Joseph Michel

Saint-Mard 25/10/1925, Arlon 04/06/2016

Député wallon : 1980-1981 ; 1981-1985 ; 1985-1987 ; 1988-1991
Ministre wallon : 1977-1978

Licencié en Sciences économiques puis en Notariat de l’Université catholique de Louvain, docteur en Droit (1951), Joseph Michel est membre de la Lux durant ses études, ainsi que membre des jeunes sociaux-chrétiens de l’Université. Président des jeunes PSC de l’arrondissement de Virton (1949-1955), il milite activement en faveur du retour de Léopold III en 1950. Avocat auprès de la Cour d’appel de Liège (novembre 1950), il travaille auprès du bâtonnier Jules Boever, tout en étant tenté par la politique. Président du PSC local (1952), J. Michel est élu conseiller communal de Virton en octobre 1958. Un an plus tard, il remplace l’échevin des Finances (janvier 1959-janvier 1970), aux côtés du bourgmestre Jadoul. Le décès subit du maire en décembre 1969 propulse Joseph Michel à la tête de l’entité de Virton (23 janvier 1970), qui s’apprête à fêter dignement son 700e anniversaire. En octobre, J. Michel est confirmé à l’hôtel de ville pour deux législatures (janvier 1971-décembre 1982). En octobre 1982, sa majorité est renversée et il ne la récupèrera pas en 1988. Entre-temps, candidat comme premier suppléant à la Chambre des représentants en mars 1961, il sait que Désiré Lamalle est sur le point d’être désigné comme gouverneur. Dès juillet, les portes de la Chambre s’ouvrent devant le nouveau député qui représente « le Luxembourg à Bruxelles » et va être appelé à des fonctions ministérielles durant les années septante.

Représentant de l’arrondissement de Neufchâteau-Virton, il est député pendant trente ans, de 1961 à 1991. Durant cette période, il contribue à la transformation institutionnelle de la Belgique. En 1970, il vote la loi de décentralisation économique (dite loi Terwagne, juillet), ainsi que la révision de la Constitution (décembre). Ayant approuvé la loi de régionalisation provisoire (1974), il est alors le ministre de l’Intérieur qui parvient à réaliser la fusion des communes (1975). En août 1980 et 1988, ainsi qu’en avril 1983 et janvier 1989, il vote les lois spéciales créant les institutions fédérées wallonne et flamande, germanophone et bruxelloise. Tant en 1970 qu’en 1980, il est le chef de groupe PSC à la Chambre, et il lui appartient de veiller à la discipline du parti. Pourtant, envers et contre un processus qui est majoritairement souhaité en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, il tient à rappeler, tout au long de son parcours politique, son attachement aux structures unitaires anciennes et tente de freiner leur mutation inexorable.

Ministre de l’Intérieur (11 juin 1974-3 juin 1977), ministre de l’Éducation nationale (f) (3 juin 1977-20 octobre 1978), il siège alors au sein du Comité ministériel des Affaires wallonnes (1977-1978). Président du groupe PSC à la Chambre (mars 1979-octobre 1980), il commence à siéger au Conseil régional wallon en octobre 1980. Au même moment, J. Michel est désigné à la présidence de la Chambre, où il succède à Jean Defraigne (24 octobre 1980-décembre 1981). Vice-président de la Chambre (1981-1985, 1985-1986), président de la Commission des Finances (1985-1987), Joseph Michel est appelé à la rescousse par son parti pour tenter de résoudre la question fouronnaise, quand Ch-F. Nothomb est contraint à la démission (1986). Ministre de la Fonction publique et de la Décentralisation mais surtout de l’Intérieur (18 octobre 1986-9 mai 1988), « l’homme des fusions de communes » suggère une formule qui lui paraît équilibrée, mais qui est rejetée par les partis flamands. Le gouvernement Martens-Gol n’y résiste pas. 

Président du Musée Gaumais, Joseph Michel en étend les activités et l’audience, par une nouvelle muséographie et l’organisation régulière d’expositions de qualité. Il reprend son métier d’avocat et se consacre également à l’écriture, relatant ses souvenirs et se consacrant à l’histoire de Virton, de la Gaume et du Luxembourg, comme il l’avait fait déjà en 1954 lorsque fut publié son travail de fin d’étude consacré à l’Histoire économique du Luxembourg au XIXe siècle. En 1993-1994, il est co-président du Comité national chargé de l’organisation de la visite pastorale du pape en Belgique pour la béatification du Père Damien (mai 1994).

En septembre 2013, il est élevé au rang d’Officier du Mérite wallon.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse -2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 432-434

conseiller communal de Virton (1959-1994)
échevin (1959-1970)
député (1961-1991)
bourgmestre (1970-1982)
ministre (1974-1978)
membre du Comité ministériel des Affaires wallonnes (1977-1978)
président de la Chambre (1980-1981)
membre du Conseil régional wallon (1980-1991)
ministre (1986-1987)

Paul Delforge, décembre 2014