Auguste Lelièvre

Paris 4/08/1796, Seraing 15/02/1879

Fils du minéralogiste Hughes Lelièvre, polytechnicien, Auguste Lelièvre est, avec François Kemlin, l’un des deux fondateurs de la cristallerie du Val Saint-Lambert. C’est à Vonêche, en province de Namur, qu’Auguste Lelièvre apprend son métier de verrier au contact du maître et propriétaire de l’époque, Aimé-Gabriel d’Artigues. Vers 1820, un autre Français, François Kemlin, l’initie aux techniques traditionnelles et tente d’améliorer la qualité du verre et du cristal produit. Devant le refus de d’Artigues de leur vendre Vonêche, les deux jeunes cherchent fortune ailleurs.
Rapidement, ils jettent leur dévolu sur une abbaye cistercienne abandonnée qui présente, par sa situation privilégiée, toutes les conditions requises pour y installer une manufacture de cristaux. Dès 1825, le Val Saint-Lambert est acheté, avec l’aide du baron de Bonaert, et aménagé par Auguste Lelièvre qui accompagne François Kemlin dans son entreprise. Ils sont aidés par une douzaine de verriers, transfuges de Vonêche. Un an plus tard, à peine le premier four était-il allumé (mai) que naissait la Société anonyme des Verreries et Établissements du Val-Saint-Lambert, comptant parmi ses actionnaires le roi Guillaume Ier d’Orange et d’autres financiers-industriels. Plus moderne et plus performante, s’approvisionnant de houille auprès du charbonnage d’Yvoz, la cristallerie serésienne s’impose sur de nombreux marchés et contraint Vonêche à la fermeture (1831).
Directeur technique (1826-1838), Auguste Lelièvre remplace ensuite Kemlin comme directeur général (1838-1863), la cristallerie étant passée en 1836 entre les mains de la Société générale de Belgique. La production à cette époque est essentiellement constituée de bouteilles et de verre à vitre, mais petit à petit, elle prend la voie de la gobeleterie commune (demi-cristal). Le Val Saint-Lambert acquerra sa réputation internationale avec Jules Deprez, le successeur de Lelièvre qui en avait partagé la naissance avec Kemlin. Les deux hommes qui sont encore à l’origine de la Société de Vedrin spécialisée dans la fabrication d’acide sulfurique (1840), ont aussi développé une action sociale au Val-Saint-Lambert : construction d’habitations pour les ouvriers, création d’une caisse d’épargne et d’une caisse de secours aux malades, ainsi que de cercles de musique et de dessin.

Rosette CHONÉ, La circulation des idées et des hommes entre Meuse et Rhin, Metz, 2010
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts – culture, t. II, p. 286-287 ; t. IV, p. 213
Musée des Beaux-Arts, Exposition Le romantisme au pays de Liège, Liège, 10 septembre-31 octobre 1955, Liège (G. Thone), s.d., p. 219

Paul Delforge, septembre 2012