le secteur se professionnalise davantage et pour donner plus de visibilité aux atouts wallons. Il soutient également plusieurs « grands projets de développement touristique » (les lacs de l’Eau d’Heure, le site de Waterloo, le beffroi et d’autres sites à Mons, le Musée du carnaval de Binche, une route Napoléon, le réseau des bistrots de terroir, etc.). On n’omettra pas de mentionner qu’en décembre 2012, l’Unesco inscrit officiellement l’ensemble des 15 marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Bourgmestre empêché par ses fonctions ministérielles (2009-2012), Paul Furlan reste la tête de liste PS au scrutin communal d’octobre 2012. En recul, le PS garde sa majorité absolue et associe le MR et le cdH au pacte de majorité. Bourgmestre empêché, il entend rester le seul porteur du titre de bourgmestre à Thuin et donne naissance au statut d’échevin délégué aux affaires maïorales (le Code parle d’une délégation de pouvoirs à un échevin) ; Marie-Eve Van Laethem est la première à exercer cette fonction et à présider ainsi le Collège communal (3 décembre 2012), tandis que Paul Furlan préside le Conseil communal.
Etablissant un nouveau record en voix de préférence en Thudinie lors du scrutin régional du 25 mai 2014, Paul Furlan vient à peine de prêter serment à Namur quand il est désigné à de nouvelles fonctions ministérielles dans le gouvernement wallon placé sous la présidence de Paul Magnette (été 2014). Paul Furlan reste ministre en charge des Pouvoirs locaux et de la Ville, perd le Tourisme, mais reçoit le Logement et l’Énergie, y compris les matières qu’il avait fait transférer des provinces vers la Wallonie.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 255-256
L’Almanach 2013-2014 : 5 ans d’Olivier,  cfr http://gouvernement. wallonie.be/sites/default/files/nodes/story/6275-webplaquette201314def148-5x210mmcmjn.pdf

conseiller communal de Thuin (1995-)
député wallon (1999-2009)
échevin (2000)
bourgmestre (2001-2009)
député wallon (2009)
ministre wallon (2009-2014)
bourgmestre empêché (2009-2012)
bourgmestre empêché et président du Conseil communal (2012-)
député wallon (2014)
ministre wallon (2014-)

Paul Delforge, décembre 2014