Elmar Keutgen

Eupen 04/01/1948

Député wallon : 1999-2004

Docteur en Médecine de l’Université catholique de Louvain (1973), Elmar Keutgen établit son cabinet de médecin généraliste à Eupen en 1973 et se spécialise en médecine du Sport ; il décroche une licence à l’Université catholique de Louvain en 1987. Il devient alors médecin responsable du Centre de Médecine du Sport de la Communauté germanophone. Parallèlement, il avait été joueur de football à l’AS Eupen puis au CS Verviers, dont il défendit les filets pendant plusieurs saisons dans les années septante. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait été choisi comme président du COIB de la Communauté germanophone.
Conseiller communal CSP d’Eupen élu en 1988, échevin de l’Environnement et de la Jeunesse (1989-1994), Premier échevin en charge des Finances et de l’Urbanisme (1995-2000), toujours dans une coalition PFF-CSP dirigée par Fred Evers, il entraîne son parti, le CSP, à se lier au PDB en octobre 2000 : repoussant le PFF de Fred Evers dans l’opposition, El. Keutgen devient le nouveau bourgmestre de la capitale de la Communauté germanophone.
À la fois deuxième candidat PSC au scrutin régional wallon et candidat CSP au Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft en mai 1995, Elmar Keutgen est élu député de la Communauté germanophone et y siège jusqu’au 12 juin 1999. À cette date, il est élu au Parlement wallon mais pas à Eupen. Considérant qu’il lui est impossible de siéger au Conseil de la Communauté française, il refuse de venir prêter serment en français à Bruxelles. Cette nouvelle situation institutionnelle ne sera réglée qu’après l’adoption d’une nouvelle disposition légale, à la Chambre fédérale (fin mars 2002), qui autorise la désignation du premier suppléant comme député de la Communauté française, même si le titulaire ne siège pas au Parlement germanophone.
En entrant au Parlement wallon, en 1999, Elmar Keutgen n’a pas caché son intention d’être un représentant de « sa » Communauté auprès de l’assemblée wallonne, notamment pour débattre du transfert de nouvelles compétences. En juin 2004, il ne se présente plus au Parlement wallon, mais retrouve le Parlement de la Communauté germanophone (2004-2009).
Mais l’essentiel de son temps, Emar Keutgen le consacre à ses occupations de médecin et surtout à sa fonction de bourgmestre d’Eupen où il a été nommé en janvier 2001. À ce moment, son parti, le CSP, a tourné le dos au PFF de Fred Evers pour former une majorité avec le PDB (Parti des Belges de Langue allemande). En octobre 2006, la coalition a été reconduite in extremis. Elmar Keutgen avait reçu le soutien personnel de 2.000 électeurs, mais il ne devait sa majorité qu’au soutien du seul élu du PDB. Avec 13 sièges sur 25 au Conseil communal d’Eupen, sa majorité ne tenait qu’à un fil. Avec la disparition du PDB au scrutin de 2012, la lutte est plus que jamais ouverte. En octobre, le maïeur sortant ne réalise plus que 1.722 vp, certes le meilleur score tous partis confondus, mais sa formation, le CSP, perd près de 10% de son électorat. En signant un pacte de majorité, le PFF, Écolo, grand gagnant du scrutin, et le SP+, rejettent ainsi le CSP dans l’opposition. Karl-Heintz Klinkenberg ceint l’écharpe maïorale, tandis qu’Elmar Keutgen se retrouve sur les bancs de l’opposition. Depuis la fusion des communes, en 1976, c’est la première fois que les chrétiens germanophones ne sont pas au pouvoir à l’hôtel de ville d’Eupen.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 343-344

conseiller communal d’Eupen (1989-)
échevin (1989-2000)
député du Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft (1995-1999)
député wallon (1999-2004)
bourgmestre (2001-2012)
député du Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft (2004-2009)

Paul Delforge, décembre 2014