Jean-Guillaume Levaux

Charneux 14/02/1857, Göschenen (Suisse) 3/05/1900

Dans l’histoire de la bande dessinée en Wallonie, le nom du Père Jean-Guillaume Levaux doit être mentionné. En 1896, en effet, ce dernier publie à Namur Li Vicarèie di Simon et Lina mèttowe è ligwet, sous-titré « conte en flamand » qui est une adaptation des aventures des deux garnements de Wilhelm Busch, qui racontait l’histoire de Max et de Moritz et fit rire toute l’Allemagne en 1865. Cette adaptation illustrée de petites vignettes n’est qu’une péripétie dans l’histoire du Père Levaux. Entré en religion dès 1876, il fait son noviciat à Arlon, étudie la philosophie à Tronchiennes (1880), enseigne et surveille dans des divers collèges jésuites (1881-1889) avant de faire deux années de théologie à Dublin (1889-1891). Il est ordonné prêtre à Louvain en 1891, juste avant de partir pour le Bengale, et d’être missionnaire aux Indes. C’est depuis Calcutta qu’il fait publier à Liège les aventures en wallon évoquées ci-dessus ! En fait, il s’agit d’une réédition, l’adaptation de Max und Moritz ayant déjà paru en 1889 chez Godenne à Liège, mais sans le nom de l’auteur. En 1896, il signe J-W. Levaux.
Des problèmes de santé l’obligent à rentrer en Europe ; il meurt sur le chemin du retour laissant une œuvre étonnante : parlant et écrivant plusieurs langues (européennes et indiennes) il s’intéressa à des sujets multiples, signant notamment un essai sur Le Rire (Namur, 1889).

BAL Willy, Max und Moritz de Wilhelm Busch en langues romanes et spécialement en wallon, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1996, cfr www.arllfb.be
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. III, p. 355

Paul Delforge, octobre 2011