Firmin Lambot

Florennes 14/03/1886, Borgerhout 19/01/1964

Au lendemain de la Grande Guerre, la vie reprend progressivement son cours que ce soit dans les écoles, les usines ou les loisirs. Durant l’été 1919, l’épreuve par étapes du Tour de France cycliste consacre un Wallon : Firmin Lambot. Il est le premier cycliste wallon à remporter cette épreuve, l’année même où un maillot distinctif, de couleur jaune, est attribué au leader de l’épreuve.

Coureur cycliste avant la Grande Guerre, il a repris la compétition dès 1919, d’arrache-pied, histoire de rattraper les quatre années perdues. Passé professionnel en 1908, il n’avait remporté aucun succès probant, accumulant les accessits. Prenant part à son premier Tour de France en 1911, il s’y révèle bon grimpeur, remporte deux étapes avant-guerre et se classe parmi les deux premiers au général, en 1913 et 1914. Peu de temps après la dernière étape, les coups de canon retentissent. Les compétitions sont suspendues et Firmin Lambot s’installe près d’Anvers, ville d’origine de son épouse, et y tient commerce.

Après l’Armistice, il reprend la compétition et participe à la Grande Boucle dans une équipe professionnelle. L’épreuve est particulièrement difficile ; sur les 69 concurrents du départ, seuls 11 rallieront la ligne d'arrivée, à Dunkerque. Souvent bien placé, Firmin Lambot bénéficie de la défaillance d'Émile Masson, puis des ennuis mécaniques que connaît Eugène Christophe lors de l'avant-dernière étape, pour prendre la tête du classement général. Le lendemain, il devient le premier cycliste wallon à remporter le Tour de France. En 1922, il réédite son exploit et ajoute quelques lignes aux statistiques de la légendaire course par étapes : à 36 ans, 4 mois et 9 jours, Firmin Lambot est le vainqueur le plus âgé ; il participe aussi à la légende du fait qu'il est le premier à s'imposer au général sans avoir gagné la moindre étape !

Après deux derniers Tours qu’il doit abandonner, Firmin Lambot met un terme à sa carrière sportive : 2 classements généraux et 6 étapes sur le Tour de France et seulement de belles places sur les courses d’un jour. Bénéficiant de la part de Peugeot, équipe pour laquelle il roulait en 1914 et roulera en 1922-1923, d’un petit capital de dédommagement pour les années d’inactivité contrainte en raison de la guerre, Firmin Lambot prend d’abord un commerce de cycles qu’il ouvre à Anvers, avant de se lancer dans la fabrication des « cycles » portant son nom, toujours à Anvers, ce qui valut à Lambot d’être surnommé « Le Wallon Anversois ». Tout au long de son existence, il restera en contact étroit avec Léon Scieur, autre habitant de Florennes, lui aussi vainqueur du Tour de France.

Pierre CHANY, La fabuleuse histoire du Tour de France : livre officiel du centenaire, Genève, Minerva, 2004, p. 176-178

Dries VANYSACKER, Le cyclisme en Wallonie jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, dans La préhistoire latine du mot Wallonie, dans Luc COURTOIS, Jean-Pierre DELVILLE, Françoise ROSART & Guy ZÉLIS (dir.), Images et paysages mentaux des XIXe siècle et XXe siècle siècles de la Wallonie à l'Outre-Mer, Hommage au professeur Jean Pirotte à l'occasion de son éméritat, Louvain-la-Neuve, Academia Bruylant, Presses Universitaires de l'UCL, 2007, p. 35-48, 147-172

Théo MATHY, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995

Paul Delforge, décembre 2013