Louis Joseph Lahure

Mons 29/12/1767, Bouchain 24/10/1853

Général d’empire, dont le nom est inscrit du côté sud sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile à Paris, Louis Lahure est un Wallon né à Mons alors dans les Pays-Bas autrichiens, à la carrière militaire particulièrement riche de péripéties. Ayant abandonné ses études à l’Université de Louvain pour rejoindre les troupes insurrectionnelles brabançonnes, il est tour à tour dans les rangs de l’armée de Van der Mersch, puis de Schoenfeld, et trouve sa vocation dans les campagnes menées contre les Autrichiens. Lors de la première restauration autrichienne, il trouve refuge en France, auprès du Comité belge à Lille. Là, Lahure rassemble une troupe dont il assure le commandement lorsque la jeune République déclare la guerre à l’Autriche. Ayant rejoint les armées de Dumouriez, il fait campagne dans le Tournaisis et en Flandre, il prend une part active à la défense de Lille (octobre 1792) et participe à la prise de la citadelle d’Anvers (novembre), ce qui lui vaut d’être nommé chef de l’un des bataillons « belges » (1793). Après la bataille de Neerwinden et la retraite de Famars (1793), il est aux côtés de Jourdan à Wattignies, avant de faire la bataille de Belgique et de Hollande en 1794-1795, attaché au corps d’armée du général Pichegru. C’est là qu’il se distingue particulièrement, en pénétrant parmi les premiers dans les principales villes des Provinces-Unies. De surcroît, pendant l’hiver 1795, le lieutenant-colonel Lahaure parvient, avec un corps de cavalerie, à s’emparer par surprise d’une quinzaine de bâtiments britanniques – de guerre et de commerce – emprisonnés dans les glaces du Texel, à hauteur du Helder (22 janvier 1795). Qu’une flotte soit ainsi capturée par une charge de cavalerie est assez unique dans les annales militaires.

Après avoir combattu en pays wallon pour assurer l’absorption des nouveaux départements à la République, Lahure trouve d’autres champs de bataille de l’autre côté du Rhin, puis participe à la campagne d’Italie (1797-1799). Recevant un sabre d’honneur (1798), il n’échappe pas à l’armée russe, en juin 1799, qui le fait prisonnier au moment de son transfert à Plaisance : ayant laissé une jambe lors de la bataille de La Trébie, il est libéré sur parole, renvoyé en France, mais son état de santé ne lui permet plus de combattre.

Désigné général de brigade par le Directoire exécutif (19 octobre 1799), Louis-Joseph Lahure est désigné comme député au Corps législatif, en tant que représentant de son « pays » natal, le département de Jemmapes (22 mars 1802). Décoré de la Légion d’honneur, chargé du commandement du Département du Nord (1809), chevalier (1811) puis baron (1813) de l’Empire sans jamais bénéficier de la moindre dotation, il embrasse la cause royaliste en août 1814, obtient la nationalité française en décembre 1814, reprend le commandement du département du Nord (15 avril 1815) pendant la campagne des Cent Jours, celui de la place de Douai (3 mai) qu’il ne rendra que le 13 juillet sur ordre de Louis XVIII.

Admis à la retraite en 1818, Lahure reprend du service en août 1830 comme commandant d’une division du Nord et quand il est mis en disponibilité en mars 1831, il vient se mettre au service du nouveau royaume de Belgique. Lieutenant-général pour la Belgique, il reçoit les honneurs tant du royaume de France que de celui de Belgique. Il ne sortira plus guère de sa retraite, qu’il passe au château de Wavrechain-sous-Faulx près de Bouchain.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Charles MULLIÉ, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, Paris, 1852, t. 2, p. 149-151 (en ligne)

Capture de la flotte hollandaise au Helder. (2013, septembre 5). Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Louis Joseph Lahure. (2013, mai 23). Wikipédia, l'encyclopédie libre. (s.v. octobre 2013)

Député représentant le département de Jemmapes (1802-1813)

Paul Delforge, décembre 2013