Léopold Harzé

Liège 29/07/1831, Liège 20/11/1893
Fils d’un marchand d’armes à feu, Léopold Harzé s’inspire de l’atmosphère du cœur de la ville de Liège où il a passé toute sa jeunesse, dès ses débuts de modeleur et de sculpteur. Fasciné par la vie et les mœurs locales, celui qui aida son père à la gravure et à la ciselure sur armes devient une sorte de « sculpteur dialectal », pour reprendre la formule de Joseph Philippe. Attirant le regard des passants, ses terres cuites animent les vitrines du magasin paternel (1858), avant d’être rapidement exposées à la Société d’Émulation (1859). Façonnant des personnages typiques et typés (botrèsses, cotîrèsses, etc.), il crée des scènes de la vie quotidienne, s’attarde aux anecdotes et rend des atmosphères. Ayant suivi des cours à l’Académie des Beaux-Arts de Liège (1845), élève de Gérard Buckens puis de Guillaume Geefs, Léopold Harzé a puisé dans son don d’observation la matière de ses « petites » sculptures réalistes et a ainsi créé un genre bien particulier.
Capable de portraits réalistes (le marbre du géologue d’Omalius d’Halloy, ou le bronze du portrait de Dorine) et de sculptures en bois pour les églises (quelques Vierges et une Sainte Barbe en bois dans l’église de Grâce-Berleur), Harzé a surtout réalisé « Le Marché de Liège » (1859), considérée comme sa pièce maîtresse, exemplative de son style et que l’on peut admirer au Musée de la Vie wallonne. Fixé à Bruxelles entre 1864 et 1882, il revient à Liège finir sa vie. C’est là que se trouve l’essentiel de sa collection, même si l’humour de ses scènes populaires a trouvé des admirateurs ailleurs en Europe.

Joseph PHILIPPE, dans Biographie nationale, t. XXXII, col. 281-285
Joseph PHILIPPE, Léopold Harzé, sculpteur « dialectal » liégeois 1831-1893, dans La Vie wallonne, t. XXIII, (1949), p. 199-207
Vers la modernité, le XIXe siècle au Pays de Liège, catalogue d’exposition (Liège, 5 octobre 2001-20 janvier 2002), Liège, 2001

 

Paul Delforge, septembre 2012