Jean-François Istasse

Uccle 27/11/1950

Député wallon : 1995-1999 ; 1999-2004 ; 2004-2009

Licencié en Droit de l’Université de Liège (1973) et disposant d’une maîtrise en Management public de l’École de Commerce Solvay (Université libre de Bruxelles), Jean-François Istasse milite de longue date dans les instances du parti socialiste. Affilié depuis 1969, président des Étudiants socialistes verviétois, secrétaire fédéral des Jeunes socialistes, il est élu conseiller communal de la ville de Verviers au moment de la fusion des communes. Régulièrement réélu, il fait partie de la majorité sous le maïorat de Hubert Parotte puis de Henri Leclercq (1977-1982), et siège ensuite dans l’opposition jusqu’au soir des élections d’octobre 1994. De 1983 à 1989, il siège en tant que membre du RPSW, le parti socialiste et le Rassemblement populaire wallon ayant fait cause commune à Verviers lors du scrutin d’octobre 1982. De 1989 à 1994, il est le chef de file de l’opposition.
Permanent Setca-FGTB à Verviers (1973-1985), attaché au Cabinet du ministre-Président de la Région wallonne (1983-1985), Jean-Maurice Dehousse, il devient conseiller à la Société provinciale d’Industrialisation (SPI) à Liège (1986), puis conseiller à la Cellule administrative provisoire du Ministère de la Région wallonne chargée de la mise en place de la Société wallonne des Distributions d’Eau (septembre 1986-janvier 1988), avant de réussir l’examen de recrutement du SPR et d’être engagé comme conseiller juridique à la SWDE (1er janvier 1988). Conseiller provincial de Liège (1988-1995), le parcours politique de J-F. Istasse s’accélère en 1994.
Lassé des libéraux d’André Damseaux, Melchior Wathelet se tourne vers le PS en octobre 1994. Président de la Fédération verviétoise du PS depuis 1992, J-F. Istasse négocie la formation de la nouvelle majorité et devient Premier échevin, en charge des Finances (1er janvier-1er octobre 1995). Suppléant lors du scrutin régional de mai 1995, il est appelé à remplacer Yvan Ylieff désigné ministre fédéral. Prêtant serment au Parlement wallon (27 juin), J-F. Istasse se met en congé politique comme directeur à la Société wallonne des Distributions d’Eau (1991-1995), cède son mandat de conseiller provincial, renonce à sa fonction d’échevin, les statuts du PS n’autorisant pas le cumul échevin-député (octobre 1995), et finalement abandonne aussi son mandat de conseiller communal et de chef de groupe quand il remplace Henri Mouton comme sénateur de communauté francophone (1998). Réélu en 1999 et 2004, J-F. Istasse reste député wallon, sénateur de communauté et membre du Parlement francophone. En plus des débats sur les questions éthiques (« euthanasie ») et relatives à l’élargissement du droit de vote, il préside le groupe de travail qui entreprend de moderniser et de réécrire le texte de loi sur les asbl.
Administrateur de la RTBf au début des années nonante, président de la Commission « médias et nouvelles technologies » au sein du PS, membre du Conseil d’administration de Télévesdre, dont il est l’un des fondateurs en 1979, J-F. Istasse préside, à partir du 20 septembre 2001, la Fédération des Télévisions locales de Wallonie et de Bruxelles, plus communément appelée Vidéotrame. Chef de groupe socialiste au Parlement de la Communauté française (15 juillet 2003), il est désigné comme président de l’assemblée communautaire, le 28 octobre 2004. Il devient ainsi le dix-neuvième président du Parlement de la Communauté française (2004-2009).
Contribuant avec Claude Desama au succès du PS au scrutin communal de 2006, J-F. Istasse fait partie du collège communal en tant qu’échevin de la Culture, du Budget et des Finances. Du fait de l’incompatibilité du mandat communal avec celui de sénateur de communauté, il renonce à son mandat sénatorial (1er décembre 2006), où il n’est pas remplacé avant les élections de juin 2007. Il reste député wallon et surtout président du Parlement de la Communauté française jusqu’en juin 2009. Premier candidat suppléant au scrutin wallon de juin 2009, J-F. Istasse bénéficie du fait qu’Edmond Stoffels prête serment en allemand à Namur pour le remplacer au seul Parlement de la Communauté française, astuce institutionnelle imaginée par André Damseaux en 1995 et reconnue par une loi spéciale en mars 1996. Il reste l’un des vice-présidents de l’assemblée (juin 2009-2014). Président de la Commission de la Culture, de l’Enseignement et de la Santé, il préside aussi le Comité de pilotage des États généraux des médias d’information (45 séances, trois ateliers et une publication de près de 400 pages). Membre effectif du Comité des Régions, il est aussi membre effectif du Conseil parlementaire interrégional.
Lors du scrutin communal d’octobre 2012, le PS perd près de 8%, reste toutefois le premier parti sur la place de Verviers, mais est renvoyé dans l’opposition, le partenaire MR acceptant de signer un nouveau pacte de majorité avec le cdH. Dernier sur la liste, J-Fr. Istasse redevient conseiller communal et siège sur les bancs de l’opposition. En mars 2013, quand Muriel Targnion démissionne de son mandat de sénatrice de communauté, Jean-François Istasse la remplace. Durant les quelques mois qui terminent cette courte législature, il adopte parmi beaucoup d’autres textes législatifs l’ensemble des dispositions de la 6e Réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions, le transfert de compétences vers les entités fédérées et la réforme du Sénat. Désormais, les sénateurs seront désignés par les entités fédérées (50) ou cooptés (10).
2e suppléant lors du scrutin régional de 2014 dans la circonscription de Verviers, Jean-François Istasse met un terme à sa carrière parlementaire. Passionné d’égyptologie, il donne des conférences sur ce sujet, mais aussi sur la comptabilité et le fonctionnement des asbl ; il a d’ailleurs contribué à deux ouvrages sur la manière de gérer concrètement ces associations.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 331-332

conseiller communal de Verviers (1977-1998)
conseiller provincial de Liège (1988-1995)
échevin (1995)
député wallon (1995-2009)
sénateur de communauté francophone (1998-2006)
président du Parlement de la Communauté française (2004-2009)
conseiller communal (2006-)
échevin (2006-2012)
député du Parlement communautaire francophone (2009-2014)
sénateur de communauté (03/2013-2014)

Paul Delforge, décembre 2014