René Greisch

Stockem 18/02/1929, Liège 12/07/2000

Avant-dernier d’une famille de 13 enfants, René Greisch termine ses humanités à Liège, à l’Athénée que l’on appellera plus tard Liège I, contraint et forcé, suite à son exclusion de l’établissement d’Arlon qu’il fréquentait. Arrivé en bord de Meuse en 1941, il ne quittera plus la cité ardente : il y fera des études d’ingénieur civil se spécialisant dans le développement urbain (1951) à l’Université, avant de compléter sa formation par une licence en Architecture (1955). Il se spécialise aussi dans la recherche expérimentale dans le domaine des constructions métalliques. C’est là aussi qu’il crée son propre bureau (1959) appelé à connaître un développement exceptionnel, après quelques années passées auprès de G. Lassage (entre 1957 et 1969). C’est là encore que naît la griffe de l’ingénieur-architecte, créatif et novateur, artiste et expérimentateur. Le développement tardif du réseau autoroutier wallon procure à René Greisch ses premiers grands projets spectaculaires : long de 340 mètres, le haut viaduc de Sécheval (1975-1979) précède de peu le plus long et tout aussi haut viaduc de Remouchamps (939 mètres) sur l’autoroute E25, en attendant le viaduc de l’Eau-Rouge (1993).

Ensuite ce sont des ponts : à Lixhe, à Lanaye (1982), à Hermalle (1985). Ce dernier est d’emblée reconnu comme « plus bel ouvrage d’art en acier de Belgique » (1986) et distingué par le prix de la Convention européenne pour la construction métallique (1987). Le pont de Ben-Ahin (1987), avec ses 16.000 tonnes de poussée, est une performance mondiale du fait de sa construction par rotation. Le pont de Wandre (1989), quant à lui, est d’emblée considéré comme l’un des plus beaux d’Europe : techniquement et esthétiquement spectaculaire, le long de ses 500 mètres, ce pont est suspendu à un pylône central unique par un redoublement de 19 haubans doublés. Très vite, il fait l’objet d’une demande de classement auprès de la Commission royale des Monuments et des Sites à l’initiative du ministre wallon Robert Collignon qui salue ainsi un symbole du renouveau liégeois.

S’appuyant sur une forte expertise en Recherches et Développement, le bureau Greisch est à la pointe dans son secteur, car l’esthétique ne doit pas occulter les prouesses techniques : après Ben-Ahin, la construction du pont-canal de Houdeng par poussage d’une structure de 65.000 tonnes est une autre performance mondiale ; sans évoquer la construction par lançage du pont de Millau. Le savoir-faire du bureau Greisch se manifeste aussi du côté de l’Université de Liège qui laisse à l’ingénieur-architecte le soin de concevoir les Serres de l’Institut de Botanique (1976), d’étudier la résistance et la stabilité de la verrière du CHU (imaginée par Charles Vandenhove) et de concevoir le hall d’essai du Centre de recherche métallurgique, sur le site du Sart-Tilman.

Médaille d’Or Gustave Magnel 1989, Prix de l’Urbanisme de Liège 1993, prix « Limburg 94 »… René Greisch est de plus en plus sollicité pour participer lui-même à des jurys. S’il reste le patron historique du bureau qui porte son nom, sa société s’est considérablement étoffée et s’est transformée. En 1985, elle s’est constituée en société anonyme, sous le nom de « Beg » (Bureau d’études Greisch s.a.), avec René Greisch, Raymond Louis et Jean-Marie Cremer comme principaux actionnaires. À partir des années 1990, Jean-Marie Cremer – par ailleurs professeur à l’Université de Liège – devient l’administrateur-délégué d’une société en plein développement et diversification, et dont la contribution à l’installation du Pont de Millau, en France, ne constitue qu’une des facettes.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Jacques STIENNON, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995

Patricia JANSSENs, 3 questions à Jean-Marie Cremer, dans 15e jour, n°145, juin 2005

Principales réalisations :

  • 1975-1979 : viaduc de Sécheval
  • 1976 : serres expérimentales de l’Institut de Botanique Université de Liège
  • 1980 : viaduc de Remouchamps
  • 1979-1980 : Institut de Thermodynamique, Université de Liège (Sart-Tilman)
  • 1981 : laboratoires d’hydrodynamique, bassin de carènes, Université de Liège (Sart-Tilman)
  • 1980-1982 : pont de Lanaye sur le canal Albert
  • 1981-1985 : pont de Hermalle
  • 1985-1987 : pont de Ben-Ahin
  • 1984-1989 : pont de Wandre
  • 1990 : pont de Milsaucy
  • 1990-1994 : viaduc de l’Eau-Rouge
  • 1991-1995 : aménagement intérieur du Parlement wallon (ancien hospice Saint-Gilles)
  • 1995 : bâtiment tri-facultaire de l’Université de Liège (Sart-Tilman)
  • 1995-1998 : Moulins de Beez
  • 1998- : aéroport de Liège-Bierset
  • 1998-1999 : agrandissement du stade du Standard de Liège
  • 1997-2000 : pont du Pays de Liège, dit du Val Benoît et divers travaux sur la liaison E40-E25
  • 1998-2000 : stabilisation du Pass, site du Crachet
  • 1998-2000 : Institut de Mécanique et de Génie-Civil de l’Université de Liège (Sart-Tilman)
  • 1998-2001 : Pont-Canal du Sart, à Houdeng
Liens : 
Paul Delforge, décembre 2013