Léon Mignon

Liège 09/04/1847, Schaerbeek 30/09/1898

L’art de Léon Mignon est reconnaissable entre tous. Sculpteur animalier, il avait trouvé l’inspiration en Italie où il séjourna de 1872 à 1876 grâce à une bourse de la Fondation Darchis. Élève studieux de l’Académie des Beaux-Arts de Liège, il s’était fait remarquer dans l’exécution de bustes particulièrement réussis, mais s’il n’abandonne pas totalement la représentation du visage de ses semblables, aussi célèbres soient-ils (Charlemagne, Saint-Hubert, Velbruck, Frère-Orban, Piercot, etc.), il porte surtout son attention et son talent à la réalisation de chevaux, dromadaires, bisons et surtout les taureaux qui lui valent une célébrité peut-être inconsciente, mais une célébrité quand même : combien d’étudiants wallons n’ont-ils pas en effet rendu hommage, chacun à sa manière, au Dompteur de Taureaux acheté par la ville de Liège pour garnir les terrasses d’Avroy ?

Médaille d’or au salon de Paris en 1880, Li Toré est en effet l’œuvre la plus connue de Léon Mignon qui signe aussi son vis-à-vis, sur les Terrasses, Le Bœuf de labour au repos, autre monumentale statue en bronze. Étrangement, c’est lors de son voyage à Rome qu’était née cette inspiration qui avait conduit Mignon à réaliser en terre cuite un Combat de taureaux romains et le Taureau de la campagne romaine (œuvres qui ont été conservées durant des années au Musée de l’Art wallon avant que celui-ci ne soit définitivement fermé). Ses œuvres valent à Mignon d’être considéré comme le maître de la sculpture animalière de son temps.

Installé à Paris de 1876 à 1884, Léon Mignon rentre contraint et forcé à Bruxelles pour exécuter des commandes officielles du gouvernement : c’est l’époque de ses bustes, mais aussi de la statue équestre de Léopold II particulièrement remarquable, d’une série de bas-reliefs pour le Musée d’Art moderne de Bruxelles et le Musée des Beaux-Arts d’Anvers, ainsi que d’une Lady Godiva, sa dernière œuvre. En guise d’hommage à son maître disparu dans des conditions de misère, Oscar Berchmans signe un bas-relief représentant le sculpteur en médaillon : placé en 1906 sur la façade de la toute nouvelle École d’armurerie dans le quartier de Sainte-Marguerite (ouverte en 1897), il va donner son nom à la rue et à l’établissement scolaire, l’École d’Armurerie Léon Mignon.

Jacques STIENNON, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995
Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 392
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. II, p. 568-570
Willy LEMOINE, dans Biographie nationale, t. XXXIII, col. 491-493
Michel Péters sur http://fr.slideshare.net/guest78f5a/petit-historique-de-la-sainttor-des-tudiants-ligeois (s.v. août 2013)
Musée en plein air du Sart Tilman, Art&Fact asbl, Parcours d’art public. Ville de Liège, Liège, échevinat de l’Environnement et Musée en plein air du Sart Tilman, 1996

 

Paul Delforge, décembre 2013