Laurent Minguet

Liège 20/07/1959

Diplômé en latin-mathématiques de l’Athénée de Liège 1, ingénieur civil physicien de l’Université de Liège (1982), Laurent Minguet part à Casablanca, comme professeur de mathématiques, préférant deux ans dans la coopération qu’un an de service militaire, avant de rejoindre le département « gisement » de Petrofina (1984). Malgré une formation à l’Institut français du Pétrole (IFP), il quitte le secteur pétrolier pour devenir responsable de développement dans une PME liégeoise, spécialisée dans l’électronique du secteur du broadcast (1985). Avec une aide de la Politique scientifique, la société de sofware cherche à mettre au point un programme informatique permettant de travailler les images vidéo fixes. Mais elle fait faillite et L. Minguet crée EVS System en 1988. Dès 1987, était né le « Videopaint » qui avait séduit rapidement des studios de post-production et des chaînes de télévision européennes. En 1989, la palette graphique d’EVS permet de retoucher les images mobiles (« Videopaint »), avant qu’EVS ne conçoive le « RAM Recorder » (pour le stockage), puis surtout le « Slow Motion ». Afin de convaincre la clientèle, des recherches sont menées pour diminuer les coûts, mais les investisseurs (Déficom et Meusinvest) refusent de recapitaliser EVS System qui ne résiste pas aux lois du marché. Programmeur, Laurent Minguet est persuadé que la technologie liégeoise est promise à un bel avenir. Avec quatre autres ingénieurs, dont Pierre L’Hoest et Michel Counson, il relève le défi de New EVS (1994). Rapidement, le « Live Slow Motion » et ses développements deviennent les références de la société, dans la mesure où la technologie permet de diffuser un ralenti dès le début de l’action réelle filmée. Son application dans la retransmission en direct des compétitions sportives positionne EVS à la pointe de son secteur.
Pour Pierre L’Hoest et Laurent Minguet, propriétaire de 2% du capital de la société en 1994 et de près des deux tiers en 1998, le défi est gagné. Cotée en Bourse de Bruxelles à partir de 1998, EVS ne cesse de progresser et devient leader mondial dans le domaine des enregistrements numériques des événements sportifs. L’Oscar export 1997 de l’Office belge du Commerce extérieur souligne notamment la présence de bureaux EVS aux États-Unis, au Japon et à Hong-Kong. Les Jeux olympiques, les Coupes du monde de football sont les premières références qui s’inscrivent sur la carte de visite d’EVS.
En 2002, l’administrateur délégué L. Minguet tourne le dos au « sport » pour porter ses efforts sur le cinéma numérique haute définition et faire émerger, deux ans plus tard, la filiale XDC. Avec ses propres filiales, XDC devient le groupe Dcinex spécialisé dans la numérisation des salles de cinéma en Europe et dans la fourniture de copies et de services aux distributeurs de films numériques (2010). L’évolution spectaculaire d’EVS vaut à ses deux pères fondateurs le titre de Manager de l’Année 2004.
Si Laurent Minguet ne renouvelle pas son mandat d’administrateur d’EVS en 2010, c’est parce qu’il a déjà entrepris de relever d’autres défis. Président du Pôle Image de Liège (2010), l’entrepreneur et surtout investisseur s’est désormais lancé dans des projets de développement durable touchant aux énergies renouvelables (photovoltaïque, biomasse, etc.) via ATS, Green-Invest, CORETEC Engineering ou BES, ainsi qu’aux bâtiments « thermo-efficaces » avec les projets immobiliers d’Horizon Pléiades. De 1991 à 2003, il s’investit en politique au sein du mouvement Écolo, où il est, un temps, secrétaire politique de la section de Sprimont. En 2011, il reçoit la présidence du Cluster Tweet créé dans le cadre du Plan Marshall 2.Vert.
S’il se fait mécène à l’égard de projets culturels, L. Minguet investit encore dans l’Horeca (restaurant, glaciers, chocolatier…), dans l’élevage de bisons, voire la cartographie numérique (Comgis) ou des tondeuses robots (Belrobotics). À la tête de l’Invest Minguet Gestion (IMG) et au sein d’E-Capital, Laurent Minguet a encore rejoint Pierre Drion et Eric Mestdagh dans leurs démarches entrepreneuriales wallonnes. Avec le groupe des chevaliers blancs wallons, les trois patrons wallons soutiennent et favorisent des projets ancrés en Wallonie qui leur paraissent prometteurs. En mai 2007, aux côtés de José Fontaine et Jean-Marie Klinkenberg, Laurent Minguet apporte sa signature au mouvement wallon qui avait répondu favorablement au manifeste bruxellois « Nous existons ». De 2006 à 2011, il a présidé le Cercle de Wallonie, avant d’en devenir le vice-président ; il est aussi membre d’Agoria. Par ailleurs, L. Minguet a aussi investi au Sénégal dans divers projets locaux.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Paul Delforge, septembre 2012