Claude Hubaux

Marcinelle 31/01/1920, Charleroi 2/09/1979

Parlementaire libéral wallon, Claude Hubaux est le dernier bourgmestre de la ville de Charleroi avant la fusion des communes en 1976.
Commerçant, combattant lors de la Campagne des 18 jours, en mai 1940, il milite dans les rangs libéraux depuis l’Entre-deux-Guerres. Trésorier puis secrétaire de la Jeune Garde libérale de Marcinelle dès 1937, Claude Hubaux en devient le président en 1945, puis fait partie du bureau de la fédération d’arrondissement de Charleroi du Parti libéral. Engagé dans des mouvements de défense des Classes moyennes, député libéral suppléant en 1958, il est attaché de Cabinet auprès du ministre des Affaires économiques Jacques Van der Schuren de 1958 à 1961. Président du cercle libéral de Charleroi, il devient secrétaire national adjoint du parti (1961) et participe à la fondation du PLP et à sa relance sous la conduite d’Omer Vanaudenhove.
Député PLP élu en mai 1965, Claude Hubaux s’impose comme une personnalité importante au sein de son parti dans l’arrondissement de Charleroi. Élu conseiller communal de Charleroi en octobre 1964, il en est immédiatement devenu échevin (1965), avant d’être appelé à remplacer le bourgmestre Octave Pinkers décédé. Exerçant cette fonction de 1966 à 1976, il est le dernier bourgmestre de Charleroi avant la fusion des communes et la constitution du grand Charleroi qu’il appelait de tous ses vœux.
Après le scrutin de mars 1968, l’élan du PLP depuis le début des années soixante est stoppée ; des tensions naissent entre les ailes flamande, wallonne et bruxelloise. Claude Hubaux contribue à l’affirmation de la sensibilité wallonne au sein de son parti qui se retrouve dans l’opposition. Néanmoins, à l’issue des importantes négociations institutionnelles entamées en 1968, il accepte, avec Pierre Descamps et Gérard Delruelle, de contribuer à apporter les voix nécessaires à former la majorité des deux tiers qui réforme la Constitution en 1970. Ainsi vote-t-il les articles 32 bis (création de groupes linguistiques au Parlement), 38 bis (procédure de la sonnette d’alarme), 59 bis (reconnaissance des conseils culturels), 59 ter (conseil culturel de langue allemande), 86 bis (parité dans la composition du Conseil des ministres), 91 bis (statut des secrétaires d’État), 107 quater (reconnaissance de trois régions) ou 132 portant sur le transfert de l’Université catholique de Louvain. L’influence des libéraux wallons est évidente. Cet apport est décisif. Mais contrairement au souhait de nombreux élus wallons, il n’y aura pas simultanéité dans la mise en place des Communautés (revendication flamande) et des Régions (revendication wallonne) ; l’application de l’article 107 quater va rester sur la table de nombreux gouvernements tout au long des années septante, de même que la question du statut des communes de Fourons, alors que le Conseil culturel de la Communauté française de Belgique se réunit pour la première fois le 7 décembre 1971.
Réélu en 1971 (6.100 vp.) et en 1974 (4.609), Claude Hubaux est un très éphémère Secrétaire d’État à l’Économie régionale wallonne, à l’Aménagement du Territoire et au Logement dans le gouvernement Tindemans du 25 avril au 11 juin 1974, avant d’être écarté lors de l’élargissement de la coalition au Rassemblement wallon. Il vote la régionalisation provisoire (loi ordinaire du 1er août 1974 qui définit notamment les limites de la Wallonie, la dote d’un budget, de compétences, d’un Comité ministériel et d’un Conseil régional au rôle consultatif), mais député, il ne siège pas au Conseil régional wallon provisoire réservé aux seuls sénateurs de Wallonie.
Député sortant en 1977, il doit encore faire place aux nouveaux membres du PLP wallon issus du Rassemblement wallon, depuis la fusion des deux partis en un PRLW. En deuxième position sur la liste du PRLW à Charleroi, il n’est pas réélu à la Chambre en avril 1977 ; en décembre 1978, il se présente au Sénat, sans plus de succès : cette fois, il est tête de liste d’un Parti libéral wallon dissident ; en juin 1979, il se présence encore au Parlement européen, sans plus de succès, sur une liste, toujours dissidente du PRLW, et intitulée Parti libéral wallon et européen.
Président du Ballet de Wallonie, Claude Hubaux en avait appelé, en 1970, à la solidarité wallonne, dans la mesure où seule la ville de Charleroi subventionnait cette œuvre culturelle, alors que le Ballet des Flandres était soutenu par l’ensemble de la Flandre. Il était aussi vice-président de l’Opéra de Wallonie et de l’Orchestre de Chambre de Wallonie.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse – Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. II, p. 818

Conseiller communal de Charleroi (1964-1976)
Échevin (1965-1966)
Député (1965-1977)
Bourgmestre (1966-1976)
Secrétaire d’État (1974)

Paul Delforge, décembre 2014