Louis Huart

Namur 05/10/1880, Namur 18/11/1964

Docteur en Droit, avocat inscrit au Barreau de Namur pendant 62 ans (1902-1964), élu quatre fois bâtonnier, Louis Huart s’engage en politique dans les rangs du parti catholique au sortir de la Première Guerre mondiale. Élu conseiller provincial de Namur (1919-1932), il préside les séances du Conseil entre 1928 et 1932. En janvier 1927, il fait ses débuts au Conseil communal de la ville et va y siéger pendant 35 ans. À peine deux ans après son élection, il est choisi comme échevin dans le collège présidé par Fernand Golenvaux ; il est en charge des Travaux publics. Au décès de ce dernier, Louis Huart le remplace (28 décembre 1931). Dans la ville où François Bovesse est sans nul doute son principal rival politique, Louis Huart dispose d’une majorité suffisante pour lui permettre de renouveler son mandat jusqu’au 10 octobre 1963 : pour des raisons de santé, il met alors un terme à 32 années de maïorat à la tête de la ville de Namur et cède ses fonctions à Fernand Pieltain.

Resté en poste entre mai 1940 et septembre 1944, à la tête d’une ville bombardée à 24 reprises, le maïeur Huart se distingua par sa détermination face aux autorités d’occupation : opposé au projet de « Grand Namur », il s’ingénia, avec l’ensemble des membres de son administration, à freiner et à saboter les réquisitions et les ordres émanant des Allemands comme des secrétaires généraux. La détermination des autorités namuroises contribua à protéger des Juifs, à empêcher les réquisitions de main d’œuvre et de marchandises, à secourir la population, etc. À titre personnel, Louis Huart apporta son aide à des aviateurs anglais et, en tant que président du Barreau de Namur, il participa aux réunions clandestines des bâtonniers de Belgique ; quant à son fils cadet, il fut arrêté par la Gestapo pour « délit patriotique » en 1942 et ne revint pas du camp de concentration de Boorgemoor. Malgré les dangers, dont l’assassinat de François Bovesse est le symbole le plus fort (1944), Huart demeura en poste jusqu’à la Libération, puis consacra beaucoup de son temps à la reconstruction de la cité mosane. À plusieurs reprises, il sera aussi appelé par Léopold III, en exil à Prégny, afin qu’il intercède au pays en faveur du retour royal. En guise de remerciement, le titre de baron lui sera conféré en 1954.
Si Louis Huart apparaît surtout comme le « bourgmestre de Namur », ce père de famille très nombreuse exerce encore d’autres responsabilités politiques, puisqu’il siège à la Chambre de 1932 à 1946 en tant que représentant de Namur, avant de gagner le Sénat de 1946 à 1958 comme élu de l’arrondissement de Namur-Philippeville. Une avenue le long de la Meuse, à Namur, porte le nom de celui qui exerça le plus long maïorat de la ville, depuis 1830.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Bénédicte HIERNAUX, La Résistance à Namur durant la Seconde Guerre mondiale, Mémoire en histoire, Université de Liège, inédit, 1991, t. II, p. 266-267

Conseiller provincial de Namur (1919-1932)
Conseiller communal de Namur (1926-1964)
Échevin (1929-1931)
Bourgmestre (1931-1963)
Député (1932-1946)
Sénateur (1946-1958)

Paul Delforge, septembre 2012