Emile Masson

Hollogne-aux-Pierres 1/09/1915, Liège 02/01/2011

Même nom, même prénom, même passion, Émile Masson a fait du cyclisme sa profession. Comme son illustre paternel, la guerre mondiale vint bouleverser les rêves sportifs que le coureur wallon nourrissait depuis 1935, année où il était passé professionnel ; comme son père, Émile Masson junior parviendra néanmoins à revenir à un haut niveau après cinq années particulièrement pénibles : fait prisonnier le 11 mai 1940, suite à la prise du fort d’Eben-Emael, envoyé au stalag XIB de Fallingsbostel, où il est placé au secret pendant 3 mois, celui qui avait remporté la Flèche wallonne 1938, une étape du Tour de France 1938, une étape de Paris-Nice et Paris-Roubaix 1939, entame un nouveau combat contre le temps et des ennemis déloyaux cette fois.

Contraint à travailler dans un kommando près de Hanovre d’abord, se faisant passer comme sous-officier ensuite, le prisonnier wallon est choisi comme interprète dans le stalag où il est renvoyé en 1941, à cause d’une blessure. Son implication dans plusieurs évasions lui vaut un traitement disciplinaire sévère près d’Altengrabow. Là, il devient l’homme de confiance des prisonniers, notamment polonais, après l’insurrection de Varsovie. Son intercession permanente afin de pacifier les relations entre prisonniers, entre prisonniers et responsables du camp, vaudra à Émile Masson la reconnaissance durable de ses compagnons d’infortune. En 1984, le cercle belge des anciens de l’Armée secrète polonaise remettra la Croix de l’armée secrète à ce prisonnier wallon qui ne fut libéré par les Soviétiques que le 5 mai 1945.

Comme son père, c’est à l’âge de 30 ans qu’Émile Masson se remet en selle pour tenter de rattraper le temps perdu. La comparaison se poursuit quand le fils remporte lui aussi Bordeaux-Paris, en 1946, et décroche plusieurs belles places dans des courses d’un jour. Le parallélisme s’arrête là. Pas de Tour de France pour le fils qui, par contre, remporte à deux reprises les lauriers du championnat de Belgique sur route, en 1946 et en 1947.

Resté actif dans le monde du vélo, Émile Masson Jr a raconté les aventures de ses successeurs en tant que correspondant sportif pour les journaux La Wallonie et Les Sports. Président du « Pesant Club Liégeois », il a aussi fait partie des organisateurs de l’épreuve wallonne par excellence, la doyenne Liège-Bastogne-Liège, course dont il termina à la 7e place, son meilleur classement, en 1949.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Théo MATHY, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005

Paul Delforge, décembre 2013