Charles Goossens

Chênée 28/09/1918, Chênée 23/10/2008

Député wallon : *1977 ; 1980-1981

Étudiant en Droit à l’Université de Liège, Charles Goossens voit ses études perturbées par la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans les brigades d’Irlande (1944-1945), il achève néanmoins ses études en 1945 et entame une carrière universitaire. Assistant à l’Université de Liège (1946), chargé de cours (1967), il devient professeur ordinaire de Droit public et en Sciences politiques à l’Université de Liège.
Parallèlement, il milite dans les rangs du PSB. Conseiller communal de Chênée élu en 1958, il devient échevin dix ans plus tard, rejoignant l’équipe que préside Maurice Delbouille depuis 1940. Quand son collègue (à l’Université de Liège et au Collège) décide de renoncer à se présenter en octobre 1970, c’est Charles Goossens qui lui succède comme bourgmestre (1971-1976), ayant ainsi l’honneur d’être le dernier maire de Chênée avant la fusion avec Liège. Avant la fusion, il concrétise un projet qui lui tient à cœur, celui de créer le Centre culturel de Chênée, lieu polyvalent de rassemblement populaire, s’inscrivant dans une dynamique d’ouverture, de rencontre et de mélange de publics différents (1974). Dans le grand Liège, Ch. Goossens achève sa carrière politique comme conseiller communal (1977-1984).
À différentes reprises, son nom figure également sur les listes du PSB lors des élections législatives. Il n’est cependant pas en ordre utile. Et lorsqu’il est désigné sénateur provincial en février 1977, c’est à un concours de circonstances très particulier qu’il le doit. En effet, après le décès du sénateur direct Edmond Cathenis, le PSB fait appel à Servais Thomas pour le remplacer. Le mandat de sénateur provincial détenu jusque-là par Thomas est attribué à Henri Schlitz (mars 1976). Or, ce dernier est désigné comme échevin dans le grand Liège en janvier 1977 et démissionne du Sénat. C’est alors que Charles Goossens hérite de ce mandat volant (février 1977), pour peu de temps puisque Leo Tindemans remet la démission de son gouvernement début mars... Il n’a donc guère le temps de boycotter les séances du Conseil régional wallon provisoire (février-mars 1977), par solidarité avec le PSB, car Charles Goossens est un partisan affirmé de la mise en place définitive d’un réel Conseil régional wallon, en application de l’article 107 quater de la Constitution. Désigné comme sénateur provincial (avril 1977-décembre 1978), il est ensuite coopté à partir de janvier 1979.
Au moment de la régionalisation définitive de l’État, il joue un rôle majeur en tant que président de la Commission de la Révision de la Constitution qui examine le projet 261 avec minutie et sérieux (octobre 1979-mars 1980) : ses conclusions (définition de la répartition des compétences, reconnaissance des Conseils régionaux comme assemblées politiques, etc.) constituent la base des réformes à venir, en dépit de l’opposition du CVP. Durant l’été 1980, Charles Goossens figure parmi les sénateurs qui votent les lois de régionalisation. Dès le 15 octobre, il siège au sein du nouveau Conseil régional wallon, établi provisoirement à Wépion. À nouveau, son expérience au Parlement wallon ne dure que quelques mois (1980-1981), car sa reconduction au Sénat se fait encore par cooptation entre 1981 et 1985.
Tout au long de son mandat sénatorial (1977-1985), ce spécialiste en droit public et en sciences politiques, collègue de François Perin à l’Université de Liège, n’a pas manqué de conseiller le PS(B) sur les subtilités et les enjeux des mécanismes institutionnels, proposant notamment un nouveau statut pour le Sénat.

cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 275

conseiller communal de Chênée (1959-1976)
échevin (1968-1970)
bourgmestre (1971-1976)
conseiller communal de Liège (1977-1984)
sénateur provincial de Liège (1977, 1977-1978)
membre du Conseil régional wallon provisoire (1977)
sénateur coopté (1979-1985)
membre du Conseil régional wallon (1980-1981)

Paul Delforge, décembre 2014