Albert Gehlen

Elsenborn 01/04/1940

Député wallon : 1981-1985 ; 1985-1987 ; 1988-1991 ; 1992-1995

Licencié en Philologie germanique de l’Université de Liège (1964), professeur de langue allemande à l’Institut Marie Goretti à Saint-Vith, Albert Gehlen s’engage définitivement en politique au début des années septante. Président du CSP (Christlichen Sozialen Partei) de 1971 à 1976, membre du Rat der deutschen Kulturgemeinschaft (1973-1974), il est élu au Conseil culturel de la Communauté culturelle de langue allemande lors du premier scrutin, en 1974. Régulièrement reconduit, il préside le RDG du 14 janvier 1977 au 8 novembre 1981. Si la Communauté germanophone dispose alors de son propre conseil culturel, elle n’a pas de réel pouvoir décrétal ni d’exécutif propre. Pour améliorer son statut et l’autonomie de la Communauté germanophone, Albert Gehlen se présente dans l’arrondissement de Verviers en novembre 1981, sur les listes du PSC. Député, il est régulièrement réélu, siégeant « à Bruxelles » jusqu’au 21 mai 1995, ainsi qu’au Conseil de la Communauté française et au Conseil régional wallon à Namur. De 1985 à 1987, il est le président de la Commission de l’Aménagement du Territoire, de la Vie rurale et de l’Eau du Conseil régional wallon.
Au Parlement, il est notamment amené à voter la loi du 17 mai 1983 qui accorde à la Communauté germanophone à la fois un exécutif propre et un pouvoir décrétal, avec davantage d’autonomie. Seul élu germanophone à siéger à la Chambre des représentants entre décembre 1991 et mai 1995, Albert Gehlen est aussi le seul élu germanophone à siéger au Parlement wallon et au Conseil de la Communauté française durant cette période. De plus, il présente l’autre particularité de cumuler le maximum de mandats politiques compatibles possibles à l’époque. En effet, lors des deuxièmes élections directes du Conseil de la Communauté germanophone, le 28 octobre 1990, Albert Gehlen figurait en dernière position sur la liste du ministre-Président sortant, à savoir Joseph Maraite. En réalisant le 4e score de la liste CSP, il décroche le droit de siéger parmi les 25 députés du Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft ; qui plus est, il préside son groupe politique. D’autre part, conseiller communal depuis 1983, il parvient à nouer une alliance entre son parti, le CSP et le Parti des Belges de Langue allemande : il devient ainsi le bourgmestre de Saint-Vith (1989-1994).
Les réformes adoptées en 1992-1993 concernant la réorganisation de la Chambre et du Sénat, la fin des cumuls et l’élection directe des parlementaires wallons notamment, conduiront à réduire quelque peu la voilure de celui qui est pourtant encore le président du Groupement européen des Ardennes et de l’Eifel (1991-1999) et membre du Conseil d’administration du Conseil supérieur des villes, communes et provinces de Wallonie (CSVCPW), installé à Namur en 1994. Méthodique, Albert Gehlen ne « brosse » aucune séance parlementaire, veillant constamment à ce que la représentation des germanophones soit partout garantie (Sénat, Parlement européen, emploi de la langue allemande, etc.). Il n’est pas suivi lorsqu’il propose la scission de l’arrondissement de Verviers.
Renvoyé dans l’opposition à Saint-Vith en 1994, A. Gehlen opte pour la continuité « au national » en mai 1995 et, suppléant, conserve son mandat de député fédéral, lorsqu’il remplace Melchior Wathelet nommé vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale. Désigné secrétaire du bureau de la Chambre, il devient ensuite président du groupe social-chrétien (1995-1999). Seul député fédéral germanophone, il siège aussi en qualité de « membre-associé » au Conseil de la Communauté germanophone. En juin 2004, après trente années de présence parlementaire sans interruption, Albert Gehlen renonce à se porter candidat au Parlement germanophone. Chef de file CSP dans l’opposition à Saint-Vith (1995-2006), Albert Gehlen met un terme à sa carrière politique en 2006.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 257-258

membre du Rat der deutschen Kulturgemeinschaft (1973-1974)
conseiller du Rat der deutschen Kulturgemeinschaft (1974-1981)
président du RDG (1977-1981)
député (1981-1995)
membre du Conseil régional wallon (1981-1995)
conseiller communal de Saint-Vith (1983-2006)
député du Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft (1990-2004)
bourgmestre (1989-1994)
député fédéral (1995-1999)

Paul Delforge, décembre 2014