Ernest Mavoz

Huy 05/04/1862, Liège 18/10/1938

Après ses humanités à Huy, Ernest Malvoz se distingue rapidement durant ses études en médecine à l’Université de Liège. Élève-assistant, il apporte à la science, dès 1886, des conclusions de première importance. Lauréat du concours des bourses de voyage, il fréquente les plus grands laboratoires de son temps et, à son retour à Liège, devient l’assistant du professeur Charles Firket qui venait de créer le premier cours de bactériologie pathologique en Belgique. Poursuivant ses recherches sur la qualité des eaux et les maladies infectieuses (choléra, typhoïde, etc.), il enseigne à partir de 1896 « la bactériologie appliquée ». Par ses découvertes et ses conseils avisés, il fait naître des institutions liégeoises de prévention et de soins : le premier laboratoire d’analyse devient l’Institut provincial d’hygiène et de bactériologie où il mène une lutte sans merci contre des maladies fréquentes chez les travailleurs, comme la tuberculose ou l'ankylostomiase. En 1903, après une intense action d’information sur le terrain, Er. Malvoz voyait s’ouvrir, grâce au soutien provincial, le sanatorium de Borgoumont réservé aux travailleurs. Il y eut encore « le dispensaire antituberculeux », véritable réseau social de dépistage qui servit de modèle en Europe et auquel Robert Koch rendit hommage en recevant son prix Nobel, à Stockholm, en 1905.
Vint ensuite le succès rencontré dans la lutte contre l’infestation vermineuse qui touchait plusieurs milliers de mineurs du bassin liégeois. Avec le « dispensaire du mineur », avec du dépistage et des traitements systématiques, le Laboratoire scientifique et les services prophylactiques gagnaient leur pari en éradiquant le problème peu avant que n’éclate la Grande Guerre.
Les quatre années d’occupation générèrent de nouveaux problèmes de santé publique auxquels Malvoz tenta de répondre. Entouré de nombreux élèves, le professeur poursuivra ses charges d’enseignement et ses recherches jusque dans les années 1930. Professeur ordinaire depuis 1919, admis à l’éméritat en 1932, il était en charge de la bactériologie et de l’hygiène à l'Université de Liège ; il laissa son nom à l'Institut provincial de bactériologie qu’il avait fondé et dirigé, comme de nombreuses autres œuvres qu’avait permis de créer l’autonomie dont disposaient les autorités provinciales liégeoises de l’époque. En 1924, avait été créé un centre de préparation et de distribution du vaccin B.C.G. En dehors de la médecine, Er. Malvoz ne faisait pas de politique, mais seulement du social ; il achevait une pièce de théâtre wallonne en trois actes (Mamzelle Thérèse) quand la mort l’enleva à l’affection des siens et de tout un bassin industriel conscient du bien-être qu’il avait apporté. En 2010, douze rues wallonnes portaient encore son nom. Parmi les rares timbres de la poste belge illustrant des personnalités wallonnes, l’un a été consacré à Ernest Malvoz en 1953, pour soutenir la lutte contre la tuberculose.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée
P-J. VAN BENEDEN, Liber Memorialis, p. 507-511

Paul Delforge, septembre 2012