Oscar-Paul Gilbert

Wanfercée-Baulet 21/09/1898, Uccle 22/12/1972

Le père d’Oscar-P. Gilbert est pharmacien et directeur de l’hôpital de La Louvière ; il est aussi un pionnier du socialisme dans le bassin de Charleroi et un militant wallon, manifestant des sympathies pour la France. Cet engagement explique pourquoi, quand la Grande Guerre éclate en août 1914, les Gilbert préfèrent trouver refuge à Paris. Doué en français et en histoire, le jeune Oscar-Paul entame des études en Philologie et en Histoire littéraire à l’École pratique des Hautes Études, mais n’y obtiendra pas de diplôme. Vers 1916-1917, il commence à écrire quelques poèmes qui seront publiés à Florence dans la revue italienne Luce Intra Vista. Il publie un essai consacré à La Wallonie (1916). Il participe à la naissance de L’Opinion wallonne et surtout de La Nouvelle Revue wallonne, organe de l’Union wallonne de France. À côté des Magnette et des Destrée, il y publie essentiellement des poèmes sans portée politique. Il collabore aussi à L’Éclair.
Incorporé dans l’armée belge en 1918, Oscar-P. Gilbert est démobilisé en 1919 et se retrouve seul à Paris, dans des conditions de vie précaires, palliant ses besoins par des travaux d’écriture sur commande. Ainsi une histoire sur Le travail du fer de l’Entre-Sambre et Meuse (l’histoire des premières forges), puis une Histoire de Mont-sur-Marchienne qui ne sera jamais éditée. À Bruxelles, il travaille aux éditions Églantine fondées par Arthur Wauters et, sous le pseudonyme de Gil, collabore au Peuple de manière de plus en plus régulière. Il trouve sa voie dans le grand reportage où il peut mêler littérature et journalisme.
Secrétaire général de La Voix (1929) puis de La République (1929), rédacteur en chef de La Revue internationale du Théâtre (1930), journaliste à Notre Temps (1933), Oscar-Paul Gilbert se fait un nom par ses reportages sur le Groenland, l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Extrême Orient. Attaché à la rédaction de Paris-Soir où il a un contrat d’exclusivité (1936-1939), il parcourt le monde pour Paris-Midi, Match, Marianne (1936), Voilà (1935-1939), France Soir (1949) et L’Aurore (1950).
Ses voyages lui inspirent des romans, dont Mollenard (Prix Picard 1936) est certainement le plus connu. Ce sera ensuite la saga des Bauduin (Bauduin des Mines, Carpant, Madeleine Bauduin, La Citadelle Bauduin). Affichant des idées gaullistes, O-P. Gilbert est arrêté par la Gestapo. En 1941, il publie La Légion des Vivants (Plon). Après la Seconde Guerre mondiale, il écrit un recueil de nouvelles liées à la Résistance, Le courage est quotidien, ainsi que La fin des Bauduin et continue de voyager. De son séjour au Congo (1946), il ramène L’Empire du Silence dans lequel il dénonce le comportement des colonisateurs. Il écrit aussi des dialogues et assure la direction artistique de cinq films tirés de ses œuvres. D’autres ouvrages seront portés à l’écran par de grands réalisateurs tels que Robert Siodmak, Christian Jacques, G.H. Pabst (Les pirates du rail, Mollenard, La piste du sud, Nord-Atlantique, Courrier d’Asie).
Au cours de cette même période, O-P. Gilbert produit de nombreuses pièces radiophoniques, dans le Nord de la France, à Lausanne ainsi que sur les ondes de l’INR ; il diffuse notamment sur les ondes de radio Namur, une série d’émissions, sous forme de feuilleton, consacrées à Vingt siècles d’histoire de la Wallonie (1955-1956).

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. II, p. 719
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. III, p. 51, 105, 116 ; t. IV, p. 418

Paul Delforge, décembre 2012