Louis-Thomas Jurdant

Soumagne 30/12/1909, Strasbourg 31/07/1982

À l’ombre de Simenon et de Steeman, Louis-Thomas Jurdant a été l’un des écrivains les plus prolifiques de son temps, celui des années 1930 à 1950 où ses romans policiers, plusieurs dizaines, jouissaient d’une belle popularité. Utilisant de nombreux pseudonymes, il égara ses lecteurs et les historiens de la littérature qui ne reconnurent pas en lui l’égal de ses deux illustres voisins. Signant Hubert Toussimple, J. de Franque B., J. de Franque N., Hubert du Boy (ou Dubois), James Lawrence Greenflash ou Ted Greenflash, il garde le souvenir marquant de ses origines. Le pseudonyme J. de Soumagne rappelle qu’il est né dans une famille d’agriculteurs établie depuis plusieurs générations à Soumagne avant de déménager à Grivegnée en 1912 ; il fut marqué par son village natal où son oncle était régisseur du domaine de Wégimont. Sa plume s’était exercée comme journaliste dans la presse catholique quand, après un séjour en Angleterre, il se lança dans les romans policiers. Ses éditeurs furent nombreux, des éditions de Rex à Jean Dupuis, avant de percer en France (dans les collections Le Masque, L'Arc-En-Ciel, Le Sphinx, Le Jury, Le Vampire). Parmi les personnages récurrents (Joe Harris et Torkanay), celui qui s’impose le plus est John Sunkist, qui précède la police pour résoudre les énigmes les plus épaisses. Si l’atmosphère de ses romans est généralement anglo-saxonne, Jurdant n’en oublie pas la Meuse et le pays de Liège (Dérive, 1943).
Après la guerre, il tente de lancer une revue, La Vie illustrée, à l’esprit moraliste chrétien assez marqué. Le 25e et dernier numéro de l’hebdomadaire sort en août 1949, sans avoir convaincu le public. Quand, en 1950, il entre à la direction de l’Information du Conseil de l’Europe, L-T. Jurdant s’établit dans la capitale alsacienne et sa production littéraire se fait moins dense. Poète, il fait explicitement allusion à sa terre natale dans Images de mon pays. Il est aussi auteur de pièces radiophoniques, de feuilletons pour les quotidiens et revues. Grand Prix international de Poésie en 1962, l’année avant Léopold Sedar Senghor, il avait aussi été scripteur radio auprès de Radio Strasbourg.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Paul Delforge, septembre 2012