Daniel Marchant

Andenne 23/09/1950

Député wallon : 1995-1999

Licencié en Histoire de l’Université catholique de Louvain, encore installée à Leuven (1972), président des étudiants en histoire de ladite université, Daniel Marchant est marqué par un professeur, Léopold Genicot, qui lui ouvre l’esprit à la critique historique, à la culture et à la connaissance de la Wallonie. Au moment où il entrera comme député élu direct au Parlement wallon, en juin 1995, il rendra publiquement hommage à son « maître » : hasard de l’existence, le professeur Genicot venait d’abandonner définitivement tous ses élèves, sans avoir assisté à l’inauguration d’un Parlement wallon qu’il appelait de ses vœux depuis longtemps déjà.
Professeur d’histoire, de français et de sciences sociales au Collège d’Erpent (1973-1995), séduit par l’écologie politique, D. Marchant fait partie des pionniers du mouvement des Verts en région namuroise : il en devient membre dès l’automne 1981. Conseiller provincial de Namur (1985-1995), il mène une active et pugnace opposition à un niveau de pouvoir qu’Écolo souhaite supprimer. Vice-président du Conseil provincial et membre de son bureau de 1991 à 1995, chef du groupe Écolo dans cette assemblée durant la même période, il est tête de liste Écolo aux toutes premières élections régionales du 21 mai 1995 dans la circonscription de Namur. Son élection lui permet de figurer parmi les 75 premiers députés élus directement au Parlement wallon.
La revendication d’une politique réellement régionale et non sous-régionale sera un leitmotiv du député wallon Écolo qui invite le PS et le PSC à se débarrasser de leurs bastions : « après 15 ans d’existence, la Wallonie est conservatrice, racrapotée, rétrécie. Le présent est médiocre, l’avenir incertain », constate cruellement Daniel Marchant au nom des Écolos qui invitent à donner un souffle nouveau à la politique régionale. Du côté de la Communauté française, le professeur qui s’est mis en congé politique participe avec détermination aux débats relatifs aux réformes introduites dans l’organisation de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur. Opposé à la généralisation du numerus clausus, il est le premier à dénoncer, auprès du ministre Ancion, l’organisation, dans certaines universités, de concours de sélection.
Malgré une activité et une expérience parlementaire touchant à de nombreux domaines, Daniel Marchant renonce à se représenter au scrutin régional wallon de juin 1999. Le succès remporté par Écolo modifie pourtant ses choix. Partenaire du PS et du PRL, Écolo compose en effet les majorités arc-en-ciel à tous les niveaux de pouvoir, fédéral et fédérés, hormis à Bruxelles. Sollicité par ses collègues, il accepte le poste de chef de Cabinet auprès du ministre wallon des Transports, de la Mobilité et de l’Énergie, José Daras. La participation au pouvoir présente des risques. Les mandataires Écolo sont sollicités et approchés tant par le PS, que par le PRL ou le PSC. En mars 2002, alors que Joëlle Milquet réorganise son parti et prépare sa transformation en cdH, Daniel Marchant est entraîné à prendre la direction de la rue des deux Églises. Déçu de l’orientation prise par Écolo et du peu de résultats obtenus par les Verts au sein de l’arc-en-ciel – c’est ce qu’il explique – Marchant a déjà quitté le Cabinet de José Daras en août 2001 (remplacé par Stéphane Hazée) et tourné le dos à Écolo fin 2001, regrettant « le temps du bénévolat ». Il a repris son métier de professeur d’histoire au collège à Erpent quand il est sollicité par le cdH.
Présent sur la liste cdH dans le Namurois aux législatives de 2003, il devient, en décembre 2006, l’un des membres cdH du CPAS de Namur présidé par… l’Écolo Philippe Defeyt.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 407-408

conseiller provincial de Namur (1985-1995)
député wallon (1995-1999)

Paul Delforge, décembre 2014