Léon Hurez

Strépy-Bracquegnies 3/06/1924, La Louvière 27/07/2004

Député wallon : 1980-1981
2e Président du Parlement wallon et Premier Président du Parlement wallon dans sa version définitive : 1980-1981

Régent scientifique de l’École normale de l’État à Nivelles (1946), fils de mineur, orphelin à 16 ans, Léon Hurez devient instituteur à l’Athénée de Soignies (1947), puis professeur en sciences et mathématiques à l’École moyenne de Houdeng-Aimeries (1948) et à l’École industrielle des apprentis mineurs (1961), non sans parfaire sa formation d’un diplôme à l’Institut supérieur de pédagogie de Morlanwelz (1959). Militant syndical CGSP et militant socialiste, farouche opposant au retour de Léopold III durant la Question royale, secrétaire régional CGSP enseignement, Léon Hurez participe aux travaux de la Commission permanente du pacte scolaire et, durant l’hiver ’60-’61, manifeste intensivement contre la Loi unique.
Élu député PSB en mars 1961 dans l’arrondissement de Soignies, il reste un militant wallon très actif dans la région du Centre, tant au sein de Wallonie libre qu’au Mouvement populaire wallon dont il est l’un des cinq représentants au sein du Collège exécutif de Wallonie (1963-1964). Quand la majorité PSC-PSB dépose un projet de loi sur le maintien de l’ordre qui s’apparente à la dénonciation de la Grande Grève, Léon Hurez figure parmi les jeunes socialistes wallons qui s’opposent à la direction du parti. Les rebelles récidivent lorsqu’est abordé le statut des Fourons. Comme Terwagne et Glinne, Hurez écope d’une interdiction de parole durant trois mois de la part du bureau du PSB. Sommé de choisir entre le parti d’une part, le MPW ou La Gauche d’autre part, il choisit de demeurer au sein du PSB afin d’y faire évoluer ses idées fédéralistes et progressistes (1964). Réélu député en mai 1965, il contribue, avec Fr. Terwagne, à la prise en considération de la question wallonne notamment lors des congrès socialistes wallons de Tournai et de Verviers (1967).
En 1970, le député Hurez vote avec empressement le projet de loi de décentralisation économique porté par Freddy Terwagne (juillet) ainsi que la révision de la Constitution (décembre). Contrairement à ses souhaits, il n’y aura pas simultanéité dans la mise en place des Communautés (revendication flamande) et des Régions (revendication wallonne) ; l’application de l’article 107 quater va rester sur la table de nombreux gouvernements tout au long des années septante, de même que la question du statut des communes de Fourons, alors que le Conseil culturel de la Communauté française de Belgique se réunit pour la première fois le 7 décembre 1971 ; L. Hurez y siège jusqu’en 1981.
Questeur à la Chambre (25 novembre 1971-27 janvier 1972), L. Hurez se voit confier un éphémère poste de ministre de l’Éducation nationale (f) (20 janvier 1972-26 janvier 1973) dans le dernier gouvernement de Gaston Eyskens. Au soir du scrutin du 10 mars 1974, négociateur officiel du Parti socialiste belge lors de la mission exploratoire de Leo Tindemans, Léon Hurez considère que les garanties sont insuffisantes en matière de réformes économiques et institutionnelles. Président du Comité permanent des Fédérations wallonnes du PSB depuis le décès de J-J. Merlot, son avis conduit le PSB à entamer une cure d’opposition de trois années. Rejetant le projet de régionalisation provisoire du duo Perin-Vandekerckhove, celui qui représente le PSB au sein du Conseil économique régional de Wallonie (1971-1980) réclame une régionalisation complète et contribue à un projet commun PSB-FGTB (1976).
Vice-Premier ministre dans le gouvernement Tindemans III et ministre de la Fonction publique (3 juin 1977-20 octobre 1978), L. Hurez participe aux longues négociations qui aboutissent au Pacte d’Egmont d’abord (7 juin 1977), aux Accords du Stuyvenberg ensuite (28 février 1978). Mis sous pression par les mouvements flamands, le Premier ministre Tindemans fait échouer le processus (11 octobre 1978). Vice-Premier ministre dans le gouvernement transitoire de Paul Vanden Boeynants (20 octobre 1978-3 avril 1979), L. Hurez ne verra ses efforts couronnés de succès qu’en 1980.
Président du Conseil culturel de la Communauté française de Belgique (10 avril 1979-3 novembre 1980), sixième titulaire du poste depuis la prestation de serment de Georges Dejardin en 1971, il contribue à la mise en place matérielle et légale des institutions wallonnes. Convoquant les parlementaires wallons pour entendre, officieusement, la déclaration de politique générale du Ministre-président wallon, Jean-Maurice Dehousse, il vote, durant l’été, la loi de régionalisation définitive créant des assemblées législatives délibérantes et des exécutifs responsables devant ces assemblées. Souhaitant symboliquement réunir le Conseil régional wallon avant le Vlaamse Raad, Léon Hurez et Louis Namèche (bourgmestre de Namur) prennent les dispositions nécessaires pour accueillir, dès le 15 octobre, la séance inaugurale du Conseil régional wallon dans la grande salle de l’hôtel Sofitel, à Wépion. Cette première séance qui doit être historique se transforme en une bataille de procédures, et il faut attendre la deuxième réunion, le 6 novembre, pour que soit officiellement élu le président du nouveau Conseil régional wallon, en l’occurrence Léon Hurez (6 novembre 1980-6 octobre 1981). Si l’on fait abstraction de la présidence de Franz Janssens à la tête du Conseil régional wallon provisoire (1974-1977), Léon Hurez peut être considéré comme le tout premier président du Conseil régional wallon définitif. Il s’agissait là du couronnement d’un parcours politique fortement axé sur la défense de la Wallonie. En novembre 1981, après vingt années d’activité parlementaire intense, Léon Hurez se retire sur ses terres hennuyères, ne conservant qu’une activité municipale.
Conseiller communal de Strépy-Bracquegnies élu en octobre 1964, il avait été désigné d’emblée comme bourgmestre de la localité surnommée « Rougeville » jusqu’à la fusion des communes, tant le PSB y était dominant. Par l’arrêté royal de décembre 1975, Strépy-Bracquegnies est intégrée dans le « grand La Louvière ». Léon Hurez en devient le premier bourgmestre (janvier 1977). Empêché par ses fonctions ministérielles (1977-1979), il n’exerce réellement ses nouvelles fonctions maïorales qu’à partir de 1979. Il y met un terme en 1984 et achève sa dernière législature comme conseiller communal (1984-1988).

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 328-330

député (1961-1981)
conseiller communal de Strépy-Bracquegnies (1965-1976)
bourgmestre (1965-1976)
ministre (1972-1973)
conseiller communal de La Louvière (1977-1988)
bourgmestre (1977-1984)
vice-Premier ministre (1977-1978)
Président du Conseil culturel de la Communauté française (1979-1980)
membre du Conseil régional wallon (1980-1981)
Président du Conseil régional wallon (1980-1981)

Paul Delforge, décembre 2014